Paroles de la chanson I Get Along Without You Very Well par
I get along without you very well
Of course I do
Except when soft rains fall
And drip from leaves that I recall
The thrill of being sheltered in your arms
Of course I do
But I get along without you very well
I've forgotten you just like I should
Of course I have
Except to hear your name
Or someone's laugh that is the same
But I've forgotten you just like I should
What a guy
What a fool am I
Of course I do
Except when soft rains fall
And drip from leaves that I recall
The thrill of being sheltered in your arms
Of course I do
But I get along without you very well
I've forgotten you just like I should
Of course I have
Except to hear your name
Or someone's laugh that is the same
But I've forgotten you just like I should
What a guy
What a fool am I
To think my breaking heart could kid the moon
What's in store?
Should I phone once more?
No, it's best that I stick to my tune
I get along without you very well
Of course I do
Except perhaps in spring
But I should never think of spring
For that would surely break my heart in two
What's in store?
Should I phone once more?
No, it's best that I stick to my tune
I get along without you very well
Of course I do
Except perhaps in spring
But I should never think of spring
For that would surely break my heart in two
Que racontent les paroles de la chanson I Get Along Without You Very Well de Thomas Dutronc ?
Quand on fait semblant de ne pas souffrir
Il y a des chansons qui mentent magnifiquement. Celle-là en fait son art, son moteur, presque sa raison d'être. Thomas Dutronc la chante avec cette retenue qu'on lui connaît, cette façon de laisser la mélodie porter ce que les mots s'obstinent à nier — et c'est précisément là que tout se joue.
Dès la première ligne, le ton est donné : "I get along without you very well" — je m'en sors très bien sans toi. La voix est posée, presque sereine. On voudrait la croire. Mais la suite arrive aussitôt, douce et implacable : "Except when soft rains fall" — sauf quand tombe la pluie fine, sauf quand les feuilles dégoulinent et que le souvenir d'être dans tes bras remonte comme une marée. L'exception dévore l'affirmation. Et ça recommence, encore et encore, avec la même structure têtue — je t'ai oublié, bien sûr, sauf que non.
Se convaincre, échouer, recommencer
Ce qui rend l'interprétation de Dutronc si juste, c'est qu'il ne surjoue rien. Il laisse le texte faire son travail. Et ce travail est redoutablement précis : chaque "of course I do" (bien sûr que oui) sonne un peu plus creux que le précédent, un peu plus désespéré dans sa tentative de convaincre — l'autre, ou peut-être surtout soi-même.
Le pont brise brièvement cette façade. "What a fool am I" — quel idiot je fais — glisse une seconde de vérité nue dans le tissu du déni. La question "Should I phone once more ?" (rappeler encore une fois ?) suspend le temps une fraction de seconde, avant que la raison ne l'emporte, du moins en apparence.
Le piège du printemps
La dernière strophe est celle qui reste. Le printemps — cette saison que tout le monde attend — devient ici quelque chose à fuir. "I should never think of spring", chante-t-il, parce que penser au printemps briserait tout. On comprend alors que l'amour n'est pas mort, qu'il survit précisément là où on tente de ne pas regarder. Thomas Dutronc, en héritier discret du jazz et de la chanson à texte, offre à ce standard vieux de plus de quatre-vingts ans une nouvelle vie — celle d'un aveu que personne ne veut encore tout à fait formuler.
Il y a des chansons qui mentent magnifiquement. Celle-là en fait son art, son moteur, presque sa raison d'être. Thomas Dutronc la chante avec cette retenue qu'on lui connaît, cette façon de laisser la mélodie porter ce que les mots s'obstinent à nier — et c'est précisément là que tout se joue.
Dès la première ligne, le ton est donné : "I get along without you very well" — je m'en sors très bien sans toi. La voix est posée, presque sereine. On voudrait la croire. Mais la suite arrive aussitôt, douce et implacable : "Except when soft rains fall" — sauf quand tombe la pluie fine, sauf quand les feuilles dégoulinent et que le souvenir d'être dans tes bras remonte comme une marée. L'exception dévore l'affirmation. Et ça recommence, encore et encore, avec la même structure têtue — je t'ai oublié, bien sûr, sauf que non.
Se convaincre, échouer, recommencer
Ce qui rend l'interprétation de Dutronc si juste, c'est qu'il ne surjoue rien. Il laisse le texte faire son travail. Et ce travail est redoutablement précis : chaque "of course I do" (bien sûr que oui) sonne un peu plus creux que le précédent, un peu plus désespéré dans sa tentative de convaincre — l'autre, ou peut-être surtout soi-même.
Le pont brise brièvement cette façade. "What a fool am I" — quel idiot je fais — glisse une seconde de vérité nue dans le tissu du déni. La question "Should I phone once more ?" (rappeler encore une fois ?) suspend le temps une fraction de seconde, avant que la raison ne l'emporte, du moins en apparence.
Le piège du printemps
La dernière strophe est celle qui reste. Le printemps — cette saison que tout le monde attend — devient ici quelque chose à fuir. "I should never think of spring", chante-t-il, parce que penser au printemps briserait tout. On comprend alors que l'amour n'est pas mort, qu'il survit précisément là où on tente de ne pas regarder. Thomas Dutronc, en héritier discret du jazz et de la chanson à texte, offre à ce standard vieux de plus de quatre-vingts ans une nouvelle vie — celle d'un aveu que personne ne veut encore tout à fait formuler.