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Paroles de la chanson USUMACINTA par

Mehsah à la prod'

[Furax Barbarossa & Scylla]
J'ai posé des larmes dans des endroits insolites
Mais ne crois pas qu'j'suis d'marbre, gros, j'ai les deux reins solides
J'me rappelle même si sous les yeux, j'ai pas les dossiers
Va falloir en brûler des photos dans les paniers d'osier
J'ai l'souvenir qu'on n'a pas fait les fiers sur la fois de trop
Poursuite avec la ferroviaire sur la voie de tro-m'
Qu'est-ce que tu peux faire quand la roulette décide à ta place ?
On avait le choix : l'amour, la mort, pour le sida : tape-là
Avant de dérailler, j'ai un peu partout ferraillé
L'enfer, c'est grand, mec, on peut pas tout faire à ieds-p
Mes qualités, y en a trop qu't'as pas citées, trop
Mais ma façon d'encaisser, c'est ma plus grosse capacité
Eh ouais, garçon, l'argent, y a un temps pour la piquer tant qu'à polémiquer
Les lois, y a un temps pour appliquer, un temps pour les niquer
Est-ce que la vie pardonne mes maladresses ?
Le mal m'a toujours suivi, pourtant, j'lui donnais pas l'adresse
Allez, y a quoi, tu vas m'rappeler, toi, ce qu'est la famille ?
Ce que ça fait d'être accablé, ou ce qu'est la famine ?
Allez, parle-moi comme si j'en avais pas bavé
Mais le chemin, je l'ai mangé pavé par pavé
Si t'as la flemme, lève les mains, pose le tél'
C'est noir, les roses, enlève-les, j'impose le thème
Y avait la rue, mon frère pilo', aimanté aux parois
Rappelle-moi le nombre de kilos qu'j'ai rentrés au parloir (ouais, ouais)
Rappelle-toi qu'on voulait volait pour ger-man quand dehors, il gelait
Le plan pour survivre, en théorie, je l'ai (ha, ha)
Ne m'dis pas qu'tu m'as tendu la main pour en arriver là, gros (non, non)
J'dois rien à personne (yah), à personne, gros (yah)
J'me rappelle le squat, qu'on a fait la guerre pour le gazole et l'huile
Et puis qu'un pote faisait le mauvais choix entre le rasoir et lui
J'pourrais t'en raconter, des faits, me faudrait des semaines
Casse pas les couilles en disant qu'il faudrait l'aider, ce mec
On traite la vie de pute et voilà qu'elle s'acharne (ouais)
Des fois, la vie, ça pue, ça sent la caisse à chat
Pour oublier, j'fumais 10 g dans l'heure
Mais j't'ai dit qu'j'encaissais, c'est quoi qu't'as pas pigé, branleur ?
Allez, ta gueule, c'est pas la faute au risque, ni la faute au flouse
Qu'on a fait qu'des sourires sur d'la photo floue
Si l'bonheur se casse, là, tu fais l'effort, ça, tu l'répares
On jurait fort parce qu'on savait qu'ça durerait pas
La violence est une langue que j'ai apprise en trois leçons
Fort, fier, droit, seuls les rois le sont
T'es mort si tu dors, pas de solution, les coussins tuent
J'ai pris des bonnes résolutions, et des coups d'ceintures
Rappelle-toi, le froid, son plan m'a diverti
Crois-moi, pourtant, c'est pas des balles à blanc que l'hiver tire
Aujourd'hui, pour mon confort, je mets désormais un billet
Avant, la gamelle du chien gelait, je dormais habillé
J'me rappelais qu'j'ai failli succomber, frôler la fin d'carrière dans l'CHU
Et qu'il faut tomber d'la plus belle des manières quand c'est la chute
La faucheuse, pour moi, parla d'estimation, hein
Mais nique sa mère, c'est le voyage qui compte, pas la destination
Tu vas vraiment me parler d'art et de peintures, Renoir ?
Mais qu'est-ce qu'j'en ai à foutre, je vis en espadrilles
Parle-moi d'débrouillard, j'ai la ceinture re-noi
Car les soucis comme la foudre arrivent en escadrille
Je me souviens du LSD sur des petits sucres
Ça fait beaucoup de morts d'MST, pour très peu d'issues
C'était un qui gère pour deux qui suent
Et la suite s'effiloche comme des vieux tissus
Et là, c'est vide, on a perdu sur la route pour le sommet
Le passé me poursuit, mais j'cavale assez vite pour le semer
Dans ce couplet, j'suis passé d'vrai malheur, à paix
Je me rappelle, mais faut-il vraiment le rapper ?

