Paroles de la chanson Ur sḥissif ara (traduction) par
C'est toi qui gardes les secrets
C'est toi mon destin
Même si le pied est resté boiteux
Tu reviens près de moi
Le temps m'a interrogé
La vieillesse a demandé des comptes
J'ai renoncé aux paroles
Mon mauvais sort est étrange
Ne t'en fais pas
Même si le cœur est brisé
C'est là la leçon
La vie est une école
Celle qu'on n'a pas cherchée
Ou celle que je n'ai pas rencontrée
Ma perte est profonde
C'est toi mon destin
Même si le pied est resté boiteux
Tu reviens près de moi
Le temps m'a interrogé
La vieillesse a demandé des comptes
J'ai renoncé aux paroles
Mon mauvais sort est étrange
Ne t'en fais pas
Même si le cœur est brisé
C'est là la leçon
La vie est une école
Celle qu'on n'a pas cherchée
Ou celle que je n'ai pas rencontrée
Ma perte est profonde
Je t'en prie, ne t'inquiète pas
La perte ne s'efface pas
Les gens m'ont demandé ce qu'ils disaient
Je ne me suis pas séparé
Aujourd'hui c'est moi seul qui suis enfermé
Dans l'étroitesse de la souffrance
Le temps m'a trahi
Je l'ai accepté avec résignation
De mon sang qui brûle
Ah ! je ne suis pas venu me plaindre
Ne t'en fais pas
Même si le cœur est brisé
C'est là la leçon
La vie est une école
Celle qu'on n'a pas cherchée
Ou celle que je n'ai pas rencontrée
La perte ne s'efface pas
Les gens m'ont demandé ce qu'ils disaient
Je ne me suis pas séparé
Aujourd'hui c'est moi seul qui suis enfermé
Dans l'étroitesse de la souffrance
Le temps m'a trahi
Je l'ai accepté avec résignation
De mon sang qui brûle
Ah ! je ne suis pas venu me plaindre
Ne t'en fais pas
Même si le cœur est brisé
C'est là la leçon
La vie est une école
Celle qu'on n'a pas cherchée
Ou celle que je n'ai pas rencontrée
Ma perte est profonde
Je t'en prie, ne t'inquiète pas
La perte ne s'efface pas
C'est vers toi que j'ai confié mon secret
Où d'autre aurait-il dormi
Grâce à toi aujourd'hui ma poésie s'élèvera
Les enfants ne s'en doutent pas
Ils se sont reposées à ma fête
Les filles de la noblesse
Ma jeunesse s'est dépensée pour moi
Ah ! les cœurs sans pitié
Ne t'en fais pas
Même si le cœur est brisé
C'est là la leçon
La vie est une école
Celle qu'on n'a pas cherchée
Je t'en prie, ne t'inquiète pas
La perte ne s'efface pas
C'est vers toi que j'ai confié mon secret
Où d'autre aurait-il dormi
Grâce à toi aujourd'hui ma poésie s'élèvera
Les enfants ne s'en doutent pas
Ils se sont reposées à ma fête
Les filles de la noblesse
Ma jeunesse s'est dépensée pour moi
Ah ! les cœurs sans pitié
Ne t'en fais pas
Même si le cœur est brisé
C'est là la leçon
La vie est une école
Celle qu'on n'a pas cherchée
Ou celle que je n'ai pas rencontrée
Ma perte est profonde
Je t'en prie, ne t'inquiète pas
La perte ne s'efface pas
J'ai cru aimer autrefois, je me suis trompé
J'ai étouffé mon désir
Mon cœur, c'est avec peine que je l'ai libéré
Il a été vendu, il est parti
Pour la grandeur je me suis égaré
J'ai sacrifié ma jeunesse
Puisque je t'ai conquise
Ah ! le regret n'existe pas
Ne t'en fais pas
Même si le cœur est brisé
C'est là la leçon
La vie est une école
Ma perte est profonde
Je t'en prie, ne t'inquiète pas
La perte ne s'efface pas
J'ai cru aimer autrefois, je me suis trompé
J'ai étouffé mon désir
Mon cœur, c'est avec peine que je l'ai libéré
Il a été vendu, il est parti
Pour la grandeur je me suis égaré
J'ai sacrifié ma jeunesse
Puisque je t'ai conquise
Ah ! le regret n'existe pas
Ne t'en fais pas
Même si le cœur est brisé
C'est là la leçon
La vie est une école
Celle qu'on n'a pas cherchée
Ou celle que je n'ai pas rencontrée
Ma perte est profonde
Je t'en prie, ne t'inquiète pas
La perte ne s'efface pas
Donnons la parole au secret
Que la tristesse, nous la guérissions
Beaucoup ont vécu dans l'errance
Ils ont brûlé, appelons-les
Qu'ils nous voient debout
Le vacarme s'est dissipé
Nous résistons encore
Que le premier continue d'avancer
Ne t'en fais pas
Même si le cœur est brisé
C'est là la leçon
Ou celle que je n'ai pas rencontrée
Ma perte est profonde
Je t'en prie, ne t'inquiète pas
La perte ne s'efface pas
Donnons la parole au secret
Que la tristesse, nous la guérissions
Beaucoup ont vécu dans l'errance
Ils ont brûlé, appelons-les
Qu'ils nous voient debout
Le vacarme s'est dissipé
Nous résistons encore
Que le premier continue d'avancer
Ne t'en fais pas
Même si le cœur est brisé
C'est là la leçon
La vie est une école
Celle qu'on n'a pas cherchée
Ou celle que je n'ai pas rencontrée
Ma perte est profonde
Je t'en prie, ne t'inquiète pas
La perte ne s'efface pas
Celle qu'on n'a pas cherchée
Ou celle que je n'ai pas rencontrée
Ma perte est profonde
Je t'en prie, ne t'inquiète pas
La perte ne s'efface pas
Que racontent les paroles de la chanson Ur sḥissif ara (traduction) de Lounes Matoub ?
