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Paroles de la chanson Adieu Mon Pays par Enrico Macias

Album : Enrico Macias A L'Olympia

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Auteur :
Enrico Macias
Compositeur :
Enrico Macias
Éditeur :
Emi Music Publishing France

Paroles de Enrico MACIAS
Musique de Enrico MACIAS
© EMI MUSIC PUBLISHING FRANCE - 1962

Paroles de la chanson Adieu Mon Pays par

J'ai quitté mon pays
J'ai quitté ma maison
Ma vie ma triste vie
Se traîne sans raison

J'ai quitté mon soleil
J'ai quitté ma mer bleue
Leurs souvenirs se réveillent
Bien après mon adieu

Soleil! soleil de mon pays perdu
Des villes blanches que j'aimais
Des filles que j'ai jadis connues

J'ai quitté une amie
Je vois encore ses yeux
Ses yeux mouillés de pluie
De la pluie de l'adieu

Je revois son sourire
Si près de mon visage
Il faisait resplendir
Les soirs de mon village

Mais, du bord du bateau
Qui m'éloignait du quai
Une chaîne dans l'eau
A claqué comme un fouet

J'ai longtemps regardé
Ses yeux bleus qui fuyaient
La mer les a noyés
Dans le flot du regret

Que racontent les paroles de la chanson Adieu Mon Pays de Enrico Macias ?

Le quai, le bateau, et tout ce qu'on laisse derrière

Il y a des chansons qui ressemblent à des photographies froissées, celles qu'on garde dans une poche intérieure depuis des décennies. « Adieu Mon Pays » d'Enrico Macias est de celles-là. Dès les premières mesures, on sent que ce n'est pas une chanson ordinaire sur la nostalgie. C'est quelque chose de plus lourd, de plus vrai.

Tout commence par une liste, presque murmurée. Le pays, la maison, le soleil, la mer bleue. Macias les égrène un à un, lentement, comme on vide une valise à l'envers. Et derrière chaque mot, on devine une vie entière qui s'effondre silencieusement. « Ma vie ma triste vie / Se traîne sans raison » — deux vers qui disent tout sur ce que l'exil fait à un homme : il lui retire le sens, le fil conducteur, la raison de se lever.

Une silhouette sur le quai

Puis surgit une femme. Ses yeux mouillés, son sourire qui illuminait les soirs du village. On ne sait pas exactement qui elle est — une amoureuse, une amie d'enfance, une voisine — et c'est peut-être l'intention. Elle pourrait être n'importe qui. Elle pourrait être tout le monde. Elle est le visage humain d'un pays qu'on quitte.

Le moment le plus fort de la chanson arrive sans prévenir, dans l'image du bateau qui s'éloigne du quai : « une chaîne dans l'eau / a claqué comme un fouet ». Ce claquement, on l'entend presque. C'est le son exact de la séparation, brutal et mécanique, indifférent à la douleur de ceux qu'il concerne.

La mer comme dernier rideau

Alors Macias regarde. Longuement. Les yeux bleus de l'amie qui « fuyaient », que la mer finit par noyer « dans le flot du regret ». La mer, ici, n'est pas romantique. Elle efface. Elle sépare. Elle est la frontière liquide entre un avant et un après.

« Adieu Mon Pays » est née du déchirement réel de l'exil des pieds-noirs d'Algérie en 1962. Mais elle a traversé les décennies parce qu'elle parle à quiconque a un jour regardé disparaître quelque chose d'irremplaçable à l'horizon.

Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

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