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Paroles de la chanson Enemy par

Battlefields are burning
And I'm found
All this broken clothing
Like leaves on the ground
I gave you compassion
We drifted light years across
How can you claim my love
And let me drown in your arms?

That's my enemy (Ah-ah)
Right there
Who I'll never leave (Ah-ah-ah)
You will know, you will know when
That's my enemy
Don't despair
I will never leave you
Look out for that

I nestle to a tight flame
In the dark
Living in your nightmares
Why do you keep me around?
Temptations are hereby suns that teach me dark ways of light
Soft wailing in my ears
Tells me your sound

That's my enemy (Ah-ah)
Right there
Who I'll never leave (Ah-ah-ah)
You will know, you will know when
My identity
Can't be squared
That's my enemy
You will know, you will know when

End of day, I'll be dancing
On your grave
Another double imposing
What did you want me to save?
I never held my tongue
And watched the crowds disappear
I can't bear to sink my luck into a cosmic affair

That's my enemy (Ah-ah)
Right there
Who I'll never leave (Ah-ah-ah)
You will know, you will know when
That's my enemy
Don't despair
I will never leave you

Que racontent les paroles de la chanson Enemy de Interpol ?

Quand on ne peut pas lâcher ce qui nous détruit

Il y a des chansons qui décrivent l'amour heureux, et puis il y a celles qui s'installent dans la zone trouble où l'on sait exactement ce qui nous fait du mal et où l'on reste quand même. "Enemy" d'Interpol appartient à cette deuxième catégorie, et elle le revendique dès ses premiers mots.

Les champs brûlent, et quelqu'un se retrouve debout au milieu des cendres, habillé de lambeaux. Dès l'ouverture, on est plongé dans une atmosphère de lendemain de bataille — sauf que la guerre n'a pas eu lieu dehors. Elle s'est passée entre deux personnes, dans l'intimité de quelque chose qui ressemblait à de l'amour. "I gave you compassion / We drifted light years across" : il y avait eu quelque chose de réel, une distance parcourue ensemble. Et puis la noyade, dans les bras mêmes censés porter.

L'étrange confort de ce qui nous consume

Ce qui rend "Enemy" si inconfortable et si juste à la fois, c'est le refrain. On attendrait de la colère, un claquement de porte, une rupture nette. Au lieu de ça : "That's my enemy, right there, who I'll never leave." La phrase est dite calmement, presque avec résignation. Interpol ne cherche pas à faire croire que le narrateur est une victime passive — il sait ce qu'il fait, il choisit de rester, et cette lucidité est peut-être la chose la plus troublante du morceau.

Le deuxième couplet enfonce le clou avec cette image de flamme dans l'obscurité, de cauchemars habités volontairement. "Temptations are hereby suns that teach me dark ways of light" — on ne peut pas mieux dire la séduction de ce qui abîme : une lumière qui enseigne l'obscurité, une chaleur qui carbonise.

Danser sur les ruines

Le dernier couplet laisse entrevoir une sortie, mais elle sonne faux — ou plutôt, elle sonne humaine. Danser sur la tombe de l'autre, c'est se raconter une histoire de victoire future pour tenir debout aujourd'hui. "I can't bear to sink my luck into a cosmic affair" : refus de céder au mythe du grand amour fatal, et pourtant on y est, jusqu'au cou. "Enemy" se termine sans réconciliation ni rupture franche, suspendue dans cet entre-deux que beaucoup reconnaîtront sans oser se l'avouer.

Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

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