Paroles de la chanson You Gotta Tell Her par
How can I tell her, that I don't love her anymore?
It's not so easy to say it, "Tell her today", they say
How can I love her when there's another on my door?
As a matter of fact, it's not as easy as that
How can I break it to her, that I'm no use to her?
I know she'd cry when I left, rather die than see her cry
So you've gotta tell her, you've gotta tell her
You've gotta tell her, yes indeed
I'd rather not see her cry
It's not so easy to say it, "Tell her today", they say
How can I love her when there's another on my door?
As a matter of fact, it's not as easy as that
How can I break it to her, that I'm no use to her?
I know she'd cry when I left, rather die than see her cry
So you've gotta tell her, you've gotta tell her
You've gotta tell her, yes indeed
I'd rather not see her cry
Tell her somebody has tried for my love
How can I tell her, that I don't love her anymore?
It's not so easy to say, ooh, I can't tell her today, yeah
Try to be easy on her, tell her she pleased me a long time ago
I loved her for that, yeah, I'd give her everything for that
How I wish I didn't have to do this to her
It's gonna hurt me, but I've got me a brand new love
So you've gotta tell her, you've gotta tell her
You've gotta tell her, yes indeed
I'd rather not see her cry
How can I tell her, that I don't love her anymore?
It's not so easy to say, ooh, I can't tell her today, yeah
Try to be easy on her, tell her she pleased me a long time ago
I loved her for that, yeah, I'd give her everything for that
How I wish I didn't have to do this to her
It's gonna hurt me, but I've got me a brand new love
So you've gotta tell her, you've gotta tell her
You've gotta tell her, yes indeed
I'd rather not see her cry
Tell her somebody has tried for my love
Que racontent les paroles de la chanson You Gotta Tell Her de David Bowie ?
Quand les mots restent coincés dans la gorge
Il y a des ruptures qu'on n'arrive pas à prononcer. Pas par cruauté, pas par lâcheté pure — plutôt parce que dire les choses les rend réelles, et que cette réalité-là fait mal à tout le monde. C'est exactement là que David Bowie plante son personnage dans cette chanson discrète, quelque part aux confins de sa discographie.
Dès le premier vers, le ton est donné : "How can I tell her that I don't love her anymore ?" ("Comment puis-je lui dire que je ne l'aime plus ?"). La question n'est pas rhétorique — elle est viscérale. On sent un homme qui tourne en rond dans sa propre tête, qui sait ce qu'il doit faire mais ne trouve pas la porte de sortie. Et pendant qu'il tourne, il y a "another on my door" ("quelqu'un d'autre à sa porte") — une nouvelle histoire qui attend, impatiente, pendant que l'ancienne n'est pas encore enterrée.
L'art de se défausser sur l'autre
Ce qui rend ce texte particulièrement juste, c'est le glissement qui s'opère au moment du refrain. Le narrateur cesse de se débattre seul et se tourne vers un ami imaginaire — ou peut-être vers le spectateur lui-même — pour lui confier la mission qu'il ne peut pas accomplir. "You gotta tell her" devient une litanie, presque une supplique. Ce n'est pas tant de la couardise que de l'épuisement émotionnel : il ne supporte pas l'idée de ses larmes à elle, "rather die than see her cry", préférerait disparaître plutôt que d'être celui qui brise quelque chose.
Un adieu tendre et maladroit
Le deuxième couplet apporte une nuance poignante. Le narrateur ne renie pas ce qui a existé — "she pleased me a long time ago", dit-il, avec cette formulation gauche et touchante qui sonne comme un hommage maladroit. Il y avait eu quelque chose de vrai. Et c'est peut-être ça, le vrai drame de la chanson : non pas la trahison, mais l'usure tranquille d'un sentiment qui s'est éteint sans crier gare.
Bowie jeune, avant les masques et les alter ego, livre ici une humanité brute. Une chanson sur l'impossibilité de bien faire quand on a déjà, intérieurement, dit au revoir.
Il y a des ruptures qu'on n'arrive pas à prononcer. Pas par cruauté, pas par lâcheté pure — plutôt parce que dire les choses les rend réelles, et que cette réalité-là fait mal à tout le monde. C'est exactement là que David Bowie plante son personnage dans cette chanson discrète, quelque part aux confins de sa discographie.
Dès le premier vers, le ton est donné : "How can I tell her that I don't love her anymore ?" ("Comment puis-je lui dire que je ne l'aime plus ?"). La question n'est pas rhétorique — elle est viscérale. On sent un homme qui tourne en rond dans sa propre tête, qui sait ce qu'il doit faire mais ne trouve pas la porte de sortie. Et pendant qu'il tourne, il y a "another on my door" ("quelqu'un d'autre à sa porte") — une nouvelle histoire qui attend, impatiente, pendant que l'ancienne n'est pas encore enterrée.
L'art de se défausser sur l'autre
Ce qui rend ce texte particulièrement juste, c'est le glissement qui s'opère au moment du refrain. Le narrateur cesse de se débattre seul et se tourne vers un ami imaginaire — ou peut-être vers le spectateur lui-même — pour lui confier la mission qu'il ne peut pas accomplir. "You gotta tell her" devient une litanie, presque une supplique. Ce n'est pas tant de la couardise que de l'épuisement émotionnel : il ne supporte pas l'idée de ses larmes à elle, "rather die than see her cry", préférerait disparaître plutôt que d'être celui qui brise quelque chose.
Un adieu tendre et maladroit
Le deuxième couplet apporte une nuance poignante. Le narrateur ne renie pas ce qui a existé — "she pleased me a long time ago", dit-il, avec cette formulation gauche et touchante qui sonne comme un hommage maladroit. Il y avait eu quelque chose de vrai. Et c'est peut-être ça, le vrai drame de la chanson : non pas la trahison, mais l'usure tranquille d'un sentiment qui s'est éteint sans crier gare.
Bowie jeune, avant les masques et les alter ego, livre ici une humanité brute. Une chanson sur l'impossibilité de bien faire quand on a déjà, intérieurement, dit au revoir.