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Paroles de la chanson Runaway par

(Ah-ah, ah-ah, ah-ah, ah-ah)

I was listenin' to the ocean
I saw a face in the sand
But when I picked it up
Then it vanished away from my hands, dah
I had a dream I was seven
Climbin' my way in a tree
I saw a piece of Heaven
Waitin' in patience for me, dah

And I was runnin' far away
Would I run off the world someday?
Nobody knows, nobody knows
And I was dancing in the rain
I felt alive and I can't complain

But no, take me home
Take me home where I belong
I can't take it anymore

I was painting a picture
The picture was a painting of you
And for a moment I thought you were here
But then again, it wasn't true, dah
And all this time I have been lyin'
Oh, lyin' in secret to myself
I've been putting sorrow on the farthest place on my shelf
La-di-da

And I was runnin' far away
Would I run off the world someday?
Nobody knows, nobody knows
And I was dancing in the rain
I felt alive and I can't complain

But no, take me home
Take me home where I belong
I got no other place to go
No, take me home
Take me home where I belong
I got no other place to go
No, take me home
Take me home where I belong
I can't take it anymore

But I kept runnin' for a soft place to fall
And I kept runnin' for a soft place to fall
And I kept runnin' for a soft place to fall
And I kept runnin' for a soft place to fall

And I was runnin' far away
Would I run off the world someday?

But no, take me home
Take me home where I belong
I got no other place to go
No, take me home
Take me home where I belong
I got no other place to go

No, take me home, home where I belong, no, no
No, take me home, home where I belong, oh, oh, oh
No, take me home, home where I belong, no, no
No, take me home, home where I belong
I can't take it anymore

Que racontent les paroles de la chanson Runaway de Aurora ?

Une enfant qui court vers l'horizon

Il y a quelque chose d'immédiatement saisissant dans "Runaway" d'Aurora — cette sensation que la voix qu'on entend appartient à quelqu'un qui parle depuis l'intérieur d'un rêve, pas tout à fait revenue au monde des éveillés. La chanson s'ouvre sur des images qui glissent entre les doigts : un visage dans le sable qui disparaît dès qu'on tend la main, un rêve d'enfance à sept ans dans les branches d'un arbre, un morceau de ciel promis. Tout est là, puis plus rien.

Courir sans savoir où l'on va

Aurora était adolescente quand elle a écrit ce texte, et ça s'entend — pas dans un sens naïf, au contraire. Il y a cette question vertigineuse qu'elle pose à mi-voix, "Would I run off the world someday?", comme si courir assez loin pouvait mener à un bord, à une sortie du monde ordinaire. La pluie dans laquelle elle danse n'est pas un symbole de tristesse ici, c'est le seul moment où elle se sent vraiment exister. Mais derrière cette liberté apparente, quelque chose couve. Elle l'avoue presque en passant : elle a peint le portrait d'une personne disparue, et une seconde, juste une seconde, elle a cru que cette personne était là. Elle ne l'était pas.

L'endroit où atterrir

C'est dans la deuxième moitié que la chanson révèle sa vraie nature. Aurora confesse avoir enfoui sa douleur au fond d'une étagère imaginaire, avoir menti à elle-même pour tenir debout. Et alors la course change de sens : "I kept runnin' for a soft place to fall". Elle ne fuit plus vers quelque chose d'excitant — elle cherche un endroit où s'effondrer sans se briser. Le "take me home" répété jusqu'à l'épuisement n'est pas une demande à quelqu'un d'autre. C'est une prière adressée à elle-même, pour retrouver l'espace intérieur qu'elle a perdu à force de s'esquiver. Une chanson sur la fatigue de ne pas se regarder en face — et sur le courage, finalement, de vouloir rentrer.

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