Paroles de la chanson Creep par
When you were here before
Couldn't look you in the eye
You're just like an angel
Your skin makes me cry
You float like a feather
In a beautiful world
I wish I was special
You're so fuckin' special
But I'm a creep, I'm a weirdo
What the hell am I doing here?
I don't belong here
I don't care if it hurts
I wanna have control
I want a perfect body
Couldn't look you in the eye
You're just like an angel
Your skin makes me cry
You float like a feather
In a beautiful world
I wish I was special
You're so fuckin' special
But I'm a creep, I'm a weirdo
What the hell am I doing here?
I don't belong here
I don't care if it hurts
I wanna have control
I want a perfect body
I want a perfect soul
I want you to notice
When I'm not around
You're so fuckin' special
I wish I was special
But I'm a creep, I'm a weirdo
What the hell am I doing here?
I don't belong here
Oh-oh, oh-oh
She's running out the door
She's running
She run, run, run, run
Run
Whatever makes you happy
Whatever you want
I want you to notice
When I'm not around
You're so fuckin' special
I wish I was special
But I'm a creep, I'm a weirdo
What the hell am I doing here?
I don't belong here
Oh-oh, oh-oh
She's running out the door
She's running
She run, run, run, run
Run
Whatever makes you happy
Whatever you want
You're so fuckin' special
I wish I was special
But I'm a creep, I'm a weirdo
What the hell am I doing here?
I don't belong here
I don't belong here
I wish I was special
But I'm a creep, I'm a weirdo
What the hell am I doing here?
I don't belong here
I don't belong here
Que racontent les paroles de la chanson Creep de Radiohead ?
Un ange dans une pièce où l'on n'aurait pas dû entrer
Il y a des chansons qui semblent avoir été écrites dans un état second, dans ce moment précis où la honte et le désir se mélangent jusqu'à devenir indiscernables. "Creep" est de celles-là. Dès les premières mesures — cette guitare qui rôde, douce puis soudainement lacérée — on comprend qu'on va assister à quelque chose d'inconfortable. Pas de la douleur mise en scène, non. Quelque chose de plus petit, de plus réel : l'humiliation tranquille d'être là où on n'a pas sa place.
La beauté qui écrase
Le narrateur observe. Il ne peut pas regarder cette femme dans les yeux — "couldn't look you in the eye" — comme si son éclat était une forme de violence involontaire. Elle flotte, elle est spéciale, elle appartient à un monde lumineux. Lui, il rampe. Le mot "creep" dit tout : ni monstre ni victime, juste quelqu'un qui se glisse dans les marges, qui prend trop peu de place ou peut-être trop, on ne sait pas. Thom Yorke chante ça avec une voix qui bascule entre le murmure et le cri, et ce passage à la limite — ce "fuckin'" lâché comme un souffle brisé — c'est le cœur battant de la chanson.
Courir vers nulle part
Au fil du texte, quelque chose se délite. Le désir se fait plus désespéré, presque maniaque — un corps parfait, une âme parfaite, être remarqué même absent. Et puis elle part. "She's running out the door" : quatre mots répétés comme si la réalité avait du mal à s'imprimer. Il ne la retient pas. Il lui souhaite d'être heureuse, "whatever makes you happy", avec cette générosité qui ressemble davantage à une reddition.
"Creep" ne guérit rien. Elle ne propose aucune sortie de secours. Elle reste là, dans cet espace étroit entre l'admiration et la honte de soi, et elle dit : oui, ça existe, ce sentiment-là. Et quelque part, être nommé suffit à se sentir un peu moins seul dans la pièce.
Il y a des chansons qui semblent avoir été écrites dans un état second, dans ce moment précis où la honte et le désir se mélangent jusqu'à devenir indiscernables. "Creep" est de celles-là. Dès les premières mesures — cette guitare qui rôde, douce puis soudainement lacérée — on comprend qu'on va assister à quelque chose d'inconfortable. Pas de la douleur mise en scène, non. Quelque chose de plus petit, de plus réel : l'humiliation tranquille d'être là où on n'a pas sa place.
La beauté qui écrase
Le narrateur observe. Il ne peut pas regarder cette femme dans les yeux — "couldn't look you in the eye" — comme si son éclat était une forme de violence involontaire. Elle flotte, elle est spéciale, elle appartient à un monde lumineux. Lui, il rampe. Le mot "creep" dit tout : ni monstre ni victime, juste quelqu'un qui se glisse dans les marges, qui prend trop peu de place ou peut-être trop, on ne sait pas. Thom Yorke chante ça avec une voix qui bascule entre le murmure et le cri, et ce passage à la limite — ce "fuckin'" lâché comme un souffle brisé — c'est le cœur battant de la chanson.
Courir vers nulle part
Au fil du texte, quelque chose se délite. Le désir se fait plus désespéré, presque maniaque — un corps parfait, une âme parfaite, être remarqué même absent. Et puis elle part. "She's running out the door" : quatre mots répétés comme si la réalité avait du mal à s'imprimer. Il ne la retient pas. Il lui souhaite d'être heureuse, "whatever makes you happy", avec cette générosité qui ressemble davantage à une reddition.
"Creep" ne guérit rien. Elle ne propose aucune sortie de secours. Elle reste là, dans cet espace étroit entre l'admiration et la honte de soi, et elle dit : oui, ça existe, ce sentiment-là. Et quelque part, être nommé suffit à se sentir un peu moins seul dans la pièce.