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Paroles de la chanson De justesse par Joyce Jonathan

Album : De Justesse

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Paroles de la chanson De justesse par Joyce Jonathan

Le matin, je me lève de justesse
Je dépose ma fille de justesse
J'attrape un café de justesse, ah-ah-ah-ah
Mon travail, je le finis de justesse
J'ai mes examens de justesse
J'attrape les trains de justesse, ah-ah-ah-ah

C'est tout moi
C'est tout moi
C'est tout moi
C'est tout moi
De justesse
J'ai été faite comme ça
Quand je n'ai plus le choix
Sur le fil, je suis moi
De justesse
C'est tout moi

Sous l'ivresse, j'ai fait des excès de promesses
J'ai joué avec ma jeunesse
Appris d'mes erreurs de justesse, mmh-mmh-mmh
Mon amour, je te le donne de justesse
Car je vois bien que le temps presse
Le présent voyage en express

C'est tout moi
C'est tout moi
C'est tout moi
C'est tout moi
De justesse
J'ai été faite comme ça
Quand je n'ai plus le choix
Sur le fil, je suis moi
De justesse
C'est tout moi

Pourquoi j'ai passé ma vie de justesse ?
J'en ai fait une écorce, une faiblesse
Au bout de mes vices, il reste quoi ?
J'ai passé toutes les vitesses sans aucune limite de justesse
Au bout de ma vie, il reste quoi ?

C'est tout moi
C'est tout moi
C'est tout moi
C'est tout moi
De justesse
J'ai été faite comme ça
Quand je n'ai plus le choix
Sur le fil, je suis moi
De justesse
C'est tout moi

Que racontent les paroles de la chanson De justesse de Joyce Jonathan ?

Juste à temps, toujours

Il y a quelque chose de presque vertigineux dans la façon dont cette chanson commence. Pas d'introduction progressive, pas de mise en scène : Joyce Jonathan plonge directement dans le train-train d'une journée qui déraille légèrement, tout le temps, sans jamais vraiment s'effondrer. Le matin, le café, la fille à déposer, le travail à boucler — chaque geste rattrapé in extremis. On reconnaît quelque chose là-dedans, même si on n'ose pas toujours se l'avouer.

Vivre sur le fil

Ce qui est beau dans "De justesse", c'est le chemin que fait la chanson entre le prosaïque et l'intime. Les premières images sont concrètes, presque banales — les trains manqués de peu, les examens passés de justesse — et puis quelque chose bascule. Le deuxième couplet ouvre une brèche vers quelque chose de plus trouble : les promesses faites sous l'ivresse, la jeunesse jouée sans trop y réfléchir, les erreurs dont on n'a tiré les leçons qu'au dernier moment. La chanson glisse doucement du portrait du quotidien vers une forme de confession, sans jamais appuyer trop fort, sans se complaire dans la mélancolie.

Et puis vient ce pont qui change tout. "Pourquoi j'ai passé ma vie de justesse ?" — la question tombe comme un caillou dans l'eau calme. C'est la première fois que la narratrice prend du recul sur elle-même, et la réponse qu'elle esquisse n'est pas rassurante : "j'en ai fait une écorce, une faiblesse". Le mode de vie qui semblait juste un trait de caractère attachant révèle soudain ses aspérités, ses zones d'ombre. "Au bout de mes vices, il reste quoi ?" — on est loin, désormais, de la comédie douce du réveil raté.

Une revendication fragile

Ce qui sauve la chanson du désespoir, c'est ce refrain entêtant qui revient toujours : "c'est tout moi", répété comme une incantation, comme si le dire suffisait à en faire une force. Joyce Jonathan ne se corrige pas, ne promet pas de changer. Elle dit juste : voilà ce que je suis, voilà comment je tiens. Sur le fil, oui — mais debout.

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