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Paroles de la chanson Mentir au psy par

[BEN plg]
J'forçais les serrures des portes du dernier étage
Tout ça pour tuer des tableaux au Weleda
Parfois, y a que la fougue qui fait sauter les cages
Parfois, y a que le temps pour enlever les taches
Donc on a passé toute l'année avec un "nique la police" et une bite au tableau
C'était Alexandre, Karim et moi, mais on a dit : "C'est Pablo"
Un mec, son père, il est prof, allez, tiens, c'est cadeau
Les princesses, les crapauds, les rivières, les châteaux
On a eu l'canal de Roubaix, les caddies, les McDo', les anciens, les cathos, faut pas les déranger
Mamie m'a dit : "Si j'pars en couilles, faudra me débrancher"
Et j'porte fièrement ma ville comme si c'était une médaille
J'viens d'où on bédave à treize ans comme si c'était une étape
Ma première meuf est douce comme si c'était un pétale
J'suis timide, j'la touche tout doucement comme si c'était du C4
Ibis budget, la première fois comme si c'est White Lotus
Nos repas plein de conservateurs, donc on est grave robustes
La fiche de paie, c'est pas un jeu, y a pas d'bonus
Trop anti-flic pour se balader dans une Ford Focus

[BEN plg]
J'dis pas : "La vie, c'est simple", faut pas mentir aux p'tits
Le mec en face de toi veut s'en sortir aussi
Parfois, ça sert à rien, c'est comme mentir au psy
Mais j'le fais, enfin, bref

[Orelsan & BEN plg]
Et toi, y a quoi qui s'passe dans ta tête ?
Quand tu regardes en arrière
Il y a comme un trou dans la veste
Moi, j'ai des trous dans la mémoire
Un cœur en mousse et en kevlar
Et j'sais pas d'où ça vient, comme pour le sang dans la baignoire

[Orelsan]
J'veux grandir et j'm'arrose, sous whisky, sous matos
J'pars dans des mégas tunnels comme Luigi et Mario
Les biwizzs, les saltos, j'atterris sur l'capot
J'passe l'année sur des béquilles, j's'rai pas basketteur pro
C'est pas que les ligaments, y a eu la flemme, la tise avant
J'supporte pas l'autorité, ça peut v'nir que des parents
J'prends des grands coups d'pied au cul pour me dire que j'ai d'la chance
Une rayure sur la voiture, ça peut niquer les vacances
Le camping, c'est la France, la voisine, cette balance
La vieille aime pas les drogués, sauf qu'elle vit sous calmants
Pas d'protects' quand je skate, j'me déchire sur la rampe
Tu vois l'entretien d'embauche, on dirait qu'j'fais un prank
Pas du genre à chercher loin, j'aime la fille des voisins
Mes potes me disent qu'elle est moche, donc j'lui dis qu'c'est la fin
D'vant la team, j'fais le malin, au fond d'moi, j'vais pas bien
J'aime pas fumer, mais j'le fais, j'suis une victime à c'point
Et c'est chiant comme la pluie, chiant comme là d'où j'viens
On dirait qu'j'suis puni, j'suis toujours dans l'même coin
Déprimer sert à rien, comme mentir au médecin
Pourtant, quand il me demande si ça va, j'lui réponds : "J'vais bien"

[Orelsan]
J'dis pas : "La vie, c'est simple", faut pas mentir aux p'tits
Le mec en face de toi veut s'en sortir aussi
Parfois, ça sert à rien, c'est comme mentir au psy
Mais j'le fais, enfin, bref

[Orelsan & BEN plg]
Et toi, y a quoi qui s'passe dans ta tête ?
Quand tu regardes en arrière
Il y a comme un trou dans la veste
Moi, j'ai des trous dans la mémoire
Un cœur en mousse et en kevlar
Et j'sais pas d'où ça vient, comme pour le sang dans la baignoire
Et toi, y a quoi qui s'passe dans ta tête ?
Quand tu regardes en arrière
Il y a comme un trou dans la veste
Moi, j'ai des trous dans la mémoire
Un cœur en mousse et en kevlar
Et j'sais pas d'où ça vient, comme pour le sang dans la baignoire

Que racontent les paroles de la chanson Mentir au psy de BEN plg ?

Quand on rentre chez soi sans vraiment rentrer

La chanson commence par une image presque poétique — "j'forçais les serrures des portes du dernier étage" — et on ne sait pas trop si c'est une métaphore ou un souvenir réel. Avec BEN plg, les deux se confondent souvent. Le rappeur lillois embarque l'auditeur dans une espèce de road-trip mémoriel, à bord d'une voiture imaginaire qui longe le canal de Roubaix, s'arrête aux McDos du coin, salue les anciens du quartier et les cathos qu'il ne faut pas déranger. C'est familier, c'est vivant, c'est chargé de cette affection un peu rude qu'on a pour les endroits qui vous ont fabriqué.

Mais derrière les anecdotes, il y a quelque chose qui gratte

Orelsan arrive avec ses propres fantômes. Les ligaments foutus, la flemme chronique, l'entretien d'embauche raté comme un prank involontaire. Il y a dans son couplet cette sensation d'être à côté de sa propre vie, de subir plus que de choisir — "j'aime pas fumer, mais j'le fais, j'suis une victime à ce point." On rit, et en même temps on reconnaît quelque chose. Cette façon de se regarder faire sans trop comprendre pourquoi. Devant les potes on fait le malin. Au fond, ça va moins bien qu'annoncé.

Le pont comme chambre secrète

C'est dans le refrain chanté à deux que la chanson lâche vraiment son armure. "Un cœur en mousse et en kevlar" — l'image est parfaite parce qu'elle dit deux choses à la fois : mou et blindé, vulnérable et protégé jusqu'à l'absurde. Les trous dans la mémoire, le sang dans la baignoire dont on ignore l'origine — tout ça flotte sans explication, comme des symptômes sans diagnostic. Et c'est exactement ça, mentir au psy : pas forcément inventer, mais ne pas aller chercher. Raconter l'anecdote plutôt que la douleur. Finir par "enfin, bref" et changer de sujet. BEN plg et Orelsan ont fait une chanson sur l'esquive en la pratiquant eux-mêmes — et c'est pour ça qu'elle touche juste.

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