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Paroles de la chanson Sage (Nouvelle École) par

Du rouge et du vert
Paname c'est pas à une heure
Ay

Du rouge et du vert, faut du cran et des nerfs
La route est longue, Paname c'est pas à une heure
Mais vas-y on veut la lueur, j'ai un aveu à vous faire
Avant d'brûler la prod', j'ai mis d'côté la douleur
L'envie fait toujours mal à la tête
Reste en vie mais de nos jours va pas à la fête
J'ai appris qu'un p'tit a pris une balle dans la tête dans la shh
C'est pas bien d'entraîner un camarade dans sa chute
C'est pas eux, ils ont barrette dans l'veau-cer
Tu sais l'argent calme tout tant qu'on m'paie
J'ai rêvé d'ses figurines, d'ses posters
Imagine 10 ans après t'es sur scène
Investir sur moi j'trouvais ça normal
Les autres ont trouvé que je pétais un câble
Maman se plaignait trop que je rentre tard
Elle comprenait pas trop le studio en bas

Oui, c'est vrai qu'elle comprenait pas
Elle voulait mon CV quelque part
J'voudrais laisser un héritage
Aux gamins issus de mon métissage
C'est vrai qu'elle comprenait pas
Elle voulait mon CV quelque part
J'voudrais laisser un héritage
Aux gamins issus de mon métissage, aaah
Alors dans le fond je reste sage, yeah
Alors dans le fond je reste sage, yeah
Alors dans le fond je reste sage, aaah
Alors dans le fond je reste sage, yeah
Alors dans le fond je reste sage, yeah

Alors dans le four je reste sûr de moi
Papa j'le fais pas pour un vêt-sur
Un jour, ma fafa pourra finir le mois
Ça s'ra pas un poids quand tu verras les factures
Ils ont vu Yanam dans un A45
À la base mon âme est celle d'un mec simple
Pas été entouré de .45
Petit j'écoutais Renaud qui parlait d'ses car-en-sac
Y'a bien trop d'carences
Promis je pleurerai quand j'serai dans l'carrosse
Pourtant mes frérots me répètent constamment
Tu soigneras pas tes plaies en fumant sur le kamas
Maman me trouvait instable, elle avait raison
C'est juste j'avais du mal mon coeur avait des lésions
Dès le plus jeune âge, j'avais un tas de questions
C'est pas un tas de tals qui pourrait me mettre la pression

Oui, c'est vrai qu'elle comprenait pas
Elle voulait mon CV quelque part
J'voudrais laisser un héritage
Aux gamins issus de mon métissage
C'est vrai qu'elle comprenait pas
Elle voulait mon CV quelque part
J'voudrais laisser un héritage
Aux gamins issus de mon métissage, aaah
Alors dans le fond je reste sage, yeah
Alors dans le fond je reste sage, yeah
Alors dans le fond je reste sage, aaah
Alors dans le fond je reste sage, yeah
Alors dans le fond je reste sage, yeah
Alors dans le fond je reste

Que racontent les paroles de la chanson Sage (Nouvelle École) de YANAMKO ?

Le fils qui rentre tard

Il y a cette image qui revient, têtue, dans la chanson : une mère qui attend, qui s'inquiète, qui ne comprend pas pourquoi son fils passe ses nuits dans un studio au lieu de construire quelque chose de visible, de rassurant, de certifiable sur un CV. YANAMKO ne lui donne pas tort. Il dit simplement qu'il avait autre chose en tête, et que cette chose-là a fini par avoir raison.

"Sage (Nouvelle École)" ressemble à une lettre envoyée avec du recul — pas depuis la gloire triomphante, mais depuis un moment où les choses commencent à prendre forme. La route est encore longue, "Paname c'est pas à une heure", et le rappeur le sait mieux que quiconque. Il ne survend rien. Il raconte.

Dans les premières secondes, il glisse une information brute et douloureuse — un jeune du quartier qui a pris une balle, des gamins embarqués dans des spirales qui ne leur appartenaient pas vraiment. Pas de larmes appuyées, pas de discours. Juste la réalité posée là, entre deux rimes, comme on pose quelque chose de lourd sur une table pour ne pas l'oublier. Et puis il continue, parce que continuer c'est déjà une forme de résistance.

Ce que "rester sage" veut vraiment dire

Le refrain pourrait paraître simple à première lecture. Mais "dans le fond je reste sage" n'a rien d'une résignation — c'est presque une déclaration de guerre silencieuse. Sage face aux tentations, sage face aux pressions des frérots qui répètent qu'un coup rapide vaut mieux qu'une longue attente, sage face à une ville qui avance à toute vitesse et qui n'attend personne.

L'héritage qu'il veut laisser aux "gamins issus de mon métissage" dit beaucoup sur qui il s'adresse vraiment. Pas au grand public en général — aux enfants qui grandissent entre deux cultures, deux langues, deux façons d'exister, et qui cherchent quelqu'un qui leur ressemble sur une scène.

Une promesse faite à mi-voix

Il y a quelque chose de touchant dans la façon dont YANAMKO parle de son père — "je le fais pas pour un vêtement" — et de sa mère, qu'il reconnaît avoir rendue folle d'inquiétude. "Elle avait raison", dit-il, "c'est juste j'avais du mal". Cette lucidité-là, ce refus de se poser en incompris magnifique, c'est ce qui rend le morceau crédible. Il ne demande pas qu'on lui pardonne d'avoir rêvé. Il explique juste comment il a survécu à ses propres rêves.

Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

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