Aller au contenu principal

Paroles de la chanson Le petit train par

Le petit train
S'en va dans la campagne
Va et vient
Poursuit son chemin
Serpentin
De bois et de ferraille
Rouille et vert de gris
Sous la pluie

Qu'il est beau
Quand le soleil l'enflamme
Au couchant
à travers champs

Les chapeaux
Des paysannes
Ondulent sous le vent
Elles rient
Parfois jusqu'aux larmes
En rêvant à leurs amants

L'avoine est déjà germée
As-tu rentré le blé?
Cette année les vaches ont fait
Des hectolitres de lait

Petit train
Où t'en vas-tu?
Train de la mort
Mais que fais-tu?
Le referas-tu encore?

Personne ne sait ce qui s'y fait
Personne ne croit
Il faut qu'il voie
Mais moi je suis quand même là

Le petit train
Dans la campagne
Et les enfants?
Les petit train
Dans la montagne
Les grands-parents
Petit train
Conduis-les aux flammes
à travers champs

Le petit train
S'en va dans la campagne
Va et vient
Poursuit son chemin
Serpentin de bois, de ferraille
Marron et gris
Sous la pluie

Reverra-t-on
Une autre fois
Passer des trains
Comme autre fois?
C'est pas moi qui répondra

Personne ne sait
Ce qui s'y fait
Personne ne croit
Il faut qu'il voie
Mais moi je suis quand même là

Petit train
Où t'en vas-tu?
Train de la mort
Mais que fais-tu?
Le referas-tu encore?

Reverra-t-on une autre fois
Passer des trains comme celui-là?
C'est pas moi qui répondra

Que racontent les paroles de la chanson Le petit train de Les Rita Mitsouko ?

La campagne qui cache tout

On croit d'abord entrer dans une carte postale. Un petit train qui serpente, "de bois et de ferraille", la pluie sur les champs, des femmes en chapeau qui rient jusqu'aux larmes en pensant à leurs amants. Les Rita Mitsouko dressent un décor d'une douceur presque naïve, le genre d'image qu'on associerait volontiers à une vieille chanson folklorique, à quelque chose d'inoffensif et d'oublié.

Mais Catherine Ringer chante avec cette voix à elle, capable de tout — la tendresse et la déchirure dans le même souffle — et on sent que quelque chose ne va pas. Que cette campagne est trop calme. Que ce train va quelque part qu'on ne veut pas nommer.

Quand le train change de nom

Le mot arrive alors, brutal, planté au milieu de la chanson comme une écharde : "train de la mort". Tout se reconfigure en un instant. Les enfants, les grands-parents, "conduits aux flammes à travers champs" — le paysage bucolique du début devient soudain le décor réel de la Shoah, ces convois qui traversaient une Europe ordinaire vers l'inimaginable. Fred Chichin et Catherine Ringer ne font pas de démonstration, ne brandissent aucun manifeste. Ils laissent les images se superposer, le beau et l'atroce, et c'est précisément cette superposition qui fait mal.

Ce que personne ne veut voir

La force du texte tient aussi dans sa façon d'habiter l'inconfort sans chercher à s'en échapper. "Personne ne sait ce qui s'y fait / Personne ne croit" — ces mots décrivent une amnésie volontaire, une cécité collective que la chanson refuse de cautionner sans pour autant jouer les donneurs de leçons. La voix dit "moi je suis quand même là", témoin têtu, présence qui refuse l'oubli. Et quand vient la dernière question — reverra-t-on ces trains ? — elle reste sans réponse, flottant dans l'air comme une mise en garde que chacun doit s'approprier seul.

Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

Sélection du moment

Les plus grands succès de Les Rita Mitsouko