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Paroles de la chanson Peu importe par

Peu importe
Si le chien des voisins
A pissé dans mon jardin
Wow ho ho ho

Peu importe
Si j'mets trop fort la musique
Que toi t'appelles les flics
Wow ho ho ho

Pas ma faute
Si tu prends tout de travers
Si on s'tape sur les nerfs
C'est qu'on a l'cœur en colère

Peu importe
Si t'envies la vie des autres
Les autres envient la tienne
Wow po po pow

Peu importe
Les choix, les avis des autres
Toutes les vies valent la peine
Wow po po pow

Peu importe
Si l'monde marche à l'envers
Qu'les hommes aient le cœur à la guerre
Qu'y ait la guerre à nos portes
Pourquoi viser si loin
Quand poussent dans nos jardins
Des fleurs qu'on n'a pas vues
Dis-moi
Qu'est-ce que les autres ont de plus ?

Peu importe
Si t'envies la vie des autres
Les autres envient la tienne
Wow po po pow

Peu importe
Les choix, les avis des autres
Toutes les vies valent la peine
Wow po po pow

Et si ma voix porte
J'suis comme le chien des voisins
Qui aboie, comme ça, pour rien
Wow po po pow

Pas ma faute
Si, comme lui, j'aimerais bien
Qu'l'amour gagne du terrain
Wow po po pow

Qu'l'amour gagne du terrain
Enfin... j'dis ça, j'dis rien
Peu importe...

Que racontent les paroles de la chanson Peu importe de Zazie ?

Le jardin comme début du monde

Ça commence avec un chien et une histoire de pipi dans le jardin. Pas franchement le point de départ le plus héroïque pour une chanson, et c'est exactement là tout le génie discret de Zazie. Elle sait que les grandes vérités arrivent toujours déguisées en petits agacements.

On entre dans "Peu importe" par la petite porte — les bruits de voisinage, la musique trop forte, les flics qu'on appelle pour pas grand chose. L'atmosphère est légère, presque espiègle, portée par ces refrains onomatopéiques qui ressemblent à une façon de souffler, d'évacuer. Comme si chanter "wow ho ho ho" suffisait à relativiser les frictions du quotidien. Et peut-être que oui, un peu.

Quand l'envie ronge en silence

Mais Zazie ne s'arrête pas aux querelles de palier. Elle glisse vers quelque chose de plus intime, ce regard oblique qu'on pose sur la vie des autres en imaginant qu'elle est meilleure que la nôtre. Le texte retourne cette conviction avec une douceur presque tendre : ceux qu'on envie nous envient en retour. On tourne tous autour du même vide, fascinés par des existences qui nous semblent plus pleines que la nôtre.

Et puis d'un coup, le ton change. La guerre arrive dans la chanson — pas métaphoriquement, vraiment. "Les hommes ont le cœur à la guerre", elle est "à nos portes". L'espace d'un instant, la légèreté se suspend. Et la question qui suit a quelque chose de bouleversant dans sa simplicité : pourquoi chercher si loin quand des fleurs poussent dans nos jardins sans qu'on daigne les voir ? Le jardin du début, celui que le chien a souillé, devient soudain le symbole de tout ce qu'on néglige par distraction ou par avidité.

Une voix qui doute d'elle-même

Ce qui rend la fin si attachante, c'est que Zazie ne se pose pas en donneuse de leçons. Elle se retourne contre sa propre chanson. Sa voix qui porte ? Elle n'est peut-être que celle d'un chien qui aboie dans le vide. Elle voudrait que l'amour gagne du terrain, oui, mais elle ajoute aussitôt "j'dis ça, j'dis rien". Cette façon de se défaire de sa propre parole au dernier moment, de terminer sur "peu importe" avec une sorte de sourire résigné, c'est ce qui fait que la chanson reste. Pas malgré le doute, mais grâce à lui.

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