Paroles de la chanson Home (traduction) par Sara Bareilles
[Intro]
J'ai un jour de plus que mon père en avait, que ce qu'il a jamais eu le temps d'avoir
J'avais 10 ans quand j'ai grandi, parce qu'il est mort à 53 ans
J'ai regardé de l'autre côté du grand fossé, ma mère qui était restée seule
La table du dîner s'étendait comme un océan, comme le vide dans nos poitrines
Je n'ai jamais posé les questions difficiles, je pensais qu'elles causeraient plus de douleur
Je n'avais pas encore appris la leçon la plus sacrée de la vie :
« Ce qui est brisé ne peut guérir
Que lorsqu'on le connaît et l'aime par son nom »
J'ai un jour de plus que mon père en avait, que ce qu'il a jamais eu le temps d'avoir
J'avais 10 ans quand j'ai grandi, parce qu'il est mort à 53 ans
J'ai regardé de l'autre côté du grand fossé, ma mère qui était restée seule
La table du dîner s'étendait comme un océan, comme le vide dans nos poitrines
Je n'ai jamais posé les questions difficiles, je pensais qu'elles causeraient plus de douleur
Je n'avais pas encore appris la leçon la plus sacrée de la vie :
« Ce qui est brisé ne peut guérir
Que lorsqu'on le connaît et l'aime par son nom »
[Refrain]
Alors raconte-moi ton histoire, je te raconterai la mienne
Tu n'as pas à t'inquiéter, tout va déjà bien
Tu seras l'univers, rien à cacher
Où que tu aies jamais besoin d'aller, je peux nous ramener à la maison
[Couplet 2]
On m'a appris à enterrer avec les morts la présence de mon deuil
Je le vois maintenant, mais pas à l'époque, que le silence est un voleur
Il a fait des étrangers de mes amis
M'a ébranlée, des grâces salvatrices offertes dans des endroits improbables
Je pensais pouvoir lui échapper en fin de compte
Quand un cœur brisé est désespéré, le seul répit est de laisser quelqu'un entrer
[Refrain]
Raconte-moi ton histoire, je te raconterai la mienne
Tu n'as pas à t'inquiéter, tout va déjà bien
Tu seras l'univers, rien à cacher
Où que tu aies jamais besoin d'aller, je peux nous ramener à la maison
Je peux nous ramener à la maison, je peux nous ramener à la maison
[Outro]
Quand je prononce son nom, ma voix se brise
Même après toutes ces années
Mais je veux que mon fils me connaisse maintenant
Alors mon fils verra mes larmes
[Refrain]
Raconte-moi ton histoire, je te raconterai la mienne
Tu n'as pas à t'inquiéter, tout va déjà bien
Tu seras l'univers, rien à cacher
Où que tu aies jamais besoin d'aller, je peux nous ramener à la maison
Je peux nous ramener à la maison, je peux nous ramener à la maison
[Outro]
Quand je prononce son nom, ma voix se brise
Même après toutes ces années
Mais je veux que mon fils me connaisse maintenant
Alors mon fils verra mes larmes
Mon fils verra mes larmes
Que racontent les paroles de la chanson Home (traduction) de Sara Bareilles ?
Le jour de trop
Il y a des chansons qui commencent et on sent immédiatement qu'on ne sera plus tout à fait le même à la fin. "Home" de Sara Bareilles est de celles-là. Dès le premier vers, quelque chose se fissure : elle vient d'atteindre l'âge que son père n'a jamais dépassé. Un jour de plus que lui. Une frontière invisible franchie, et avec elle, toute une vie de questions enfouies qui remontent.
Son père est mort quand elle avait dix ans. À cet âge-là, on ne choisit pas comment on deuille — on fait ce que les adultes font autour de soi. Et autour d'elle, on s'est tu. On a enterré la douleur avec le mort, comme si la nommer aurait pu aggraver quelque chose. Elle raconte cette table de dîner devenue un gouffre entre elle et sa mère, deux silhouettes de chaque côté d'un espace que personne n'osait traverser. On reconnaît ça. Ce moment où la peine est tellement grande qu'elle prend la place de tout, y compris des mots.
Quand la voix se dérobe encore
Le génie de Bareilles ici, c'est qu'elle ne raconte pas juste le passé — elle raconte le chemin parcouru et celui qu'il reste à faire. Il y a cette phrase qu'elle offre comme une révélation tardive, presque douce-amère : ce qui est brisé ne guérit que si on lui donne un nom et qu'on l'aime sous ce nom. Elle n'a pas appris ça à dix ans. Elle l'apprend maintenant, à l'âge de son père mort.
Et puis il y a son fils. C'est là que la chanson prend une autre dimension. Elle veut que son enfant la connaisse vraiment — pas la version lisse, celle qui tient debout. Alors elle prononce le nom de son père. Et sa voix lâche encore, « même après toutes ces années ». Mais elle le fait quand même. Devant son fils. Parce que les larmes d'une mère peuvent être un cadeau, la preuve qu'on a le droit de ressentir, de perdre, d'être traversé par quelque chose de grand sans en mourir.
Le refrain — "I can carry us home" — n'est pas une promesse héroïque. C'est une main tendue. Un espace créé pour que l'autre puisse enfin poser son histoire sans avoir peur qu'elle soit trop lourde.
Il y a des chansons qui commencent et on sent immédiatement qu'on ne sera plus tout à fait le même à la fin. "Home" de Sara Bareilles est de celles-là. Dès le premier vers, quelque chose se fissure : elle vient d'atteindre l'âge que son père n'a jamais dépassé. Un jour de plus que lui. Une frontière invisible franchie, et avec elle, toute une vie de questions enfouies qui remontent.
Son père est mort quand elle avait dix ans. À cet âge-là, on ne choisit pas comment on deuille — on fait ce que les adultes font autour de soi. Et autour d'elle, on s'est tu. On a enterré la douleur avec le mort, comme si la nommer aurait pu aggraver quelque chose. Elle raconte cette table de dîner devenue un gouffre entre elle et sa mère, deux silhouettes de chaque côté d'un espace que personne n'osait traverser. On reconnaît ça. Ce moment où la peine est tellement grande qu'elle prend la place de tout, y compris des mots.
Quand la voix se dérobe encore
Le génie de Bareilles ici, c'est qu'elle ne raconte pas juste le passé — elle raconte le chemin parcouru et celui qu'il reste à faire. Il y a cette phrase qu'elle offre comme une révélation tardive, presque douce-amère : ce qui est brisé ne guérit que si on lui donne un nom et qu'on l'aime sous ce nom. Elle n'a pas appris ça à dix ans. Elle l'apprend maintenant, à l'âge de son père mort.
Et puis il y a son fils. C'est là que la chanson prend une autre dimension. Elle veut que son enfant la connaisse vraiment — pas la version lisse, celle qui tient debout. Alors elle prononce le nom de son père. Et sa voix lâche encore, « même après toutes ces années ». Mais elle le fait quand même. Devant son fils. Parce que les larmes d'une mère peuvent être un cadeau, la preuve qu'on a le droit de ressentir, de perdre, d'être traversé par quelque chose de grand sans en mourir.
Le refrain — "I can carry us home" — n'est pas une promesse héroïque. C'est une main tendue. Un espace créé pour que l'autre puisse enfin poser son histoire sans avoir peur qu'elle soit trop lourde.