Paroles de la chanson Oh America (1951) par
US 1951
Let me set the scene for ya
Back when Hollywood was young
Life is easy
Harry Truman is in power
Five hundred babies born each hour
Business booms and cities tower
Life is easy
Cars and fridges, new TV's
All this fresh technology
Bigger tits on bigger screens
Life is easy
Money makes the world go round
Let me set the scene for ya
Back when Hollywood was young
Life is easy
Harry Truman is in power
Five hundred babies born each hour
Business booms and cities tower
Life is easy
Cars and fridges, new TV's
All this fresh technology
Bigger tits on bigger screens
Life is easy
Money makes the world go round
Factories, baseball, films with sound
Unions are shouting loud
Life is easy
Shiny white suburbia
Tell me what's the secret here
We medicate our problems dear
Life is easy
New York's Broadway so alive
Writers, poets, what a hive
Arthur Miller wins the prize
Life is easy
Protestant propriety
The Christian book is all we need
Jesus loves straight families
Life is easy
Unions are shouting loud
Life is easy
Shiny white suburbia
Tell me what's the secret here
We medicate our problems dear
Life is easy
New York's Broadway so alive
Writers, poets, what a hive
Arthur Miller wins the prize
Life is easy
Protestant propriety
The Christian book is all we need
Jesus loves straight families
Life is easy
World War Two weren't long ago
Still living in its shadow
Fears abroad feed fears at home
Life is easy
Now that this Cold War's begun
We're under McCarthy's thumb
Hunt the Commies, grab a gun
Life is easy
Those who fight for civil rights
Those who live an artists' life
String ‘em up they could be spies
Life is easy
But let's not get too heavy now
Wave your flag and sing it loud
Be American and proud
Life is easy
Oh America
America, America, America
America, Dreams happen here
Built from the dirt
What's your America?
America, you've heard of her
Land of the free
Fight for America
America, now she's emerged
To rule the world
What's your America?
Cut the gas now let's zoom in
To studios where walls are thin
Life is easy
Oh America
America, America, America
America, Dreams happen here
Built from the dirt
What's your America?
America, you've heard of her
Land of the free
Fight for America
America, now she's emerged
To rule the world
What's your America?
Cut the gas now let's zoom in
To studios where walls are thin
Our young starlet plays to win
Life ain't easy
Life ain't easy
Que racontent les paroles de la chanson Oh America (1951) de Misfits Together ?
Derrière le sourire : plongée dans l'Amérique de 1951
Imagine une publicité en noir et blanc. Une famille parfaite devant son nouveau téléviseur. Le mari rentre du travail, la femme sort un plat du réfrigérateur flambant neuf, les enfants jouent dans le jardin d'une banlieue proprette. Tout va bien. La vie est facile. C'est exactement cette image que Misfits Together convoque — avant de la lacérer lentement, méthodiquement, avec le sourire.
Le vernis qui craque couplet après couplet
"Oh America (1951)" fonctionne comme un film qu'on regarde d'abord en croyant à une comédie familiale, puis qui révèle peu à peu ses zones d'ombre. Les premières strophes sont presque séduisantes dans leur inventaire de la prospérité d'après-guerre : Harry Truman à la Maison Blanche, les usines qui tournent, Arthur Miller qui remporte des prix, Broadway qui bourdonne d'énergie créative. Tout ça sonne vrai, presque chaleureux. Et puis "We medicate our problems dear" glisse dans le tableau, discret mais dévastateur — on règle ses problèmes à coups de médicaments, et on appelle ça vivre.
Le refrain "Life is easy" revient à chaque fin de couplet comme un tic nerveux, une phrase qu'on se répète pour ne pas penser. Plus il revient, moins on y croit. C'est l'une des constructions les plus efficaces du morceau : l'accumulation transforme l'affirmation en aveu.
McCarthy, les banlieues et les fantômes de la guerre
Le groupe n'épargne rien. La paranoïa maccarthyste — "Hunt the Commies, grab a gun" (traque les communistes, attrape un flingue) — côtoie la répression des artistes et des militants des droits civiques, traités en suspects potentiels. L'ombre de la Seconde Guerre mondiale plane encore, transformant les peurs venues de l'étranger en peurs domestiques. Le conformisme religieux verrouille le reste. C'est une Amérique qui sourit fort parce qu'elle a très peur.
Et au bout du chemin, cette starlette anonyme dans un studio aux murs fins, pour qui la vie n'est pas facile. Enfin la vérité dite sans détour. "What's your America?" demande le refrain, et la question reste ouverte, inconfortable, exactement là où elle doit être.
Imagine une publicité en noir et blanc. Une famille parfaite devant son nouveau téléviseur. Le mari rentre du travail, la femme sort un plat du réfrigérateur flambant neuf, les enfants jouent dans le jardin d'une banlieue proprette. Tout va bien. La vie est facile. C'est exactement cette image que Misfits Together convoque — avant de la lacérer lentement, méthodiquement, avec le sourire.
Le vernis qui craque couplet après couplet
"Oh America (1951)" fonctionne comme un film qu'on regarde d'abord en croyant à une comédie familiale, puis qui révèle peu à peu ses zones d'ombre. Les premières strophes sont presque séduisantes dans leur inventaire de la prospérité d'après-guerre : Harry Truman à la Maison Blanche, les usines qui tournent, Arthur Miller qui remporte des prix, Broadway qui bourdonne d'énergie créative. Tout ça sonne vrai, presque chaleureux. Et puis "We medicate our problems dear" glisse dans le tableau, discret mais dévastateur — on règle ses problèmes à coups de médicaments, et on appelle ça vivre.
Le refrain "Life is easy" revient à chaque fin de couplet comme un tic nerveux, une phrase qu'on se répète pour ne pas penser. Plus il revient, moins on y croit. C'est l'une des constructions les plus efficaces du morceau : l'accumulation transforme l'affirmation en aveu.
McCarthy, les banlieues et les fantômes de la guerre
Le groupe n'épargne rien. La paranoïa maccarthyste — "Hunt the Commies, grab a gun" (traque les communistes, attrape un flingue) — côtoie la répression des artistes et des militants des droits civiques, traités en suspects potentiels. L'ombre de la Seconde Guerre mondiale plane encore, transformant les peurs venues de l'étranger en peurs domestiques. Le conformisme religieux verrouille le reste. C'est une Amérique qui sourit fort parce qu'elle a très peur.
Et au bout du chemin, cette starlette anonyme dans un studio aux murs fins, pour qui la vie n'est pas facile. Enfin la vérité dite sans détour. "What's your America?" demande le refrain, et la question reste ouverte, inconfortable, exactement là où elle doit être.