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Paroles de la chanson Losing My Religion par R.E.M

Auteur :
William Berry, Michael E. Mills, Michael J. Stipe, Peter Lawrence Buck
Compositeur :
William Berry, Michael E. Mills, Michael J. Stipe, Peter Lawrence Buck
Éditeur :
Warner Chappell Music France, Night Garden Music

Paroles de William BERRY, Michael e. MILLS, Michael j. STIPE, Peter lawrence BUCK
Musique de William BERRY, Michael e. MILLS, Michael j. STIPE, Peter lawrence BUCK
© WARNER CHAPPELL MUSIC FRANCE, NIGHT GARDEN MUSIC

Paroles de la chanson Losing My Religion par

Oh life, it's bigger
It's bigger than you
And you are not me
The lengths that I will go to
The distance in your eyes
Oh no, I've said too much
I set it up

That's me in the corner
That's me in the spotlight
Losing my religion
Trying to keep up with you
And I don't know if I can do it
Oh no, I've said too much
I haven't said enough

I thought that I heard you laughing
I thought that I heard you sing
I think I thought I saw you try

Every whisper
Of every waking hour
I'm choosing my confessions
Trying to keep an eye on you
Like a hurt, lost and blinded fool, fool
Oh no, I've said too much
I set it up

Consider this
Consider this, the hint of the century
Consider this, the slip
That brought me to my knees, failed
What if all these fantasies come
Flailing around
Now I've said too much

I thought that I heard you laughing
I thought that I heard you sing
I think I thought I saw you try

But that was just a dream
That was just a dream

That's me in the corner
That's me in the spotlight
Losing my religion
Trying to keep up with you
And I don't know if I can do it
Oh no, I've said too much
I haven't said enough

I thought that I heard you laughing
I thought that I heard you sing
I think I thought I saw you try

But that was just a dream
Try, cry, why try
That was just a dream
Just a dream
Just a dream, dream

Que racontent les paroles de la chanson Losing My Religion de R.E.M ?

Coincé dans un coin du monde

Il y a quelque chose d'étrangement intime dans les premières secondes de "Losing My Religion" — ce picking de mandoline qui tourne sur lui-même, ce rythme qui ressemble à une pensée qu'on ne parvient pas à arrêter. Michael Stipe ouvre la chanson en murmurant "oh life, it's bigger, it's bigger than you" ("oh la vie, elle est plus grande, plus grande que toi"), et d'emblée on comprend qu'on est dans la tête de quelqu'un. Pas sur scène, pas dans une grande déclaration — dans un coin, justement.

Ce que ressentent ceux qui n'osent pas parler

Le cœur du morceau, c'est ce personnage qui se tient à l'écart et qui regarde. "That's me in the corner, that's me in the spotlight" — les deux images semblent se contredire, mais elles disent la même chose : peu importe où il se trouve, il est exposé à lui-même, incapable de sortir de cet œil intérieur qui l'observe observer l'autre. Il trie ses mots avant même de les prononcer, il choisit ses confessions comme on choisit ses armes, et pourtant rien ne sort vraiment. Trop dit, pas assez dit — la boucle ne se ferme jamais.

On reconnaît dans cette mécanique quelque chose d'universel : cette façon qu'a l'obsession amoureuse de transformer chaque détail anodin en signe, chaque rire entendu de loin en message codé. "I thought that I heard you laughing, I thought that I heard you sing" — le doute est déjà dans la syntaxe, dans ce "I think I thought" qui trébuche sur lui-même.

Quand le rêve se dérobe

La chanson prend une couleur plus sombre dans son dernier tiers, quand les fantasmes que le narrateur s'était autorisés commencent à s'effondrer. "What if all these fantasies come flailing around" ("et si toutes ces fantaisies s'effondraient") — le verbe "flailing" est parfait, il évoque quelque chose qui se débat avant de sombrer. Et puis le coup de grâce, répété jusqu'à l'épuisement : "that was just a dream". Pas une révélation tragique, juste une évidence qui arrive trop tard, martelée comme pour s'en convaincre. R.E.M. réussit ici quelque chose de rare : faire d'une chanson sur le silence et la retenue l'un des morceaux les plus criants des années 90.

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