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Paroles de la chanson Chaussures Roses par

J'ai mis mes chaussures roses
Mon teddy comme toujours
J'vais pas changer les choses
Parce que c'est un autre jour
J'suis le mec d'hier
Le grand gars paumé
Un peu trop sûr de lui d'après les gens paumés
Un jour je me suis dit faut qu'on me voit
Alors j'ai pris du poids
La balance dans ma tête a toujours fait la loi
Chez nous on existe quand on consomme
Jamais eu de grandes sommes
Juste assez pour qu'on m'apprenne à devenir un grand homme
Qu'est-ce que ça veut dire « demain » ?
Pourquoi je m'attache trop vite ?
Est-ce que si j'achète ma carrière
Ça veut dire que je la mérite ?
Est-ce que ma mère sera là longtemps
Pour écouter mes histoires
Est-ce qu'un jour je serai heureux
De me voir nu dans un miroir
Faut qu'je m'aime
C'est la base d'une vie saine
Mais qu'est-ce que je dois faire alors
Pour qu'je m'aime
Pour qu'je m'aime

Enchanté, je suis celui d'hier et de la semaine passée
Je m'arrose tous les jours pour me faire pousser
On m'a dit d'être moi de la tête aux pieds
Alors j'aurai toujours mes chaussures roses
je suis celui d'hier et de la semaine passée
Je marche à contresens pour voir ce que ça fait
On m'a dit de pas être le gars d'à côté
Alors enchanté, enchanté

Rendu fou à force
D'être doux à tort
Moi mon pouvoir j'crois qu'c'est de m'en foutre à mort
Mais le coup de l'indifférence
Rend les coups bien plus féroces
Mais j'suis toujours debout
La voilà la différence
J'viens du pays où les gens sourient de trop
Et moi j'aime ça
Le ciel pleure chez nous
On fait quand même la fête après ça
Je suis l'attardé, dans un monde d'attardés
Qui se bouche les oreilles quand on lui dit que ça va barder
Mais il faut que j'apprenne
A dire au revoir à l'exces
Même si je le fais pas exprès
Peut-être que je serai jamais prêt

Enchanté, je suis celui d'hier et de la semaine passée
Je m'arrose tous les jours pour me faire pousser
On m'a dit d'être moi de la tête aux pieds
Alors j'aurai toujours mes chaussures roses
Je suis celui d'hier et de la semaine passée
Je marche à contresens pour voir ce que ça fait
On m'a dit de pas être le gars d'à côté
Alors enchanté, enchanté

A mon reflet de toujours
Toi qui me suis à la trace
Depuis qu'on s'est rencontrés
Depuis que je t'ai vu dans la glace
Mais que j'avais pas appris à connaître
Foutu hasard on est
Perchés sur la même planète

Enchanté, je suis celui d'hier et de la semaine passée
Je m'arrose tous les jours pour me faire pousser
On m'a dit d'être moi de la tête aux pieds
Alors j'aurai toujours mes chaussures roses
Je suis celui d'hier et de la semaine passée
Je marche à contresens pour voir ce que ça fait
On m'a dit de pas être le gars d'à côté
Alors enchanté, enchanté

Que racontent les paroles de la chanson Chaussures Roses de TeddyBear ?

Des chaussures qui ne s'excusent pas

Il y a quelque chose de désarmant dans la façon dont TeddyBear commence. Pas d'intro fracassante, pas de mise en scène — juste un gars qui enfile ses chaussures roses et qui repart comme hier. La chanson s'ouvre sur ce geste banal et chargé à la fois, celui de quelqu'un qui a arrêté de se justifier, ou qui essaie encore de s'y résoudre. Les deux, peut-être.

Ce qui suit ressemble à une conversation avec soi-même menée à voix haute, dans une pièce un peu trop silencieuse. On sent le flot des pensées qui s'enchaînent sans logique apparente — la question de la légitimité ("est-ce que si j'achète ma carrière, ça veut dire que je la mérite ?"), l'inquiétude pour sa mère, la solitude d'un type "un peu trop sûr de lui d'après les gens paumés". Cette accumulation n'est pas du désordre : c'est la texture exacte d'un esprit qui tourne en rond sur lui-même, cherchant une sortie qui ne ressemble pas à une capitulation.

S'arroser pour pousser

Quand le refrain arrive avec son "je m'arrose tous les jours pour me faire pousser", quelque chose se détend légèrement. L'image est belle parce qu'elle est humble — on ne parle pas de conquête, juste d'entretien quotidien, de ne pas laisser sécher ce qu'on est en train de devenir. "Enchanté" répété comme une formule de présentation ironique et sincère à la fois, c'est TeddyBear qui se réintroduit à lui-même, encore et encore, comme si chaque matin demandait un nouvel apprivoisement.

Le passage le plus dévastateur reste celui où il évoque le coup de l'indifférence qui "rend les coups bien plus féroces" — la douceur comme armure qui finit par faire plus mal qu'elle ne protège. Pourtant il est toujours debout, "la voilà la différence". Pas triomphant, juste debout. Et au fond, c'est peut-être tout ce qu'il demandait à ses chaussures roses : tenir compagnie sur la route, sans promettre d'arrivée.

Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

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