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Paroles de la chanson Robot Killed The Working Man (traduction) par Zach Bryan

Paroles de la chanson Robot Killed The Working Man (traduction) par

Tu ne sais pas ce que c'est que les temps durs, mon vieux
Les temps durs, c'est quand les ouvriers du textile dans ce pays se retrouvent sans travail
Ils ont quatre ou cinq gosses et ne peuvent pas payer leurs factures, ne peuvent pas acheter à manger
Les temps durs, c'est quand les ouvriers de l'automobile se retrouvent sans travail et qu'on leur dit de rentrer chez eux
Et les temps durs, c'est quand un homme a bossé trente ans à un poste, trente ans
On lui donne une montre, on lui botte le cul
Et on lui dit : « Hé, un ordinateur a pris ta place, mon vieux »

Cet endroit ne sent plus la cigarette et le whisky
Les pieds ne font plus craquer le chêne dur d'un plancher harmonieux
Et le vieux jardin de Grand-mère n'est plus ce qu'il était
Il y a des rats sur les tomates et des trous dans les feuilles
Tombées dans la cour où Grand-père garait sa voiture
Avant de nous emmener au ciné drive-in et de nous briser le cœur
Ces pièces ont arrêté de tomber, ce moteur a arrêté de tourner
Et ce camion est resté là à rouiller avec six gosses dans la cuisine
Même s'il était bien formé, bien instruit, et qu'il bossait dur

Le robot a tué l'homme du peuple
A arraché le clou et le marteau de ses mains
A cloué le cercueil, vendu la terre
A remplacé le bon livre par des machines entre leurs mains
Tôt ou tard, plutôt tôt que tard
Ces tomates du jardin mûrissent puis pourrissent
Sans rime ni raison, sans main tendue
Le jour où le robot a tué l'homme du peuple

Et cet endroit ne ressemble plus à ce qu'il était quand j'étais gamin
Tu ne vois pas ce qu'un grand bond en avant pour l'humanité a fait ?
Et toutes ces callosités pour des palais bâtis dans les cieux, mon gars
Ne signifient rien pour la machine le jour où l'homme du peuple meurt, mon gars

Le robot a tué l'homme du peuple
A arraché le clou et le marteau de ses mains
A cloué le cercueil, vendu la terre
A remplacé le bon livre par des machines entre leurs mains
Tôt ou tard, plutôt tôt que tard
Ces tomates du jardin mûrissent puis pourrissent
Sans rime ni raison, sans protestation pour tenir bon
Le jour où le robot a tué l'homme du peuple

Et brique par brique, les gars Mullen ont bâti cette ville
Et brique par brique, ces salauds continuent de me démolir
Il n'y a personne à blâmer chaque fois qu'un homme du peuple tombe
Juste plus de pubs pour les jeux d'argent et plus de pubs pour encore plus de tout ça

Le robot a tué l'homme du peuple
A arraché le clou et le marteau de ses mains
A cloué le cercueil, vendu la terre
A remplacé le bon livre par des machines entre leurs mains
Tôt ou tard, plutôt tôt que tard
Ces tomates du jardin mûrissent puis pourrissent
Sans rime ni raison, sans main tendue
Le jour où le robot a tué l'homme du peuple

Que racontent les paroles de la chanson Robot Killed The Working Man (traduction) de Zach Bryan ?

Quand le silence remplace le marteau

Il y a quelque chose de presque déstabilisant dans la façon dont cette chanson commence. Pas d'accord de guitare, pas d'intro instrumentale — juste une voix qui parle, grave et directe, qui énumère des vies abîmées. Des ouvriers sans travail, des familles qui ne peuvent plus payer leur loyer, un homme qu'on remercie après trente ans de service avec une montre bon marché et une phrase qui résume tout : "a computer took your place, daddy." On est saisi avant même que la musique ne démarre vraiment.

Zach Bryan fait ça souvent — il te prend par surprise, il te met face à quelque chose d'inconfortable avant de te laisser souffler. Et ici, l'inconfort est total.

Le jardin de grand-mère et le monde d'avant

Ce qui rend ce morceau si puissant, c'est que Bryan ne reste pas dans l'abstrait. Il descend dans les détails, dans la texture des choses perdues. L'odeur de whisky et de cigarettes qui n'est plus là. Le plancher qui craquait sous les pas. Les tomates du jardin de grand-mère, maintenant trouées, rongées, abandonnées. Et le grand-père qui stationnait son camion dans la cour avant d'emmener toute la famille au drive-in — six enfants dans la cuisine, un moteur qui ne tourne plus, des pièces de monnaie qui ont cessé de tomber. On ne parle plus d'économie, on parle de mémoire. D'une façon d'être au monde qui s'est éteinte doucement, sans que personne ne lève la main pour la défendre.

Une colère sans destinataire

Le refrain revient comme un constat, pas comme un cri. "The robot killed the working man" — la formule est simple, presque trop, et c'est précisément ce qui la rend juste. Bryan ne cherche pas à désigner un coupable en particulier. Vers la fin, il lâche cette phrase qui résume tout : il n'y a personne à qui en vouloir quand un travailleur tombe, juste "more ads for gambling and more ads for more of it all." Le vide laissé par les usines et les champs a été comblé par du bruit inutile. Les Mullen boys ont bâti la ville brique par brique — et brique par brique, quelque chose les démantèle. Sans procès, sans protestation possible. La chanson se termine là-dessus, sans résolution, parce qu'il n'y en a pas.

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