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Paroles de la chanson Mesdames par Grand Corps Malade

Album : Mesdames

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Paroles de Quentin MOSIMANN, Fabien MARSAUD
Musique de Quentin MOSIMANN, Thierry LETEURTRE
© ANOUCHE PRODUCTIONS, QMP PUBLISHING - 2020

Paroles de la chanson Mesdames par

Veuillez accepter Mesdames ces quelques mots comme un hommage
A votre gente que j'admire qui crée en chaque homme un orage
Au cinéma ou dans la vie vous êtes les plus beaux personnages
Et sans le vouloir vous tenez nos cœurs et nos pensées en otage

Veuillez accepter Mesdames cette déclaration
Comme une tentative honnête de réparation
Face au profond machisme de nos coutumes de nos cultures
Dans le grand livre des humains place au chapitre de la rupture

Vous êtes infiniment plus subtiles, plus élégantes et plus classes
Que la gente masculine qui parle fort prend toute la place
Et si j'apprécie des deux yeux quand tu balances ton corps
J'applaudis aussi des deux mains quand tu balances ton porc

Derrière chaque homme important se cache une femme qui l'inspire
Derrière chaque grand être humain précède une mère qui respire
« La femme est l'avenir de l'homme » écrivait le poète
Et bien l'avenir s'est installé … et depuis belle lurette

Vous êtes nos muses, nos influences, notre motivation et nos vices
Vous êtes Simone Veil, Marie Curie, Rosa Parks, Angela Davis
Vous êtes nos mères, vous êtes nos sœurs
Vous êtes caissières, vous êtes docteurs
Vous êtes nos filles et puis nos femmes
Nous, on vacille pour votre flamme

Comment ne pas être en admiration et sans commune mesure
Pour celles qui portent et fabriquent pendant neuf mois notre futur
Pour celles qui cumulent plusieurs emplois et ce sans sourciller
Celui qu'elle joue dans la journée et le plus grand : mère au foyer

Veuillez accepter Mesdames cette réelle admiration
De votre force, votre courage et votre détermination
Veuillez accepter Mesdames mon aimable faiblesse
Face à votre fragilité, votre empathie et votre tendresse

Veuillez accepter Mesdames cette petite intro
Car l'avenir appartient à celles qu'on aime trop
Et pour ne pas être taxé de premier degré d'anthologie
Veuillez accepter Mesdames cette délicate démagogie

You are the only one, you are the only
You are the only one, the only
You are the only one, you are the only one
You are, yes you are

Vous êtes nos muses, nos influences, notre motivation et nos vices
Vous êtes Simone Veil, Marie Curie, Rosa Parks, Angela Davis
Vous êtes nos mères, vous êtes nos sœurs
Vous êtes caissières, vous êtes docteurs
Vous êtes nos filles et puis nos femmes
Nous, on vacille pour votre flamme

Que racontent les paroles de la chanson Mesdames de Grand Corps Malade ?

L'homme qui demande pardon

Il y a quelque chose de désarmant dans la façon dont Grand Corps Malade ouvre ce texte. Pas de fioriture, pas de mise en scène — juste ce "veuillez accepter Mesdames" répété comme une formule de politesse qui deviendrait, à force, une incantation. On est quelque part entre la lettre officielle et le poème d'amour, et c'est exactement là que le slameur aime opérer : dans cet entre-deux où le langage ordinaire se charge soudain d'émotion.

Dans la salle d'attente du monde

Au fil des strophes, "Mesdames" dessine un portrait en mouvement. Les femmes qu'il évoque ne sont pas figées dans une image idéale — elles travaillent, elles portent, elles cumulent. Il y a cette image forte des "neuf mois" pendant lesquels elles "fabriquent notre futur", puis aussitôt ce constat amer de celles qui jonglent entre plusieurs vies sans que personne ne s'en étonne vraiment. Grand Corps Malade ne surplombe pas son sujet, il le regarde de l'intérieur, avec la conscience un peu gênée de l'homme qui réalise ce qu'il doit.

Parce que c'est bien de ça qu'il s'agit : une dette. Le mot "réparation" apparaît tôt dans le texte, et il pèse. Ce n'est pas un hommage triomphal, c'est une reconnaissance tardive, formulée avec toute la maladresse sincère de quelqu'un qui sait qu'il ne peut pas tout rattraper par des mots mais qui essaie quand même. Et quand il glisse, presque en passant, "j'applaudis aussi des deux mains quand tu balances ton porc", le poème quitte soudain le registre poétique pour atterrir dans le présent immédiat — un clin d'œil au mouvement #MeToo qui ancre le texte dans son époque sans en faire un manifeste.

La flamme qui reste

Le refrain anglais — "you are the only one" — tranche avec le reste, plus doux, presque susurré, comme si après toutes ces déclarations solennelles il fallait revenir à quelque chose de plus intime. Et c'est peut-être là le vrai cœur du morceau : derrière la liste des icônes, derrière les grandes formules, il y a juste cet aveu simple — "nous, on vacille pour votre flamme". Grand Corps Malade ne résout rien, ne prétend pas tout comprendre. Il dit merci, et il le dit bien.

Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

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