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Paroles de la chanson Kilo par kilo par Lisa Pariente

Album : Effets Secondaires

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Paroles de la chanson Kilo par kilo par

Me parle pas il faut que je mange
Pantalon rentre pas faut que je me change
J'ai plus faim à deux doigts de vomir
Je suis pas bien mais je vais me resservir

Je serais prête à me mettre en feu
(Ah ah ah)
Juste pour pouvoir fondre un peu
(Ah ah ah)

Chaque jour la même résolution
Je tiens jusqu'à échouer ma mission
J'ose plus regarder ma balance
De toute façon elle me fait plus confiance

Je serais prête à me noyer
(Ah ah ah)
Pour plus sentir mon corps peser

Si vous saviez comme j'aimerais
Dire la vérité
Que moi je pleure devant mon reflet
Il me déteste et moi je le déteste
On peut pas s'ignorer
Pourquoi je fais tout pour l'abîmer
Et m'abîmer

Toujours en guerre contre ma peau
Je me détruis kilo par kilo
Je me mens en me disant comme une conne
Que cette fois c'est la bonne

Je me foutrais 6 pieds sous terre
Pour finir poussière
Pour plus sentir mon corps peser

Si vous saviez comme j'aimerais
Dire la vérité
Que moi je pleure devant mon reflet
Il me déteste et moi je le déteste
On peut pas s'ignorer
Pourquoi je fais tout pour l'abîmer
Et m'abîmer

Mange mange mange disent les voix dans ma tête
(Les voix dans ma tête)
(Les voix dans ma tête)
Donc j'les fais mange mange manger pour qu'elles s'arrêtent
(Pour qu'elles s'arrêtent)
(Pour qu'elles s'arrêtent)
Mange mange mange
(Mange mange mange)
Donc j'les fais mange mange mange
Pourquoi je fais tout pour l'abîmer

Que racontent les paroles de la chanson Kilo par kilo de Lisa Pariente ?

Quand la honte mange tout

Il y a des chansons qu'on écoute et qui donnent l'impression que quelqu'un a mis des mots sur quelque chose qu'on n'avait jamais osé formuler à voix haute. "Kilo par kilo" de Lisa Pariente est de celles-là. Pas de métaphore enveloppante, pas de pudeur esthétisante — juste la réalité d'un rapport au corps qui dévore tout, posée là, nue, presque inconfortable à entendre.

La scène s'ouvre sur quelque chose de très ordinaire : un pantalon qui ne rentre plus, une envie de manger qui coexiste avec la nausée, la résolution du matin qui s'effondre avant le soir. On reconnaît ce quotidien-là, cette petite guerre silencieuse que beaucoup mènent seuls. Mais très vite, Lisa Pariente fait monter la température. "Je serais prête à me mettre en feu / juste pour pouvoir fondre un peu" — la violence de l'image arrête net. Ce n'est plus de l'insatisfaction ordinaire, c'est quelque chose de plus profond, de plus douloureux, qui ronge.

Ce que le miroir renvoie

Le moment le plus fort du morceau arrive dans ce couplet confessionnel où la chanteuse brise quelque chose : "si vous saviez comme j'aimerais dire la vérité". C'est là que le masque tombe. Derrière la banalité apparente du régime raté et de la balance évitée, il y a une femme qui pleure devant son reflet, qui se déteste et qui sait que ce reflet le lui rend bien. Cette symétrie — "il me déteste et moi je le déteste" — dit tout de l'enfermement dans lequel on peut se retrouver quand l'image de soi devient un ennemi permanent.

Les voix qui ne s'arrêtent jamais

Là où la chanson devient vraiment glaçante, c'est dans sa conclusion. Les voix intérieures qui crient "mange mange mange" et auxquelles on finit par obéir non par plaisir, mais pour acheter quelques secondes de silence — c'est une description précise, presque clinique, de ce que vivent les personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire. Lisa Pariente ne cherche pas à expliquer ni à résoudre. Elle témoigne. Et cette honnêteté-là, dans un paysage musical souvent frileux face aux sujets qui font mal, a quelque chose de courageux et de profondément nécessaire.

Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

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