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Paroles de la chanson cartable par marguerite

Album : guérir

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Paroles de la chanson cartable par

J'en ai gros sur le cœur-table
Je sais pas si c'est normal
Sur mon dos ça pèse des pierres
J'connais pas bien mes prières
J'en ai gros sur le cartable
Y'a ce banc qui me regarde
Sur le chemin de l'école
J'ai la tête sous les épaules
J'ai des doss' dans mon cartable
J'ai qu'la peau sur la carcasse
Des grands rêves sous les paupières
Ils me disent que j'suis trop p'tite, que j'suis trop fière
Mais j'suis capable
J'passe du bordel au bord-larmes
J'ai trop d'rêves dans ma p'tite tête
J'habiterai pas leur planète

Qu'est-ce que tu f'ras de ta vie
Qu'est-ce que tu f'ras de ta peau ?
Est-ce qu'un jour on se défait
De ce qui pèse sur le dos ?
Qu'est-ce que tu f'ras de la fille ?
Qu'est-ce que tu feras de beau ?
Est-ce qu'un jour on se défait
De ce qui pèse sur le dos ?

Y'a d'la joie dans mon cartable
Y'a des costumes des spectacles
Dimanche soir à la fenêtre
Je prends la Lune en modèle
J'en ai lourd dans le Eastpak
Y'a des salles vannes qui passent mal
Des amitiés buissonnières
Y'a pas qu'des sœurs et des frères

Qu'est-ce que tu f'ras de ta vie
Qu'est-ce que tu f'ras de ta peau ?
Est-ce qu'un jour on se défait
De ce qui pèse sur le dos ?
Qu'est-ce que tu f'ras de la fille ?
Qu'est-ce que tu feras de beau ?
Est-ce qu'un jour on se défait
De ce qui pèse sur le dos ?
(De ce qui pèse sur le dos ?)
(De ce qui pèse sur le dos ?)
(De ce qui pèse sur le dos ?)

Ooh, ooh
Ooh, ooh
Ooh, ooh
Ooh, ooh

Que racontent les paroles de la chanson cartable de marguerite ?

Ce que personne ne voit dans le cartable

Il y a quelque chose d'immédiatement reconnaissable dans les premières secondes de "Cartable". Ce chemin de l'école, ce banc qui regarde passer, la tête rentrée dans les épaules — Marguerite n'a pas besoin de grands effets pour installer une scène. On y est. On s'en souvient, ou on le vit encore.

La chanson raconte l'intérieur d'une petite fille qui porte trop. Pas trop de livres — trop de regards, trop d'attentes, trop de "t'es trop p'tite, t'es trop fière". Ce cartable qu'elle traîne sur le dos est aussi plein de ce qu'on lui refuse : la légitimité de ses rêves, la place qu'elle voudrait prendre. "J'ai qu'la peau sur la carcasse", dit-elle — et dans cette image sèche, presque crue, on entend quelqu'un qui donne tout sans que ça se voie.

La Lune comme seul modèle

Ce qui est beau dans l'écriture de Marguerite, c'est qu'elle ne reste pas dans le lourd. Le deuxième couplet fait basculer le cartable vers autre chose : les costumes, les spectacles, la joie qu'on glisse entre deux cahiers froissés. "Dimanche soir à la fenêtre / Je prends la Lune en modèle" — cette image-là est magnifique. Quand les adultes ne proposent pas de figure à hauteur d'enfant, on lève les yeux. On choisit la Lune. C'est une façon de dire que la petite fille n'a pas renoncé à ses "grands rêves", même si personne autour d'elle ne les prend au sérieux.

Une question qui ne lâche pas

Le refrain revient comme une obsession douce, presque berçante dans sa mélodie mais tranchante dans ses mots. "Qu'est-ce que tu f'ras de la fille ?" — cette question, posée à la deuxième personne, crée un étrange vertige : est-ce un adulte qui parle ? Est-ce elle-même qui anticipe les jugements à venir ? Probablement les deux. Marguerite laisse l'ambiguïté ouverte, et c'est là que la chanson touche juste. "Cartable" n'est pas une chanson sur l'enfance perdue. C'est une chanson sur l'enfance en train de se battre — silencieusement, mais fermement.

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