Ce que le cœur garde quand il n'a plus le droit de se plaindre
Il y a des chansons qui ressemblent à des conversations qu'on a avec soi-même à trois heures du matin. "Ur sḥissif ara" de Lounes Matoub est de celles-là. En kabyle, la langue qui fut toute sa vie un acte de résistance autant qu'une langue maternelle, Matoub chante l'amour avec cette pudeur particulière des hommes qui ont beaucoup souffert et qui ont appris à ne pas le montrer.
Une femme, un destin, une blessure
Tout commence par elle. "C'est toi qui gardes les secrets, c'est toi qui es mon destin" — le narrateur la pose d'emblée comme une évidence, comme quelque chose qu'on ne choisit pas et qu'on ne peut pas fuir. Il y a dans cette adresse quelque chose de très kabyle : cet amour-là n'est pas sentimental au sens mièvre du terme. Il est lourd, il pèse, il a traversé le temps et les coups. Le temps qui grise les tempes ("yesteqsa-d ccib"), le hasard qui s'est retourné contre lui — Matoub dresse un portrait de lui-même en homme abîmé mais debout, qui regarde la femme aimée sans rancœur, presque avec tendresse.
Le refrain qui revient comme une vague
Et puis le refrain arrive, encore et encore, comme une marée. "Ur sḥissif ara" — ne te plains pas, ne geins pas, même si ton cœur saigne en silence. On pourrait croire à une injonction à la dureté, à cette virilité fermée qui refuse les larmes. Mais Matoub est plus fin que ça. Ce "ne te plains pas" est aussi une manière de dire : je comprends ta douleur, je la partage, mais la vie continue et elle nous dépasse. "Ddunit d llakul" — la vie est une école, et on y apprend rarement ce qu'on aurait voulu.
La jeunesse perdue et la fête malgré tout
Au fil des couplets, quelque chose se déplace. La chanson glisse de la confidence amoureuse vers quelque chose de plus universel. Il parle de sa jeunesse dépensée, de festins peuplés de femmes endeuillées, d'une vie qui a filé trop vite dans la douleur — "Tnefq-iyi-d temẓi-w" ("ma jeunesse s'est consumée"). Et pourtant, dans le dernier souffle du texte, il appelle à la fête, à chasser le chagrin, à se remettre debout. Pas par oubli. Par nécessité. Chez Matoub, même les chansons d'amour finissent par parler de survie.
Il y a des chansons qui ressemblent à des conversations qu'on a avec soi-même à trois heures du matin. "Ur sḥissif ara" de Lounes Matoub est de celles-là. En kabyle, la langue qui fut toute sa vie un acte de résistance autant qu'une langue maternelle, Matoub chante l'amour avec cette pudeur particulière des hommes qui ont beaucoup souffert et qui ont appris à ne pas le montrer.
Une femme, un destin, une blessure
Tout commence par elle. "C'est toi qui gardes les secrets, c'est toi qui es mon destin" — le narrateur la pose d'emblée comme une évidence, comme quelque chose qu'on ne choisit pas et qu'on ne peut pas fuir. Il y a dans cette adresse quelque chose de très kabyle : cet amour-là n'est pas sentimental au sens mièvre du terme. Il est lourd, il pèse, il a traversé le temps et les coups. Le temps qui grise les tempes ("yesteqsa-d ccib"), le hasard qui s'est retourné contre lui — Matoub dresse un portrait de lui-même en homme abîmé mais debout, qui regarde la femme aimée sans rancœur, presque avec tendresse.
Le refrain qui revient comme une vague
Et puis le refrain arrive, encore et encore, comme une marée. "Ur sḥissif ara" — ne te plains pas, ne geins pas, même si ton cœur saigne en silence. On pourrait croire à une injonction à la dureté, à cette virilité fermée qui refuse les larmes. Mais Matoub est plus fin que ça. Ce "ne te plains pas" est aussi une manière de dire : je comprends ta douleur, je la partage, mais la vie continue et elle nous dépasse. "Ddunit d llakul" — la vie est une école, et on y apprend rarement ce qu'on aurait voulu.
La jeunesse perdue et la fête malgré tout
Au fil des couplets, quelque chose se déplace. La chanson glisse de la confidence amoureuse vers quelque chose de plus universel. Il parle de sa jeunesse dépensée, de festins peuplés de femmes endeuillées, d'une vie qui a filé trop vite dans la douleur — "Tnefq-iyi-d temẓi-w" ("ma jeunesse s'est consumée"). Et pourtant, dans le dernier souffle du texte, il appelle à la fête, à chasser le chagrin, à se remettre debout. Pas par oubli. Par nécessité. Chez Matoub, même les chansons d'amour finissent par parler de survie.