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Paroles de la chanson LA TIMIDITÉ DES ARBRES par La Maison Tellier

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Paroles de la chanson LA TIMIDITÉ DES ARBRES par

[Helmut Tellier]
Certains soirs
Où j'avais pris le temps qu'il fallait
Ma calèche m'emmenait
Au grand galop
Mes amies, des cadets, le printemps arrivait justement il faisait
Déjà bien chaud
Rendez vous près du frêne l'un de vous prendra les rênes
Après le chêne halleux
À l'orée de la lande, la pleine lune m'inonde
De sa lumière bleue

[Helmut Tellier]
Après bien des virages
Dépassant les marécages
Le bruyant équipage
Me dépose
On me tape dans le dos
On me flatte les chevaux
On me dit ces quatre mots
Cette fois tu oses
Colline des Deux Amants c'est là que normalement
Elle m'attend sous un charme
J'éprouve des sentiments, mais j'éprouve également
La timidité des arbres

[Helmut Tellier]
La timidité des arbres
Des arbres, des arbres
Timidité des arbres

[Karen Lano]
Me reviennent après coup
Son chapeau, ses yeux doux
Une branche de houx
En boutonnière
Souffle chaud dans le cou, regard devenu fou
Comme si j'avais vu le loup
En sa tanière
Il m'a dit juste un baiser
Je n'ai pu que refuser
Et dans un hurlement
Il a couru vite et bien se jeter dans le ravin
Des Deux Amants

[Helmut Tellier]
Elle n'a pas voulu de moi
Elle n'a pas voulu se promener dans les bois
Et sous les branches du saule
Sous les branches du saule
Pas de mains qui se frôlent
De mains qui se frôlent
Sous les branches du cèdre
Pas de mains de qui se serrent
Elle n'a pas voulu de moi

[Helmut Tellier]
La timidité des arbres
Des arbres, des arbres
Timidité des arbres
Timidité des arbres
Des arbres, des arbres
Timidité des arbres

Que racontent les paroles de la chanson LA TIMIDITÉ DES ARBRES de La Maison Tellier ?

La calèche part au galop

Il y a quelque chose d'un peu fou dans cette chanson : elle commence comme une chevauchée joyeuse, presque festive, des amis qui rient, le printemps qui arrive, la chaleur déjà là. La Maison Tellier installe une atmosphère de fête champêtre, légère, normande. On croit partir pour une aventure qui finira bien.

Mais très vite, on sent que ce trajet en calèche ressemble à un rite initiatique. Les amis déposent Helmut au pied de la Colline des Deux Amants — nom prédestiné, lourd de promesses — et lui glissent ces quatre mots : « cette fois tu oses ». Toute la tension du morceau est déjà là, dans cette petite phrase. Il y a eu d'autres fois. D'autres renoncements. Ce soir, il essaie vraiment.

Une collision de regards qui ne se trouvent pas

Ce qui rend la chanson bouleversante, c'est le moment où Karen Lano prend la parole. D'un coup, on bascule de l'autre côté. Elle aussi attendait, elle aussi a vu arriver cet homme — mais elle a vu quelqu'un dont le désir était si intense qu'il lui a fait peur, « comme si j'avais vu le loup en sa tanière ». Elle a refusé le baiser. Lui a hurlé et s'est jeté dans le ravin. Est-ce une mort ? Une fuite ? La chanson ne tranche pas, fidèle à la légende médiévale qui entoure ce lieu réel de Normandie.

La forêt qui ne parle pas

Après ce drame, Helmut revient seul à sa tristesse et l'exprime avec une image qui restera longtemps : la timidité des arbres. Les arbres ne bougent pas, n'avancent pas, ne touchent jamais ce qui est à côté d'eux. C'est une métaphore douce et cruelle à la fois. Sous le saule, sous le cèdre, les mains ne se serrent pas — et la répétition lancinante de ces vers finit par hypnotiser, comme si la forêt elle-même absorbait le chagrin. La Maison Tellier réussit quelque chose de rare : faire d'une timidité ordinaire une tragédie presque mythologique.

Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

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