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Paroles de la chanson Serena joy par Olivia Rodrigo

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Paroles de la chanson Serena joy par

For the good of us all
And if you close your eyes
Then it can't be your fault
Yeah, it's all for the cause
For the good of us all
Here's a tower we built
Painted gold on the walls
And we'll never be beat
No, we never will fall
While they're out on the streets
Man, we're having a ball

Come in close, come in close
Come a little bit closer
Sing along, sing along
What they tell you to do
Comin' 'round, comin' 'round
Comin' around the corner
If they do it to them
They'll do it to you
If they do it to them
They're gonna do it to you

Have a Coke and a smile
In the hot summer bliss
Now go bother your neighbors
While we do what we wish
Have a Coke and a smile
Let me show you a trick
If you can't throw a punch
You can learn how to spit
And we'll never give up
And we'll never submit
Look, the life of your dream
Is beyond that cliff

Come in close, come in close
Come a little bit closer
Sing along, sing along
What they tell you to do
Comin' 'round, comin' 'round
Comin' around the corner
If they do it to them
They'll do it to you
If they do it to them
They're gonna do it to you

That's what you
That's what you
What you get, what you get
It's automatic
Go ahead, go ahead
Don't think about it
What you get, what you get, what you get
Rotting in the sunshine
What you get, what you get
It's automatic
Go ahead, go ahead
Don't think about it
What you get, what you get, what you get
Everything is just fine
Everything is just fine
Everything is just fine

Que racontent les paroles de la chanson Serena joy de Olivia Rodrigo ?

La tour peinte en or

Il y a quelque chose d'insidieux dans la façon dont "Serena Joy" commence. Pas d'éclat de voix, pas d'urgence immédiate — juste une invitation douce, presque bienveillante : "for the good of us all". On pourrait croire à une berceuse, à un hymne communautaire. Et c'est exactement le piège.

Olivia Rodrigo construit ici une fiction politique à la première personne du pluriel, ce "nous" qui englobe et qui rassure, ce "nous" derrière lequel se cachent toujours ceux qui décident. La tour "painted gold on the walls" est belle à voir de loin. De près, c'est une cage. Mais personne ne regarde de près — parce que fermer les yeux, comme le dit le texte, c'est aussi se décharger de toute responsabilité : "if you close your eyes, then it can't be your fault".

Le sourire comme anesthésie

Le deuxième couplet fait basculer la chanson dans quelque chose de plus mordant. "Have a Coke and a smile" — l'image est presque trop familière pour choquer, et c'est voulu. Rodrigo emprunte l'esthétique de la publicité, du bonheur vendu en canette, pour pointer la mécanique du divertissement comme instrument de soumission. Pendant qu'on se sourit dessus et qu'on se chamaille entre voisins, ceux qui tiennent les ficelles font ce qu'ils veulent. La chanson le dit sans détour, avec une ironie qui fait mal.

Le refrain, lui, joue une partition plus anxieuse : "comin' around the corner", "if they do it to them, they'll do it to you". C'est le seul moment où la voix collective se fissure, où quelqu'un semble souffler à l'oreille du spectateur qu'il n'est pas à l'abri. Mais l'avertissement est vite recouvert par le pont final — "go ahead, don't think about it", répété jusqu'à l'écœurement, jusqu'à ce que "everything is just fine" sonne comme un mensonge qu'on finit par croire à force de l'entendre.

L'image qui reste, celle qu'on n'oublie pas, c'est "rotting in the sunshine" — pourrir au soleil, lentement, confortablement, sans même s'en rendre compte. Olivia Rodrigo ne crie pas ici. Elle observe, elle décrit, et c'est précisément pour ça que la chanson fait froid dans le dos.

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