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Paroles de la chanson Leave the lamp on Lord (traduction) par

J'essaie de faire le signe de croix, mais mes vieilles mains ont perdu le geste
Je marche sur le gravier jusqu'à la porte comme chaque dimanche depuis si longtemps
La cloche de fer commence à sonner
Un poids lourd sur mon âme
Je reste dehors devant le portail et j'attends
S'il te plaît, laisse la lampe allumée à l'entrée

Laisse la lampe briller doucement encore un peu
Si je perds mon chemin sur ce mile solitaire
Laisse la lampe pour la foi qui a vieilli
Pour la chaise vide dans le froid amer

Le marque-page dans sa Bible reste là où nous lisions en des jours meilleurs
Le banc en bois semble froid et nu sans elle assise à mes côtés
J'essaie de chanter les cantiques que nous connaissions, mais ma vieille voix ne tient plus
Je reste dehors devant le portail et j'attends
S'il te plaît, laisse la lampe allumée à l'entrée

Laisse la lampe briller doucement encore un peu
Si je perds mon chemin sur ce mile solitaire
Laisse la lampe pour la foi qui a vieilli
Pour la chaise vide dans le froid amer

Les ombres s'étendent sur le sol
Je ne peux plus leur résister
J'apporterai ma boue. J'apporterai ma honte
Et je murmurerai simplement ton nom

Laisse la lampe briller doucement encore un peu
Si je perds mon chemin sur ce mile solitaire
Laisse la lampe pour la foi qui a vieilli
Pour la chaise vide dans le froid amer

Mm, la lampe est allumée, mais la chaise est froide

Que racontent les paroles de la chanson Leave the lamp on Lord (traduction) de Gravel & Grace ?

Le gravier sous les pas du dimanche

Il marche. On l'entend presque, ce gravier qui crisse sous des semelles usées. Chaque dimanche depuis combien d'années, la même route, la même cloche de fer, le même portail. Sauf qu'aujourd'hui il s'arrête devant et n'entre pas. Il attend, debout dans le froid, et demande juste qu'on laisse la lumière allumée.

Leave the Lamp on Lord commence là, dans ce geste suspendu, et c'est suffisant pour que tout s'ouvre. Gravel & Grace n'a pas besoin de grands déploiements — le folk ici est nu, presque chuchoté, et les paroles fonctionnent comme des photographies en noir et blanc d'une vie qui se referme doucement.

Ce que la chaise vide dit sans parler

On comprend assez vite qu'il y a eu une femme. Son signet est toujours dans la Bible, à la page où ils lisaient ensemble. Le banc d'église a changé de nature depuis qu'elle n'est plus là pour s'y asseoir — il est devenu « froid et blanc », presque hostile. Et les cantiques qu'il essaie de chanter, sa gorge ne les porte plus jusqu'au bout. Ce n'est pas seulement la voix qui flanche, c'est tout ce qui tenait la vie ensemble qui s'effiloche.

Le deuil conjugal et le deuil spirituel avancent main dans la main tout au long du morceau, et la chanson a l'intelligence de ne jamais les démêler. La chaise vide dans le refrain, c'est elle autant que c'est Dieu — cette présence qui réchauffait et dont l'absence laisse un froid que rien ne comble.

Murmurer dans le noir

Le moment le plus fort arrive dans le pont, quand toute la rhétorique tombe : « I'll bring my dirt, I'll bring my shame, and simply whisper out your name. » Plus de supplique construite, plus de métaphore — juste un homme qui arrive avec ce qu'il a, c'est-à-dire pas grand-chose de brillant, et qui prononce un nom à voix basse. Il y a quelque chose de profondément humain dans cette capitulation sans reddition.

Et puis la dernière ligne arrive comme une épitaphe douce-amère : la lampe est allumée, oui — mais la chaise, elle, reste froide. Gravel & Grace ne referme pas la boucle proprement. Elle la laisse ouverte, comme une porte entrebâillée sur le mystère de ce qui attend, ou pas, de l'autre côté.

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