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Paroles de la chanson La Cage (Nouvelle École) par

Yeah
Ok
Ça fait six piges que j'tape sur mon clavier

Ça, ça, ça fait six piges que j'tape sur mon clavier, et toi sale pute tu m'demandes d'taimer vite
J'parle au daron, on s'la fout sur l'palier, il a fermé la porte et resserré les vis
À deux-cent sur le cluster, c'pas mas ie-v qui va vite, c'est ma peine que j'ravive, j'en ai plus rien à foutre
J'ai grandi dans une maison grande où les pleurs traversaient l'plafond et la voûte

C'est comme ça, c'est comme a-ç
Chez nous on parle qu'avec le cœur, sois sincère ou c'est dommage
Tu pachaves, t'es tout naze, y a des morts tous les jours
Quand j'pose, quand j'rappe c'est un hommage
C'est comme ça, c'est comme a-ç
Chez nous on parle qu'avec le cœur, sois sincère ou c'est dommage
Tu pachaves, t'es tout naze, y a des morts tous les jours
Quand j'pose, quand j'rappe c'est un hommage

Le cœur parle quand les mots t'mentent, quand les morts manquent, crois-moi j'en ai pris tôt du recul
Avancer, avancer, faut l'faire pour y penser et plus jamais je finis sur l'cul
Moi, pour l'instant c'est que mon love qui m'tue, j'voulais combler l'milieu mais j'ai fait un trou sur l'pull
J'suis pas content devant l'??? ou dans l'bus mais j'sais qu'un jour ça paiera depuis ma villa dans l'sud
C'est ma meuf, c'est ma kitty, kitty
Son prénom sur mon greasy, greasy, j'pas peur
Si tu m'cherches pas j'suis busy, busy
Vos MC dans mon plat, j'fais la cuisine
Il faut qu'mes flows soit diamantés, pour qu'ils comprennent le poids d'l'argent, j'crame ses oigts-d pendant la Saint-Jean
J'passe mon temps à m'faner tous les jours, des femmes et des joints m'en faut grave cinq-cent

C'est comme ça, c'est comme a-ç
Chez nous on parle qu'avec le cœur, sois sincère ou c'est dommage
Tu pachaves, t'es tout naze, y a des morts tous les jours
Quand j'pose, quand j'rappe c'est un hommage
C'est comme ça, c'est comme a-ç
Chez nous on parle qu'avec le cœur, sois sincère ou c'est dommage
Tu pachaves, t'es tout naze, y a des morts tous les jours
Quand j'pose, j'pose
C'est comme ça, c'est comme a-ç
Chez nous on parle qu'avec le cœur, sois sincère ou c'est dommage
Tu pachaves, t'es tout naze, y a des morts tous les jours
Quand j'pose, quand j'rappe c'est un hommage
C'est comme ça, c'est comme a-ç
Chez nous on parle qu'avec le cœur, sois sincère ou c'est dommage
Tu pachaves, t'es tout naze, y a des morts tous les jours
Quand j'pose, quand j'rappe c'est un hommage

Que racontent les paroles de la chanson La Cage (Nouvelle École) de Mischa ?

Une maison trop grande pour si peu de paix

Il y a quelque chose de particulièrement tendu dans la façon dont Mischa commence à parler. Pas d'intro dorée, pas de mise en scène — juste ce chiffre qui tombe : six ans. Six piges à taper, à construire, à ne pas lâcher. Et en face, quelqu'un qui lui demande de l'aimer vite, comme si l'urgence émotionnelle pouvait s'imposer à celui qui a appris à travailler dans la durée. On entre dans la chanson comme on entre dans une dispute qui couvait depuis longtemps.

L'image qui suit est celle qui reste. Une maison grande — et des pleurs qui traversent le plafond, qui montent dans la voûte, qui s'infiltrent partout. Mischa grandit là-dedans, dans cet espace qui devrait être refuge mais qui résonne de tout ce qu'on n'arrive pas à dire autrement qu'en pleurant. Le père est présent mais fermé, littéralement : il ferme la porte, il resserre les vis. La cage du titre n'est jamais nommée directement dans les couplets, mais on la sent partout — dans les murs, dans les rapports humains, dans ce sentiment d'être coincé entre ce qu'on veut devenir et ce qu'on a reçu.

Rapper les morts, rapper pour eux

Ce qui fait tenir le morceau, c'est le refrain. "Chez nous on parle qu'avec le cœur" — cette phrase revient comme un serment qu'on se répète pour ne pas l'oublier. Mischa pose son rap comme un hommage, explicitement, "y a des morts tous les jours" et chaque texte posé est une façon de ne pas les laisser disparaître dans le silence. C'est une vision du rap assez rare dans sa sobriété : pas de gloire, pas de revanche spectaculaire, juste une fidélité à ceux qui ne peuvent plus parler.

La fin du texte bifurque vers les ambitions matérielles — la villa dans le sud, les flows diamantés, la meuf dont le prénom est gravé sur lui. Mais même là, on sent que c'est moins de la vantardise que de la projection, une façon de tenir debout en imaginant un futur qui paiera pour toutes ces années de clavier. La cage, peut-être, on ne l'ouvre pas d'un coup. On la desserre vis après vis.

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