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Paroles de la chanson La nostalgie par

C'est vrai
C'est pas fashion, c'est pas branché
Ce fauteuil noir, cette vieille télé
L'armoire
Est pleine de robes démodées
C'est vrai
Tu parles de ta vie au passé
Aux p'tits commerçants du quartier
Depuis
Que les amis s'en sont allés
Vrai, que tu regardes trop
Dans le rétro

La nostalgie, Maman
C'est qu'à présent, tu ne sais pas
Quel camp choisir, quelle guerre encore
Quel combat
C'est quand je sens que tes demains
Ne peuvent plus serrer les poings
Je laisse Aznavour te parler
D'un temps où l'amour était né

La nostalgie, Maman
C'est pour ne plus voir les ravages
Que font les nouvelles de ce monde
Sur ton âge
Quand la mémoire s'envole au vent
Que reviennent les haines d'antan
Il reste Brel et Barbara
La musique, elle, ne quitte pas

Dis-moi
Si c'est d'hier l'obsolescence
Que viennent tes colères, tes absences
Du temps
Où être femme, c'était pas d'chance
Mais la chance
Pour qu'elle arrive
Faut lui sourire
Maman, vivre
Avant de mourir
Rester fidèle
À ce cœur qui cogne
Et se faire belle
Même quand on danse
Avec personne

La nostalgie, Maman
C'est quand je croise par hasard
Autant de brouillard et de pluie
Dans ton regard
Quand les sourires d'autrefois
Peinent à venir, volent en éclats
Il reste Schumann et Mozart
Les touches blanches d'un piano noir

La nostalgie, Maman
C'est quand la peur mène la danse
Le temps qui passe n'est pas que l'ombre
Qui avance
Pour que mes soixante printemps
Puissent braver tes mauvais temps
Je laisse le swing de Sinatra
Me dire "That's life, ne t'en fais pas"
C'est pas fashion, c'est pas branché
C'est vrai
C'est tout ce que j'ai trouvé

La nostalgie, Maman
C'est pour te retrouver
Ça va me passer

Que racontent les paroles de la chanson La nostalgie de Zazie ?

Ce que l'on garde quand les amis s'en vont

Il y a dans cette chanson quelque chose qui ressemble à la lumière d'un après-midi d'hiver dans un appartement trop silencieux. Zazie entre dans la vie de sa mère sur la pointe des pieds, regarde autour d'elle — le vieux fauteuil, la télé, les robes qu'on ne met plus — et comprend, sans que personne n'ait rien dit, que quelque chose s'est fissuré.

La mère dont il est question ici n'est pas effondrée, elle est simplement ailleurs. Elle parle au passé avec les commerçants du coin, ceux qui restent quand les amis ont disparu. Elle regarde les informations et ne comprend plus dans quel monde elle vit, « quel camp choisir, quelle guerre encore ». La fille observe tout ça avec une tendresse qui fait un peu mal, cette tendresse-là qu'on ressent quand on voit quelqu'un qu'on aime perdre prise sur le présent.

Aznavour, Brel et les autres

Alors que faire ? Zazie trouve une réponse inattendue et pourtant évidente : la musique. Pas comme thérapie, pas comme distraction — comme langue commune. Elle « laisse Aznavour parler », elle laisse Brel et Barbara habiter la pièce. Ces noms qu'elle égrène tout au long de la chanson — jusqu'à Schumann, Mozart, Sinatra — sont autant de mains tendues entre deux époques, entre une mère qui regarde en arrière et une fille qui essaie de tenir le présent à bout de bras.

Il y a un moment suspendu, presque fragile, où Zazie s'adresse à sa mère avec une douceur ferme : « vivre avant de mourir », « se faire belle même quand on danse avec personne ». C'est l'amour filial dans ce qu'il a de plus honnête — pas de fausse consolation, juste l'envie que l'autre continue à exister pleinement.

Quand la nostalgie devient lien

Ce qui rend cette chanson si juste, c'est que Zazie ne condamne rien. La nostalgie, elle la comprend, elle la partage même un peu — son propre « swing de Sinatra » qui lui murmure de ne pas s'en faire. La dernière ligne, toute petite, presque chuchotée — « c'est pour te retrouver, ça va me passer » — dit l'essentiel : regarder en arrière ensemble, parfois, c'est aussi une façon d'avancer côte à côte.

Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

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