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Paroles de la chanson Pas de fatalité par Grand Corps Malade

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Paroles de la chanson Pas de fatalité par

S′indigner est un droit, réagir un devoir
L'extrême droite frappe à la porte du pouvoir
Voilà un texte un peu perplexe écrit à l′ombre de mon dégoût
L'inspiration est malmenée, l'envie d′écrire reste debout

Alors que l′homme a très peu d'années pour se manifester
Pourquoi, en regardant ses voisins, choisirait-il de les détester?
Il n′y a pas de haine originelle dans le cœur des êtres humains
Toute perversion peut s'expliquer même quand elle gagne du terrain

J′ai grandi dans une époque où être raciste était honteux
Tout le venin des xénophobes restait discret et silencieux
Aujourd'hui ils parlent fort et semblent fiers de se révéler
Et le racisme en France est servi sur des plateaux télé

Les propos alcoolisés de comptoir ont le vent en poupe
Et les paroles fascinantes résonnent aux heures de grande écoute
L′extrême droite nous impose ses polémiques rétrogrades
Et comme on les commente, on participe à leur croisade

Tout leur lexique dégueulasse envahit les télévisions
Grand remplacement, sauvagement
S'immiscent dans toutes les discussions
Et les valeurs humanistes dans leurs mensonges et médisances
Sont discréditées et ils appellent ça la bien-pensance

Les discours les plus racistes aujourd'hui ne choquent plus personne
Les grands médias ont explosé la fenêtre d′Overton
Alors que les autres se taisent par principe de neutralité
Mais se taire, c′est cautionner leur haine et leur hostilité

Cette dérive vers l'extrême droite n′est pas une fatalité
Il n'y a rien de naturel dans l′évolution des mentalités
Il est orchestré par une machine diaboliquement organisée
Par quelques milliardaires qui gagnent à tous nous diviser

Face au pire, faut réagir, réunir, élargir
Se renseigner et refuser les informations mensongères
Face au pire, résistons et prenons position

Refusons les discours faciles et polémiques passagères
L'humanité ne s′effrite pas juste à cause de ceux qui la détruisent
Mais aussi ceux qui regardent faire car le silence devient très triste
J'ai peur que le bon sens se réveille quand il sera trop tard
Il y a un devoir de réaction suite au devoir de mémoire

Observons ce qui se passe quand le pouvoir est aux requins
Peut-on encore rigoler du grand débile américain?
Quand on gouverne à base de racisme, de mensonges, de mépris
De destruction de tous les fondements des règles entre pays

Quand on coupe les budgets de la
Recherche et censure les scientifiques
Sabote le ministère de l'Éducation et les accords climatiques
Est-ce que c′est ça les valeurs qu′on
Veut voir s'installer en France?
Si on laisse faire maintenant, faudra entrer en résistance

Rien ne se perd, tout se transforme, même la connerie des hommes
Ce recul nationaliste est encore loin d′être la norme
Alors n'ayons pas honte d′appeler à plus d'humanité
Pour que la France reste un pays d′accueil et de fraternité

Que racontent les paroles de la chanson Pas de fatalité de Grand Corps Malade ?

Quand la plume se fait bouclier

Il y a des textes qui naissent d'une envie, et d'autres qui naissent d'une nécessité. "Pas de fatalité" appartient clairement à la seconde catégorie. Grand Corps Malade l'annonce dès les premières lignes avec une honnêteté désarmante : l'inspiration est "malmenée", mais l'envie d'écrire reste debout. C'est une façon de dire que ce slam n'est pas une œuvre de confort — c'est un texte arraché à l'inconfort du moment, dicté par le dégoût plus que par l'inspiration.

On entre dans le morceau comme on entre dans une conversation avec quelqu'un qui n'en peut plus de se taire. Il y a quelque chose de familier dans la voix de Grand Corps Malade ici, quelque chose qui ressemble à la discussion qu'on a eue, ou qu'on aurait dû avoir, autour d'une table. Pourquoi, dans le peu de temps que l'homme a pour exister, choisirait-il de détester ses voisins ? La question paraît presque naïve. Elle est en réalité vertigineuse.

Le souvenir comme arme

Ce qui frappe dans ce texte, c'est la façon dont la mémoire personnelle devient argument politique. Grand Corps Malade convoque son enfance, une époque où le racisme se terrait, honteux de lui-même. Ce n'est pas de la nostalgie — c'est une preuve. La preuve que rien n'est inévitable, que ce qui se passe aujourd'hui n'est pas une évolution naturelle des sociétés mais le résultat d'une machine "diaboliquement organisée" par ceux qui profitent de la division. La fenêtre d'Overton a été fracassée délibérément, et les débris jonchent les plateaux de télévision.

Résister ou se taire — il n'y a pas de troisième option

Le texte bascule dans sa seconde moitié vers quelque chose de plus urgent, presque de plus sombre. L'ombre de ce "grand débile américain" plane sur les vers — une façon de montrer où mène concrètement l'abandon aux discours de haine, entre coupes budgétaires dans la recherche, sabotage de l'éducation et mépris des accords climatiques. Grand Corps Malade ne veut pas qu'on rigole encore. Il veut qu'on comprenne.

Alors le slam se fait appel. Pas un cri hystérique — une invitation ferme, presque fraternelle. "Rien ne se perd, tout se transforme, même la connerie des hommes." Il y a une étrange douceur dans cette phrase, une confiance obstinée dans la capacité des gens à se réveiller avant qu'il ne soit trop tard. C'est peut-être ça, le fond du message : l'humanité vaut encore la peine qu'on se batte pour elle.

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