Aller au contenu principal

Paroles de la chanson Papier d'Arménie par

Oooh, hmm
Oooh, hmm

Comment avancer sans les connaître ?
Quand leurs photos se sont perdues ?
Quand tout est voué à disparaître
Tous leurs kilomètres parcourus

Et moi j'envoie des tas de lettres
Jamais reçues

J‘aimerais retrouver les papiers d‘Arménie
Faits de souvenirs, d'amnésie
Rejoindre les terres de ma famille
Voir où mes racines ont grandi
Et j‘en ferai même un arbre
De ceux qui frôlent le paradis
Mais ne valent rien sans le marbre
Des sols de l‘Arménie

Oooh, hmm
Oooh, hmm

J'ai cherché leur vie, leur exil
Moi qui suis le sang de leur sang
Dix ans d'errance sans domicile
Que l'histoire laisse en passant

Et toutes mes bouteilles à la mer
Sont revenues

J‘aimerais retrouver les papiers d‘Arménie
Faits de souvenirs, d'amnésie
Rejoindre les terres de ma famille
Voir où mes racines ont grandi
Et j‘en ferai même un livre
De ceux qui disent comment être libre
Pardonne toutes les tragédies
Des sols de l‘Arménie

Oooh, hmm
Oooh, hmm

Oooh, hmm
Oooh, hmm

Que racontent les paroles de la chanson Papier d'Arménie de Jeanne (Viard) ?

Des photos perdues et des lettres sans adresse

Il y a quelque chose de terriblement familier dans cette voix qui commence à peine, sur un simple « oooh » suspendu dans le silence. Comme si les mots n'étaient pas encore prêts. Comme si la chanteuse prenait le temps de rassembler ce qui lui reste avant de parler. Et ce qui lui reste, justement, c'est peu : des photos qui se sont perdues quelque part entre deux exils, des kilomètres parcourus par des ancêtres qu'elle n'a pas connus, et des lettres qu'elle continue d'envoyer dans le vide.

Jeanne chante l'Arménie comme on cherche un visage dans un miroir ancien. Elle n'a pas grandi là-bas. Elle n'a peut-être jamais mis les pieds sur ces terres. Mais elle est « le sang de leur sang », et cette phrase suffit à tout expliquer — et à ne rien résoudre. Le génocide arménien de 1915 a produit des générations entières de descendants qui portent une blessure qu'ils n'ont pas vécue directement, une mémoire trouée, faite autant d'absence que de récits. C'est exactement cet espace-là que la chanson habite.

Un arbre dont les racines touchent le paradis

Le refrain arrive comme une résolution fragile. Elle voudrait « retrouver les papiers d'Arménie » — ces documents d'identité, ces archives, ces preuves d'existence que la violence de l'histoire a détruits ou dispersés. Et si elle les retrouvait, elle en ferait un arbre, puis un livre. Un livre « de ceux qui disent comment être libre » et qui « pardonne toutes les tragédies ». Il y a dans cette formulation quelque chose d'immense et de doux à la fois : pas de colère frontale, mais une ambition silencieuse, celle de transformer la fracture en quelque chose de vivant.

Le papier d'Arménie brûle lentement, dégage son parfum, disparaît. La chanson de Jeanne fait la même chose — elle s'élève, doucement, et laisse quelque chose dans l'air longtemps après que la dernière note s'est éteinte.

Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

Sélection du moment

Les plus grands succès de Jeanne (Viard)