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Paroles de la chanson LIBRE par

Je sais pas toi
Mais moi j'ai peur
Du monde qui tourne autour de nous
J'ai peur de faire des erreurs
Alors j'essaie rien du tout
La vie à mes yeux devient floue
J'suis perdu, j'deviens fou
Mais je sens qu'on nous dépouille
Qu'on nous vole absolument tout

Qui étais-tu ? Et qui es-tu ?
T'en sais rien, tu sais plus
C'est pas grave de pas savoir tout d'suite
Je sais pas vraiment non plus
J'aimerais savoir où on va
Pour qui et encore mieux pourquoi ?
Pour l'amour, tu penses ?
Ce serait beau en tout cas

J'ai l'impression d'être en cage
La sensation d'être un otage
Je me sens carrément invisible
Tant pis pour moi
C'est dommage
Y'a plus d'respect, plus d'morale
On clash nos vies
On les étale
Sur la toile des réseaux sociaux
Sans filtre, on se dévoile

Les mots ne s'expriment plus
Ils n'ont plus d'sens, ils l'ont perdu
On parle souvent sans savoir
On s'invente des histoires
Et tant pis si elles sont fausses
Sur tout un tas de choses
On écrit sans réfléchir
Des mensonges à rallonge

Oh, foutez-moi la paix !
Avec votre vie à payer !
Avec vos idées préfabriquées
Vos talents pour juger
J'veux avoir le rêve comme employeur
Un contrat indéterminé
J'veux rêver jusqu'à ma dernière heure
Fuir toute forme de réalité

Si j'suis complètement fou
Inconscient d'pas penser comme vous
Je m'en fous car au fond, tu vois
On est en vie qu'une fois
J'veux profiter de mon temps
Même si c'est pas ok pour toi
J'voudrais passer du bon temps
Et je l'f'rai avec ou sans toi !

Mais j'ai peur de l'amour
De c'qu'il pourrait faire à mon cœur
J'ai peur qu'il l'abîme
Qu'il le torture
De n'pas trouver mon âme sœur
Grandir, c'est aussi comprendre
Qu'on a pas toujours c'qu'on veut
On sait jamais à l'avance
Si le chemin s'ra douloureux

Est-ce que tu veux des enfants ?
On voudrait d'venir grands-parents
Je voudrais pas casser l'ambiance mais
C'est pas dans mes plans
J'ai encore des choses à vivre
Et d'autres à revivre
J'ai encore des choses à voir
Et d'autres à découvrir

T'as encore fait la fête ?
Désolé, ça s'lit sur ta tête
Il paraît qu't'as été au bar
Et qu't'as pleuré jusqu'à très tard
Tu te sens vide, je comprends mais
Faut en parler
On retrouve pas c'qui s'est enfoui
En allant se saouler !

J'ai peur du grand saut
J'ai peur de tout foirer
J'ai peur de l'échec, face à lui
Je suis paralysé
J'prends mon courage à deux mains
Au pire, quoi ?
J'peux tomber !
Mais c'est pas l'échec le problème
C'est plutôt c'que j'vais en tirer

La vie est dure parfois
Elle est rude des fois
Elle est comme un champ de bataille
Arme-toi ! Bats-toi !
C'est une guerre sans jour d'r'pos
Reste sur tes gardes
Vise vers le haut
Ne te prive plus pour les cons
Aime-toi sans comparaison

Rien n'est jamais plus beau
Qu'un jour où on est fier de soi
On se croit plus fort que le monde
Invincible ! Imbattable !
Car un cœur qui prend confiance
A retrouvé un sens
Plus rien n'est perdu d'avance
Puisque tout a un sens

Libre
J'aim'rais me sentir libre
J'aim'rais me sentir en vie
Sans penser à survivre
Je veux plus que tout au monde
Me sentir vivre
Je veux plus que tout au monde
Me sentir libre

Que racontent les paroles de la chanson LIBRE de Loïc Nottet ?

On est en vie qu'une fois

Il y a dans LIBRE quelque chose qui ressemble à un grand cri retenu. Pas un hurlement de colère, plutôt ce souffle qu'on retient depuis trop longtemps et qu'on finit par laisser partir, tremblant et soulagé à la fois. Loïc Nottet y parle à voix haute de tout ce qu'on garde habituellement pour soi : les doutes, les peurs, l'impression diffuse que quelque chose cloche dans la façon dont le monde tourne.

Quand le monde devient flou

La chanson s'ouvre sur une confidence presque chuchotée — «je sais pas toi, mais moi j'ai peur» — et ce «je sais pas toi» change tout. Il transforme un aveu personnel en invitation. On n'est plus spectateur, on est concerné. Très vite, l'univers du morceau se déploie : un monde où l'on se sent dépouillé de quelque chose d'essentiel, où les réseaux sociaux donnent l'illusion de la transparence tout en vidant les mots de leur sens. Nottet décrit cette vie étale, exposée sur «la toile des réseaux sociaux», avec une précision qui fait mouche. On reconnaît le décor. On y vit dedans.

Se battre sans perdre le rêve

Au fil des couplets, la chanson traverse des territoires très différents : la peur de l'amour qui abîme, le refus des injonctions familiales, la nuit à pleurer dans un bar pour noyer un vide qu'on ne sait pas encore nommer. Chaque tableau est esquissé avec une économie de moyens remarquable, sans pathos inutile. Et puis vient ce tournant, quelque part vers la fin, quand le texte se redresse — «arme-toi, bats-toi !», «aime-toi sans comparaison». Ce n'est pas une leçon de développement personnel, c'est plutôt la voix d'un ami qui a compris que l'échec n'est pas la fin, que «c'est pas l'échec le problème, c'est plutôt c'que j'vais en tirer».

Un conditionnel qui dit tout

Le mot «libre» arrive en dernier, comme une destination qu'on aperçoit enfin. Mais Nottet ne dit pas «je suis libre». Il dit «j'aim'rais». Ce conditionnel suspendu, répété en boucle sur un refrain dépouillé, est peut-être la chose la plus juste de toute la chanson. La liberté n'est pas un état qu'on atteint une bonne fois pour toutes — c'est quelque chose qu'on désire encore et encore, et ce désir-là, finalement, suffit à tenir debout.

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