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Paroles de la chanson 555 par

1m55
Douce et petite
C'est ce qu'on dit de moi
J'ai les yeux qui piquent
00:55 le cœur bat vite
Je crois que ce soir
J'atteins ma limite

5 fois que j'explique
Que je suis authentique
Qu'on cherche à savoir
Ce que j'ai sous mon sweat
5 fois que je me compare
A 5 autres filles
5 coups de poignard
A chaque fois que je clique

Tout monde a quelque chose à dire
Sur le corps des autres
Je passe mon temps à le fuir
Le regard des autres

5, 5, 5, 5, 5 fois que je zoome
Sur mon téléphone
5, 5, 5, 5, 5 fois que je souffle
Quand je regarde mes formes
Ça ça ça ça ça ça me dévore
Mais j'ai l'habitude
J'aimerais pouvoir sortir
De mon corps au moins 5 min

5000ème fois qu'on parle de mes seins
Qu'on parle que de ça
Regards sur moi indécents
5 océans sur la terre
Et 2 petites larmes par terre
Quand je lis les commentaires
Personne m'a dit comment faire
Pour s'aimer sans retouche
La moindre remarque me touche
Tout monde a quelque chose à dire
Sur le corps des autres
Je passe mon temps à le fuir
Le regard des autres

5, 5, 5, 5, 5 fois que je zoome
Sur mon téléphone
5, 5, 5, 5, 5 fois que je souffle
Quand je regarde mes formes
Ça ça ça ça ça ça me dévore
Mais j'ai l'habitude
J'aimerais pouvoir sortir
De mon corps au moins 5 min
Tout monde a quelque chose à dire
Sur le corps des autres
Je passe mon temps à le fuir
Le regard des autres
Ça ça ça ça ça me dévore
Mais j'ai l'habitude
J'aimerais pourvoir sortir
De mon corps au moins 5 min

Que racontent les paroles de la chanson 555 de Melissa (Fesch) ?

Minuit cinquante-cinq, l'écran allumé dans le noir

Il est presque une heure du matin et quelqu'un zoome sur sa propre photo pour la cinquième fois. Pas pour s'admirer — pour chercher ce que les autres ont trouvé à critiquer. C'est dans cet instant précis, banal et douloureux, que "555" de Melissa (Fesch) prend racine. La chanson commence par une description toute simple, presque une carte d'identité : "un mètre cinquante-cinq, douce et petite". Sauf que derrière cette étiquette se cache une femme qui a les "yeux qui piquent", et on comprend vite pourquoi.

Cinq fois, dix fois, mille fois

Melissa a eu l'idée lumineuse de faire du chiffre cinq le fil conducteur de tout le morceau, et ça fonctionne comme une mécanique implacable. Chaque "cinq" s'accumule sur le précédent : cinq explications pour prouver qu'on est authentique, cinq comparaisons à d'autres filles, cinq millième fois qu'un inconnu croit avoir le droit de commenter ses seins. Il y a quelque chose de très physique dans cette répétition — on finit par ressentir le poids de ces coups qui tombent, un par un, régulièrement, usants précisément parce qu'ils sont prévisibles. "La moindre remarque me touche" arrive presque à mi-voix dans le texte, et c'est l'une des lignes les plus vraies de la chanson : pas de colère explosive, juste une porosité douloureuse qu'on n'a jamais appris à refermer.

Quand l'habitude devient le seul refuge

Ce qui touche profondément dans "555", c'est le refus de toute résolution confortable. Melissa ne se lève pas ragaillardie, elle ne conclut pas sur une affirmation de soi triomphante. Elle reste là, dans ce corps qu'elle voudrait fuir "au moins cinq minutes", avec cette phrase qui revient en boucle comme une respiration forcée : "j'ai l'habitude". L'habitude n'est pas une victoire ici, c'est une stratégie de survie. Et quelque part, cette honnêteté-là résonne bien plus fort que n'importe quel hymne à l'amour propre.

Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

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