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Paroles de la chanson Folsom Prison Blues (traduction) par

J'entends le train qui arrive, il prend le virage
Et je n'ai pas vu le soleil depuis je ne sais quand
Je suis coincé à la prison de Folsom, et le temps n'en finit pas de traîner
Mais ce train continue de rouler vers San Antone

Quand j'étais tout petit, ma maman m'a dit : « Fiston,
Sois toujours un bon garçon, ne joue jamais avec les flingues »
Mais j'ai abattu un homme à Reno juste pour le regarder mourir
Quand j'entends ce sifflet retentir, je baisse la tête et je pleure

Je parie qu'il y a des gens riches qui mangent dans un wagon-restaurant chic
Ils boivent probablement du café et fument de gros cigares
Eh bien, je sais que je l'ai mérité, je sais que je ne peux pas être libre
Mais ces gens continuent d'avancer, et c'est ça qui me torture

Eh bien, s'ils me libéraient de cette prison, si ce train de chemin de fer était à moi
Je parie que je l'emmènerais un peu plus loin sur la ligne
Loin de la prison de Folsom, c'est là où je veux rester
Et je laisserais ce sifflet solitaire chasser mon cafard

Que racontent les paroles de la chanson Folsom Prison Blues (traduction) de Johnny Cash ?

Le sifflet du train et les murs de Folsom

Il y a quelque chose d'immédiatement viscéral dans les premiers mots de cette chanson. On entend le train avant même de comprendre où l'on est. Ce grondement qui approche "'round the bend" (au détour du virage) et cette lumière du soleil que le narrateur n'a plus vue "depuis il ne sait quand" — en deux lignes, Cash installe une atmosphère d'enfermement total, presque physique. On est dedans, derrière les barreaux, et le monde du dehors n'existe plus qu'à travers ce son lointain.

Quand la culpabilité n'efface pas le désir

Le deuxième couplet arrive comme un aveu brutal. La mère qui conseille, les bonnes manières, l'enfance — et puis cette rupture sèche : un homme abattu à Reno, "just to watch him die". Pas de mobile, pas de passion, juste une curiosité morbide et glaçante. Cash chante ça avec une sobriété qui fait froid dans le dos. Et pourtant, quelques secondes plus tard, le voilà qui pleure en entendant le sifflet du train. Ce n'est pas la culpabilité qui le brise — il l'assume — c'est l'envie. Cette envie d'être ailleurs, d'être en mouvement, de faire partie de ces gens qui passent sans même le voir.

Rêver en grammaire conditionnelle

Le dernier couplet est peut-être le plus poignant. Le narrateur s'autorise enfin à imaginer : si le train était le sien, il le pousserait "a little farther down the line", loin de Folsom, loin de tout ça. Mais chaque phrase commence par "if" ou "I'd" — le conditionnel en anglais, temps du rêve et de l'impossibilité. Cash ne promet rien, ne console personne. Il laisse juste ce sifflet "lonesome" résonner, ce mot qui en dit long sur la solitude américaine, celle des grands espaces autant que celle des cellules. Une chanson qui tient en quatre couplets et dure toute une vie.

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