Aller au contenu principal

Paroles de la chanson J'en ai pas encore fini par Grand Corps Malade

Voir les prochains concerts de Grand Corps Malade

Réserver

Paroles de la chanson J'en ai pas encore fini par

Je venais de poser mon stylo et de fermer les paupières
Je pensais éteindre mon cerveau en éteignant la lumière
Mais mon stylo et mon cerveau se sont vite réunis
Ils me conseillent de me relever car j'en ai pas encore fini
J'en ai pas encore fini avec le texte du jour
J'ai des rimes plein les joues qui valent peut-être le détour
Alors je me relève cette nuit, demain et après-demain
Avec l'expérience d'un daron et l'enthousiasme d'un gamin
J'en ai pas encore fini avec l'envie d'écrire
Car quand le monde va trop vite, y a que ça qui m'aide à ralentir
Quand mon cerveau constate, c'est mon stylo qui comprend
Qui sait prendre du recul, noircir la page en m'éclairant
Mes textes savent lire en moi, même dans les moments de brouillard
Et chaque phrase est une lampe-torche sur ce que je n'ose pas voir
J'écris pour compenser l'impuissance de voir ce qui brûle autour
Pour contrer nos silences face à ceux qui crient au secours
J'écris enfin et surtout pour partager nos chairs de poule
Pour que nos solitudes se reconnaissent au milieu de la foule
Que nos émotions fassent équipe, plein de sourires interactifs
Et que la scène devienne un grand battement de cœur collectif
J'en ai pas encore fini avec la nostalgie
La fiancée des bons souvenirs qu'on éclaire à la bougie
Face à tout ce bonheur passé, j'essaie de pas rester spectateur
Et je me bats comme un taré pour que l'avenir soit à la hauteur
J'en ai pas encore fini avec mes combats silencieux
Ceux qui se cachent derrière les sourires et les projets ambitieux
Ceux qui me répètent heure par heure que Grand Corps Malade
C'est pas juste un nom d'artiste mais des galères en cascade
Y'a des souffrances qu'on partage, et souvent je tends la main
Mais y'a des blessures égoïstes et des épreuves sans témoin
Alors je fais le dos rond, je m'endurcis, je me rassure
Et je serre tellement les dents que mes silences ont des morsures
Mais j'en ai pas encore fini avec ce putain d'optimisme
Il me colle à la peau même dans les moments les plus tristes
Mon optimisme est mal élevé, il ouvre tout le temps sa gueule
Dans chacun de mes albums, il veut être le premier single
Mon optimisme me rattrape, souvent là pour compenser
Il dévie les chemins tracés et les destins qu'on pensait
Quand je ne vois que les murs gris pendant les jours pluvieux
Mon optimisme m'interpelle et me dit « attends, regarde mieux »
Alors je vois des vies cachées, des œuvres d'art, des arcs en ciel
Derrière tout l'ordinaire, j'arrive à voir le potentiel
Ça fait tellement longtemps que j'ai choisi d'y croire
Que mes espoirs ont pris racine et font pousser des fleurs bizarres
J'en ai pas encore fini avec l'envie de dire merci
Ce mot qui paye pas de mine et qui crée des éclaircies
J'en offre avec franchise aux inconnus et aux proches
En merci je suis pas radin, j'en ai toujours plein les poches
Dire merci fait des miracles, la gratitude est un pouvoir
Si tu ne le savais pas, essaye un peu juste pour voir
Ça ouvre des portes et des sourires, pendant deux secondes ou six mois
Et quand tu le vérifieras, n'hésite pas, remercie-moi
J'en ai pas encore fini avec l'envie de faire des vannes
Dans les soirées, les enterrements, dans les joies et les drames
Ce petit diable sur mon épaule qui me souffle des conneries
Depuis longtemps je fais attention, je répète pas tout ce qu'il me dit
J'en ai pas fini avec l'amour et le privilège d'être amoureux
Pour donner du sens à la vie, c'est encore ce qu'on a trouvé de mieux
Alors j'aime sans compter, sans prévoir, à l'air libre
C'est le seul vertige qui m'aide à garder l'équilibre
J'en ai pas encore fini avec l'envie de comprendre
Avec l'envie d'apprendre, avec l'envie d'entreprendre
J'en ai pas encore fini avec l'envie tout court
Tant qu'elle frappe dans ma poitrine, je me dis c'est encore mon tour
L'envie de lancer des projets, c'est une envie qui répare
Et qui transforme tous les parcours de vie en ligne de départ
L'envie de prendre des risques, d'essayer comme un crève la faim
J'en ai pas encore fini, j'en aurai pas encore fini même à la fin

Que racontent les paroles de la chanson J'en ai pas encore fini de Grand Corps Malade ?

Minuit, le stylo, et l'insomnie créatrice

Il y a quelque chose de très beau dans l'image qui ouvre ce texte : un homme qui croit pouvoir s'arrêter, qui pose son stylo, qui éteint la lumière. Et puis, presque aussitôt, son propre cerveau le trahit — ou le sauve, selon comment on voit les choses. « Mon stylo et mon cerveau se sont vite réunis », dit-il, et c'est reparti. Grand Corps Malade n'écrit pas parce qu'il le décide. Il écrit parce qu'il ne peut pas faire autrement.

Cette chanson, c'est lui qui se raconte à voix haute, sans pudeur excessive mais sans exhibitionnisme non plus. Il avance par confessions successives, chacune introduite par le même refrain entêtant, et chacune dit quelque chose de différent sur qui il est vraiment. Il y a l'écrivain qui noircit la page pour ralentir un monde qui va trop vite. Il y a le nostalgique qui se bat « comme un taré pour que l'avenir soit à la hauteur » du bonheur passé. Il y a le blessé qui serre tellement les dents que « ses silences ont des morsures ».

Un optimisme qui refuse de se taire

Mais ce qui rend ce texte attachant plus que tout, c'est la séquence consacrée à l'optimisme. Grand Corps Malade ne le revendique pas fièrement — il l'endure presque. Cet optimisme qui lui colle à la peau, qui « ouvre tout le temps sa gueule », qui veut être le premier single de chaque album... c'est une façon très honnête de dire que voir le bon côté des choses n'est pas une posture choisie mais une disposition profonde, presque gênante par moments. Et pourtant, c'est lui qui, dans les jours pluvieux face aux murs gris, lui murmure « attends, regarde mieux ».

Derrière l'ordinaire, il arrive à voir le potentiel. Cette phrase pourrait sonner comme un slogan de développement personnel — mais dans sa bouche, portée par des années d'épreuves réelles (son accident, sa rééducation, tout ce que son nom d'artiste porte en lui), elle sonne autrement. Elle sonne vrai.

La dernière ligne laisse une impression durable. « J'en aurai pas encore fini même à la fin. » Ce n'est pas de la bravade. C'est juste quelqu'un qui a compris que l'envie, tant qu'elle frappe dans la poitrine, est une forme de vie en soi.

Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

Sélection du moment

Les plus grands succès de Grand Corps Malade