Paroles de la chanson Couleur Menthe A L'eau par
Elle était maquillée
Comme une star de ciné
Accoudée au juke-box
Elle rêvait qu'elle posait
Juste pour un bout d'essai
À la Century Fox
Elle semblait bien dans sa peau
Ses yeux couleur menthe à l'eau
Cherchaient du regard un spot
Le dieu projecteur
Et moi je n'en pouvais plus
Bien sûr elle ne m'a pas vu
Perdue dans sa mégalo
Moi j'étais de trop
Elle marchait comme un chat
Qui méprise sa proie
Comme une star de ciné
Accoudée au juke-box
Elle rêvait qu'elle posait
Juste pour un bout d'essai
À la Century Fox
Elle semblait bien dans sa peau
Ses yeux couleur menthe à l'eau
Cherchaient du regard un spot
Le dieu projecteur
Et moi je n'en pouvais plus
Bien sûr elle ne m'a pas vu
Perdue dans sa mégalo
Moi j'étais de trop
Elle marchait comme un chat
Qui méprise sa proie
Où frôlant le flipper
La chanson qui couvrait
Tous les mots qu'elle mimait
Semblait briser son coeur
Elle en faisait un peu trop
La fille aux yeux menthe à l'eau
Hollywood est dans sa tête
Tout' seule elle répète
Son entrée dans un studio
Le décor couleur menthe à l'eau
Perdue dans sa mégalo
Moi je suis de trop
Mais un type est entré
Et le charme est tombé
Arrêtant le flipper
Ses yeux noirs ont lancé
De l'agressivité
Sur le pauvre juke-box
La chanson qui couvrait
Tous les mots qu'elle mimait
Semblait briser son coeur
Elle en faisait un peu trop
La fille aux yeux menthe à l'eau
Hollywood est dans sa tête
Tout' seule elle répète
Son entrée dans un studio
Le décor couleur menthe à l'eau
Perdue dans sa mégalo
Moi je suis de trop
Mais un type est entré
Et le charme est tombé
Arrêtant le flipper
Ses yeux noirs ont lancé
De l'agressivité
Sur le pauvre juke-box
La fille aux yeux menthe à l'eau
A rangé sa mégalo
Et s'est soumise aux yeux noirs
Couleurs de trottoir
Et moi je n'en pouvais plus
Elle n'en a jamais rien su
Ma plus jolie des mythos
Couleur menthe à l'eau
A rangé sa mégalo
Et s'est soumise aux yeux noirs
Couleurs de trottoir
Et moi je n'en pouvais plus
Elle n'en a jamais rien su
Ma plus jolie des mythos
Couleur menthe à l'eau
Que racontent les paroles de la chanson Couleur Menthe A L'eau de Eddy Mitchell ?
La fille au juke-box
Il y a des chansons qui ressemblent à des nouvelles courtes, celles qu'on lit d'une traite et qu'on repose en soufflant doucement. "Couleur Menthe À L'eau" est de celles-là. En moins de deux minutes, Eddy Mitchell réussit à faire exister quelqu'un qu'on n'a jamais rencontré mais qu'on reconnaît immédiatement.
Elle est là, accoudée au juke-box, maquillée "comme une star de ciné". On la voit sans effort : les yeux qui cherchent un spot imaginaire, les lèvres qui miment les paroles d'une chanson comme si c'était une répétition de scène. Elle marche comme si des caméras tournaient. Elle vit dans un film permanent dont elle est l'unique actrice et le seul spectateur. Mitchell l'observe avec une affection teintée d'une douce ironie — il l'appelle "ma plus jolie des mythos" — et c'est dans ce paradoxe que réside toute la beauté du texte.
Hollywood dans un bar de province
Le narrateur, lui, existe à peine dans cette histoire. Il est là, il voit tout, il ressent quelque chose qu'il ne sait pas tout à fait nommer — de l'admiration, de l'attirance, peut-être une forme de reconnaissance entre deux solitaires. Mais il est transparent. "Moi j'étais de trop" revient comme une ritournelle, pas douloureuse, juste vraie. Il y a quelque chose de presque poétique dans cette façon d'aimer sans être vu, d'assister à la vie de quelqu'un comme on regarde un film.
Et puis le charme se brise d'un coup. Un type entre, ses yeux noirs ont "lancé de l'agressivité sur le pauvre juke-box", et la fille aux yeux vert menthe redevient quelqu'un d'autre — quelqu'un de plus petit, de plus réel, de plus triste aussi. La métaphore de la couleur prend alors tout son sens : la menthe à l'eau, c'est transparent, c'est fragile, ça se dilue facilement. Le rêve s'évapore dès qu'une réalité plus dure s'impose.
Mitchell ne juge pas, ne console pas, ne moralise pas. Il raconte, avec cette élégance nonchalante qui est sa marque, une scène dont personne ne sortira changé — sauf peut-être le lecteur qui reconnaît, quelque part dans ce bar fictif, une part de lui-même.
Il y a des chansons qui ressemblent à des nouvelles courtes, celles qu'on lit d'une traite et qu'on repose en soufflant doucement. "Couleur Menthe À L'eau" est de celles-là. En moins de deux minutes, Eddy Mitchell réussit à faire exister quelqu'un qu'on n'a jamais rencontré mais qu'on reconnaît immédiatement.
Elle est là, accoudée au juke-box, maquillée "comme une star de ciné". On la voit sans effort : les yeux qui cherchent un spot imaginaire, les lèvres qui miment les paroles d'une chanson comme si c'était une répétition de scène. Elle marche comme si des caméras tournaient. Elle vit dans un film permanent dont elle est l'unique actrice et le seul spectateur. Mitchell l'observe avec une affection teintée d'une douce ironie — il l'appelle "ma plus jolie des mythos" — et c'est dans ce paradoxe que réside toute la beauté du texte.
Hollywood dans un bar de province
Le narrateur, lui, existe à peine dans cette histoire. Il est là, il voit tout, il ressent quelque chose qu'il ne sait pas tout à fait nommer — de l'admiration, de l'attirance, peut-être une forme de reconnaissance entre deux solitaires. Mais il est transparent. "Moi j'étais de trop" revient comme une ritournelle, pas douloureuse, juste vraie. Il y a quelque chose de presque poétique dans cette façon d'aimer sans être vu, d'assister à la vie de quelqu'un comme on regarde un film.
Et puis le charme se brise d'un coup. Un type entre, ses yeux noirs ont "lancé de l'agressivité sur le pauvre juke-box", et la fille aux yeux vert menthe redevient quelqu'un d'autre — quelqu'un de plus petit, de plus réel, de plus triste aussi. La métaphore de la couleur prend alors tout son sens : la menthe à l'eau, c'est transparent, c'est fragile, ça se dilue facilement. Le rêve s'évapore dès qu'une réalité plus dure s'impose.
Mitchell ne juge pas, ne console pas, ne moralise pas. Il raconte, avec cette élégance nonchalante qui est sa marque, une scène dont personne ne sortira changé — sauf peut-être le lecteur qui reconnaît, quelque part dans ce bar fictif, une part de lui-même.