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Paroles de la chanson Losing My Religion (Traduction) par

La vie est plus grande
Plus grande que toi
Et tu n'es pas moi
Les longueurs que j'atteindrai
La distance dans tes yeux
Oh non, j'en ai trop dit
Je l'ai provoqué

C'est moi dans le coin
C'est moi sous le feu du projecteur
Perdant ma religion
Essayant d'être à ta hauteur
Et je ne sais pas si je peux y parvenir
Oh non, j'en ai trop dit
Je n'en avais pas dit suffisamment

J'ai cru t'entendre rire
J'ai cru t'entendre chanter
Je pense que j'ai cru te voir essayer

Chaque murmure
Chaque heure éveillé, je
Choisis mes confessions
Essayant de garder un oeil sur toi
Tel un idiot blessé perdu et aveugle
Oh non, j'en ai trop dit
Je l'ai provoqué

Considère cela
Considère cela, l'allusion des siècles
Considère cela l'erreur
Qui m'a amené à m'agenouiller
Qu'en serait-il si tous ces fantasmes
Venaient nous hanter
A présent que j'en ai trop dit

J'ai cru t'entendre rire
J'ai cru t'entendre chanter
Je pense que j'ai cru te voir essayer

Mais ce n'était qu'un rêve
Ce n'était qu'un rêve

C'est moi dans le coin
C'est moi sous le feu du projecteur
Perdant ma religion
Essayant d'être à ta hauteur
Et je ne sais pas si je peux y parvenir
Oh non, j'en ai trop dit

J'ai cru t'entendre rire
J'ai cru t'entendre chanter
Je pense que j'ai cru te voir essayer

Mais ce n'était qu'un rêve
Essaie, pleure, pourquoi, essaie
Ce n'était qu'un rêve
Juste un rêve
Juste un rêve, un rêve

Que racontent les paroles de la chanson Losing My Religion (Traduction) de R.E.M ?

Coincé dans un coin du monde

Il y a quelque chose d'étrangement intime dans les premières secondes de "Losing My Religion" — ce picking de mandoline qui tourne sur lui-même, ce rythme qui ressemble à une pensée qu'on ne parvient pas à arrêter. Michael Stipe ouvre la chanson en murmurant "oh life, it's bigger, it's bigger than you" ("oh la vie, elle est plus grande, plus grande que toi"), et d'emblée on comprend qu'on est dans la tête de quelqu'un. Pas sur scène, pas dans une grande déclaration — dans un coin, justement.

Ce que ressentent ceux qui n'osent pas parler

Le cœur du morceau, c'est ce personnage qui se tient à l'écart et qui regarde. "That's me in the corner, that's me in the spotlight" — les deux images semblent se contredire, mais elles disent la même chose : peu importe où il se trouve, il est exposé à lui-même, incapable de sortir de cet œil intérieur qui l'observe observer l'autre. Il trie ses mots avant même de les prononcer, il choisit ses confessions comme on choisit ses armes, et pourtant rien ne sort vraiment. Trop dit, pas assez dit — la boucle ne se ferme jamais.

On reconnaît dans cette mécanique quelque chose d'universel : cette façon qu'a l'obsession amoureuse de transformer chaque détail anodin en signe, chaque rire entendu de loin en message codé. "I thought that I heard you laughing, I thought that I heard you sing" — le doute est déjà dans la syntaxe, dans ce "I think I thought" qui trébuche sur lui-même.

Quand le rêve se dérobe

La chanson prend une couleur plus sombre dans son dernier tiers, quand les fantasmes que le narrateur s'était autorisés commencent à s'effondrer. "What if all these fantasies come flailing around" ("et si toutes ces fantaisies s'effondraient") — le verbe "flailing" est parfait, il évoque quelque chose qui se débat avant de sombrer. Et puis le coup de grâce, répété jusqu'à l'épuisement : "that was just a dream". Pas une révélation tragique, juste une évidence qui arrive trop tard, martelée comme pour s'en convaincre. R.E.M. réussit ici quelque chose de rare : faire d'une chanson sur le silence et la retenue l'un des morceaux les plus criants des années 90.

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