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Paroles de la chanson Respire fort par Jeanne (Viard)

Figée au milieu de la foule
J'étouffe mais tout l'monde s'en fout
Chacun ses névroses et ses doutes
Chacun respire ou bien s'essouffle
J'ai essayé de prendre l'air
Enlevé les ongles de ma chair
Mes pensées dans une cage en fer
Dans mes poumons y'a comme du verre

Et quand tout redescend
On se sent si stupide
Vide

Mais ça reprend encore
Et je respire fort
Pendant qu'ils s'endorment
Suis-je en tort
De réfléchir trop fort ?
J'angoisse à mort
Et je respire fort
Pendant qu'ils s'endorment
J'perds le nord
Mais que fait mon corps ?
Il s'affole encore
J'angoisse à mort

Figée au milieu de la fête
J'étouffe, j'suis pas encore prête
J'suis perdue dans leurs cigarettes
Je plane au-dessus de leur planète
J'ai essayé de plus penser
Me rendre sourde et puis danser
Laisser l'élan me guider
Mais j'ai peur j'sais pas où je vais

Et quand tout redescend
On se sent si futile
Vide

Mais ça reprend encore
Et je respire fort
Pendant qu'ils s'endorment
Suis-je en tort
De réfléchir trop fort ?
J'angoisse à mort
Et je respire fort
Pendant qu'ils s'endorment
J'perds le nord
Mais que fait mon corps ?
Il brûle encore
J'angoisse à mort

Aaah
Aaah
Aaah (Aaah)
Aaah (Aaah)

Mais ça reprend encore
Et je respire fort
Pendant qu'ils s'endorment
Suis-je en tort
De réfléchir trop fort ?
J'angoisse à mort
Et je respire fort
La nuit vaut de l'or
Vais-je éclore
Ou fléchir encore
Si j'angoisse à mort ?
À tort

Que racontent les paroles de la chanson Respire fort de Jeanne (Viard) ?

Quand la fête devient un piège

Il y a quelque chose d'immédiatement reconnaissable dans les premières secondes de "Respire fort". Pas un souvenir précis, plutôt une sensation — celle d'être au mauvais endroit au mauvais moment, entourée de gens qui rient pendant que quelque chose se resserre à l'intérieur. Jeanne Viard ouvre la chanson sur cette image : "figée au milieu de la foule", comme une statue au milieu d'un courant.

Le corps en guerre contre lui-même

Ce qui rend le texte si saisissant, c'est la manière dont il traduit l'angoisse en sensations concrètes. On ne parle pas ici d'états d'âme vagues — on parle de verre dans les poumons, d'ongles arrachés de la chair, d'un corps qui "s'affole" puis qui "brûle". La chanson décrit une crise de l'intérieur, avec cette précision un peu froide de quelqu'un qui a appris à observer ce qui lui arrive même quand ça fait mal. Et puis vient la descente, ce moment étrange après la vague où "on se sent si stupide, vide" — deux mots qui claquent, sans fioriture.

Le second couplet ne répète pas le premier, il le déplace. La narratrice a essayé de s'adapter : danser, ne plus penser, "se rendre sourde". Stratégies de survie que beaucoup connaissent. Ça ne marche pas vraiment, mais l'effort est là, et c'est déjà quelque chose.

Une question qui ne se referme pas

La force de "Respire fort" tient à ce qu'elle refuse de rassurer trop vite. Le refrain tourne en boucle comme l'angoisse elle-même — "ça reprend encore". Et cette question lancée dans le vide, "vais-je éclore ou fléchir encore", reste ouverte jusqu'au bout. Pas de réponse, pas de moral de l'histoire. Juste la nuit qui "vaut de l'or" et un corps qui cherche encore son souffle. C'est dans cette honnêteté-là que la chanson touche juste.

Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

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