Paroles de la chanson Qu'est-ce qu'on se ressemble par
Moi je suis née en France il y a un peu plus de 20 ans
Je parle bien la langue, on me l'a apprise enfant
Je sais que ça ne se voit pas forcément mais pourtant
Maman me parle arabe quand elle est en colère
Papa est venu à Paris peu après la guerre
J'ai pas eu la chance de connaître ma grand-mère et pourtant
Quand ils me racontent leur vie dans leur pays
Un bled au nord de l'Afrique appelé Tunisie
Maman aime aussi appeler ça le paradis
On m'a appris très tôt ce qu'il fallait cacher
Je parle bien la langue, on me l'a apprise enfant
Je sais que ça ne se voit pas forcément mais pourtant
Maman me parle arabe quand elle est en colère
Papa est venu à Paris peu après la guerre
J'ai pas eu la chance de connaître ma grand-mère et pourtant
Quand ils me racontent leur vie dans leur pays
Un bled au nord de l'Afrique appelé Tunisie
Maman aime aussi appeler ça le paradis
On m'a appris très tôt ce qu'il fallait cacher
Les mezouzah, les vendredis soirs sans télé
J'ai grandi en ayant peur des regards biaisés
Moi je viens un peu d'ailleurs
Mais qu'est-ce qu'on se ressemble
Il y a pas de quoi avoir peur
T'es comme moi il me semble
Pourquoi m'avoir appris qu'il fallait se méfier d'eux
On aurait pu être frères mais on prie pas le même Dieu
Pourtant quand je les regarde on a les mêmes yeux
Tout ça à cause des médias, du JT du soir
Utilisant les traumas de notre héritage
Comme pour donner raison à des actes barbares
J'ai grandi en ayant peur des regards biaisés
Moi je viens un peu d'ailleurs
Mais qu'est-ce qu'on se ressemble
Il y a pas de quoi avoir peur
T'es comme moi il me semble
Pourquoi m'avoir appris qu'il fallait se méfier d'eux
On aurait pu être frères mais on prie pas le même Dieu
Pourtant quand je les regarde on a les mêmes yeux
Tout ça à cause des médias, du JT du soir
Utilisant les traumas de notre héritage
Comme pour donner raison à des actes barbares
Vous qui jouez avec nous derrière nos écrans
En nous manipulant, utilisant le sang
N'avez-vous aucun scrupule en vous endormant
Et maintenant il faudrait que je choisisse un camp
Parce qu'en vous écoutant parler apparemment
Ça peut se justifier de tuer des enfants
Moi je viens un peu d'ailleurs
Mais qu'est-ce qu'on se ressemble
Il y a pas de quoi avoir peur
T'es comme moi il me semble
Moi je viens d'un peu d'ailleurs
Mais qu'est-ce qu'on se ressemble
Il y a pas de quoi avoir peur
T'es comme moi il me semble
Je suis pas ton sujet pour l'audience
Je suis pas un titre racoleur
Je suis pas un jouet de ta dominance
Je ne suis pas un sujet vendeur
Je suis pas ton débat du samedi
Je suis pas ton alibi moral
Je suis pas un tabou entre amis
Je suis pas une dispute familiale
Je suis pas ton outil politique
Ni ton vieux slogan déguisé
Ton support idéologique
Pour apprendre à nous diviser
Je suis pas ton excuse en or
Pour pouvoir tirer en mon nom
Je suis pas d'accord avec ta mort
Je suis pas ton sujet pour l'audience
Je suis pas un titre racoleur
Je suis pas un jouet de ta dominance
Je ne suis pas un sujet vendeur
Je suis pas ton débat du samedi
Je suis pas ton alibi moral
Je suis pas un tabou entre amis
Je suis pas une dispute familiale
Je suis pas ton outil politique
Ni ton vieux slogan déguisé
Ton support idéologique
Pour apprendre à nous diviser
Je suis pas ton excuse en or
Pour pouvoir tirer en mon nom
Je suis pas d'accord avec ta mort
Qu'importe d'où parle le canon
Je suis comme eux ils sont comme moi
Je suis d'ici et de là-bas
Je suis humaine avant vos lois
Je suis vivante, regardez-moi
J'en ai rien à faire de ta haine, moi
On sera bien plus beaux quand on s'aimera
Moi je viens un peu d'ailleurs
Mais qu'est-ce qu'on se ressemble
Il y a pas de quoi avoir peur
T'es comme moi il me semble
Je suis comme eux ils sont comme moi
Je suis d'ici et de là-bas
Je suis humaine avant vos lois
Je suis vivante, regardez-moi
J'en ai rien à faire de ta haine, moi
On sera bien plus beaux quand on s'aimera
Moi je viens un peu d'ailleurs
Mais qu'est-ce qu'on se ressemble
Il y a pas de quoi avoir peur
T'es comme moi il me semble
Que racontent les paroles de la chanson Qu'est-ce qu'on se ressemble de Lisa Pariente ?
