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Paroles de la chanson Avant (qu'il ne soit trop tard) par Patxi

featuring : Elodie Frégé

Paroles de la chanson Avant (qu'il ne soit trop tard) par

Avant que la chaleur ne vienne et ne s′installe
Avant que le soleil ne fonde comme le métal
Avant que les heures se confondent
Avis de tempêtes sur le monde
On oublie qu'on oublie

Avant qu′il ne soit trop tard
Avant la fin du dernier soir
Malgré le signal du départ
J'attends qu'on n′ait plus rien à boire
Avant le ciel qui s′illumine
La nuit, je vois le feu sur la colline
Malgré nos efforts répétés
Le temps ne s'arrête jamais

Avant que la Terre ne glisse sous les rails
Avant que les villes ne se vident sans qu′on s'en aille
Avant que le bonheur ne s′achète
Avis de tempêtes dans nos têtes
On oublie qu'on oublie

Avant qu′il ne soit trop tard
Avant la fin du dernier soir
Malgré le signal du départ
J'attends qu'on n′ait plus rien à boire
Avant le ciel qui s′illumine
La nuit, je vois le feu sur la colline
Malgré nos efforts répétés
Le temps ne s'arrête jamais

Ne s′arrête jamais

Que racontent les paroles de la chanson Avant (qu'il ne soit trop tard) de Patxi ?

Le feu sur la colline

Il y a quelque chose d'étrange dans cette chanson dès les premières secondes. Patxi ne crie pas, n'agite pas de banderole. Il parle doucement, presque calmement, d'un monde qui brûle. Et c'est précisément ce contraste qui rend le texte si insidieux : on entre dans la catastrophe comme on entre dans un rêve lucide, conscient du danger mais incapable de se réveiller.

La scène s'ouvre sur une chaleur qui s'installe, un soleil qui fond "comme le métal" — une image industrielle qui dit beaucoup, comme si la nature elle-même subissait le sort des matières qu'on a trop longtemps surchauffées. Et puis viennent les villes qui se vident "sans qu'on s'en aille", les gens présents dans des lieux désertés, fantômes d'eux-mêmes. On pense aux centres-villes asphyxiés, aux exodes silencieux, à cette modernité qui abandonne ses propres décors.

Un compte à rebours sans décompte final

Le refrain revient comme une horloge. "Avant qu'il ne soit trop tard" — mais trop tard pour quoi, exactement ? Patxi ne répond jamais vraiment. Il préfère laisser la question ouverte, suspendue au-dessus du "signal du départ" que personne ne semble entendre. Ce qui est vertigineux, c'est cette image nocturne : "la nuit, je vois le feu sur la colline". Une veille solitaire, un observateur qui regarde l'incendie depuis sa fenêtre sans bouger. Pas par lâcheté, semble-t-il, mais parce que "malgré nos efforts répétés, le temps ne s'arrête jamais".

Quand l'amnésie devient le sujet

Au fond, ce que raconte Patxi, c'est moins la fin du monde que la façon dont on s'y accommode. "On oublie qu'on oublie" — cette petite formule, répétée deux fois, est peut-être la ligne la plus honnête de toute la chanson. Pas d'accusation, pas de leçon. Juste le constat d'une humanité qui a développé, pour survivre à l'angoisse, une remarquable aptitude à effacer ses propres alertes. La chanson se termine sur ces mots : "ne s'arrête jamais". Le temps continue. Et nous aussi, quelque part.

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