[Scylla]
Eh, est-ce que tu t'rappelles lorsque les grands parlaient des codes, hein ?
Tu t'rappelles ? Quand ils ont chargé les coffres
Est-ce que tu t'souviens le nombre de coups d'schlass que l'frangin avait pris ?
C'était dix-sept, j'crois, c'est ça ? J'ai tort ?
Est-ce que tu t'rappelles encore de leurs tronches de porcs dans la Laguna ? Hein ?
Quand ils sont venus à quinze hanchs, nous mêler sur ce parking
Rappelle-toi, le soir même, y sont partis partouzer les propres sœurs des têtes cramées du quartier
Est-ce que tu t'rappelles qu'on était grave soudés ?
Qu'on pouvait dier l'un pour l'autre, pour un r'gard douteux
Cette fraternité, on l'a plus connue, par après
On avait l'cœur tendre, on s'butait aux films de karaté
Rappelle-toi qu'on kiffait Wu-Tang, Raekwon et Ghostface
Douze piges : Advisory parental
Pour cet album, je m'suis dit que ce serait lourd d'faire un putain d'feat avec eux
Mais à c'qu'il p', ils demandent quarante balles, pff
Rappelle-moi les moteurs, rappelle-moi les odeurs
Rappelle-moi les voix ou le bruit des pas des rôdeurs
Rappelle-moi les ombres qui nous ont fait vibrer
Rappelle-moi de jamais m'reprendre la baie vitrée
Est-ce que tu t'rappelles ? Parce que moi, pas vraiment
J'ai beaucoup d'visages, mais pas d'prénom
Beaucoup d'images, mais pas l'crayon
Dis-le-moi, j'suis certain qu'toi, tu t'en rappelles ?
Je te le jure, ce sera pas très long
Rappelle-moi comme on était bien, comme on craignait dégun
Rappelle-moi les formes, rappelle-moi les lignes de tes mains, ou les courbes de tes reins
Un jour, t'es tout, un jour, t'es rien, on en f'sait combien, des tours d'terrain ?
Rappelle-moi le nombre de gouttes de mon sang que l'béton d'ma ville a absorbé, quand y avait rien du tout d'célèbre
La mort, de nombreuses fois, j'fus à sa portée, j'me rappelle comme d'hier quel était l'goût d'ses lèvres
Rappelle-moi, combien d'mesures on s'était dit d'écrire ?
Là, j'suis parti pour un "Demain, c'est loin", donc arrête-moi, si tu veux t'tirer, tire, eh
Rappelle-moi les salles d'arcades, les bars, les horlyuken
Les perfects avec Sagat, avec Véga, Ryu ou Ken
Le solde éclaté au sol, proche du niveau zéro
Même pas d'Game Boy, on fantasmait sur Neo-Geo
Rappelle-moi ma coupe au bol, mon p'tit air d'ange civilisé
Nos épées d'bois, nos goûts du vol, nos hypersensibilités
Rappelle-moi d'utiliser la violence en dernier
Mais jamais d'laisser deux fois l'même foutu gadjo m'emmerder
Rappelle-moi le charme d'la rue, les médias de con t'mentent
Rappelle-moi l'seize - vingt, le mille, le onze - quatre-vingt, le onze - nonante
Les barres de rire et les dangers que la peur et la fierté t'offrent
Et rappelle-moi d'plus jamais mélanger les meufs avec les potes
Les visages que j'ai vus crier ou briller au premier rang
Le Palais 12, la scène centrale le foutu stade d'IAM
Les concerts symphoniques, le Zénith et les yeux des gens
Quand on cramait les fosses tous ensemble sur HAYAWAN
Le goût amer des larmes, des premiers amours
Quand mon p'tit cœur fut poignardé trop salement
Dis-moi pour quelles raisons on s'aimait chaque jour
Avant qu'on s'mette à s'détester cordialement
Les soirs et les nuits passées en rooftop avec mon fils à Bangkok
Son regard quand on serpentait dans les forêts d'mangroves
Toujours croire à c'qui m'émerveille, ça marche à la foi
Rappelle-le-moi à chaque Salat Janaza
Rappelle-moi le môme qui dort en l'homme et dont il souhaite suppression
Rappelle-moi que ce môme ne s'ra jamais le fauve d'aucune jungle
J't'ai dit qu'chaque souvenir est comme une drogue de résurrection
J'en ai plein l'coffre, mais à c'qui p', les meilleurs choses ont une fin

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