Elle commence par se présenter, simplement
Pas de grande déclaration, pas d'effet de manche. Lisa Pariente ouvre sa chanson comme on pose ses affaires sur une table : voilà ce que je suis, voilà d'où je viens. Née en France, la langue bien apprise, mais avec une mère qui « parle arabe quand elle est en colère » et un père arrivé à Paris après la guerre. Une enfance quelque part entre deux rives de la Méditerranée, avec la Tunisie en arrière-plan — ce « bled au nord de l'Afrique » que sa mère appelle le paradis. Dès les premières mesures, on comprend qu'on est en territoire intime.
Grandir avec le secret
Ce qui touche dans ce récit, c'est la discrétion avec laquelle elle décrit quelque chose de profondément douloureux : avoir grandi en apprenant à se cacher. Les mezouzah que l'on range, les vendredis soirs sans télévision, les signes d'une identité juive pratiquée dans l'ombre d'un regard social biaisé. On n'avait pas forcément l'habitude d'entendre réunis, dans une même chanson, le judaïsme et les origines tunisiennes, la France et le Maghreb — et pourtant c'est exactement ce croisement-là qui rend le propos si singulier. Elle ne réclame pas de la sympathie. Elle raconte, et c'est suffisant pour que ça résonne.
Refuser d'être un instrument
La chanson bascule ensuite vers quelque chose de plus frontal, presque rageur dans sa structure. Elle s'adresse à ceux qui jouent avec les identités comme avec des pions — médias, discours politiques, rhétoriques de la division. « Je suis pas ton excuse en or / Pour pouvoir tirer en mon nom » : la formule est limpide et dure à la fois. Elle ne veut pas qu'on se justifie de tuer des enfants en invoquant son héritage, quelle que soit la direction d'où « parle le canon ». Ce refus de choisir un camp n'est pas de la neutralité molle — c'est une position claire, celle de l'humain avant la loi, du vivant avant le récit qu'on veut lui imposer. La dernière image reste : « On sera bien plus beaux quand on s'aimera. » Pas naïf. Juste nécessaire.
Pas de grande déclaration, pas d'effet de manche. Lisa Pariente ouvre sa chanson comme on pose ses affaires sur une table : voilà ce que je suis, voilà d'où je viens. Née en France, la langue bien apprise, mais avec une mère qui « parle arabe quand elle est en colère » et un père arrivé à Paris après la guerre. Une enfance quelque part entre deux rives de la Méditerranée, avec la Tunisie en arrière-plan — ce « bled au nord de l'Afrique » que sa mère appelle le paradis. Dès les premières mesures, on comprend qu'on est en territoire intime.
Grandir avec le secret
Ce qui touche dans ce récit, c'est la discrétion avec laquelle elle décrit quelque chose de profondément douloureux : avoir grandi en apprenant à se cacher. Les mezouzah que l'on range, les vendredis soirs sans télévision, les signes d'une identité juive pratiquée dans l'ombre d'un regard social biaisé. On n'avait pas forcément l'habitude d'entendre réunis, dans une même chanson, le judaïsme et les origines tunisiennes, la France et le Maghreb — et pourtant c'est exactement ce croisement-là qui rend le propos si singulier. Elle ne réclame pas de la sympathie. Elle raconte, et c'est suffisant pour que ça résonne.
Refuser d'être un instrument
La chanson bascule ensuite vers quelque chose de plus frontal, presque rageur dans sa structure. Elle s'adresse à ceux qui jouent avec les identités comme avec des pions — médias, discours politiques, rhétoriques de la division. « Je suis pas ton excuse en or / Pour pouvoir tirer en mon nom » : la formule est limpide et dure à la fois. Elle ne veut pas qu'on se justifie de tuer des enfants en invoquant son héritage, quelle que soit la direction d'où « parle le canon ». Ce refus de choisir un camp n'est pas de la neutralité molle — c'est une position claire, celle de l'humain avant la loi, du vivant avant le récit qu'on veut lui imposer. La dernière image reste : « On sera bien plus beaux quand on s'aimera. » Pas naïf. Juste nécessaire.