Paroles de la chanson Hier Encore par
Hier encore j’avais vingt ans
Je caressais le temps
Et jouais de la vie
Comme on joue de l’amour
Et je vivais la nuit
Sans compter sur mes jours
Qui fuyaient dans le temps
J’ai fait tant de projets qui sont restés en l’air
J’ai fondé tant d’espoirs qui se sont envolés
Que je reste perdu ne sachant où aller
Les yeux cherchant le ciel, mais le cœur mis en terre
Hier encore j’avais vingt ans
Je caressais le temps
Et jouais de la vie
Comme on joue de l’amour
Et je vivais la nuit
Sans compter sur mes jours
Qui fuyaient dans le temps
J’ai fait tant de projets qui sont restés en l’air
J’ai fondé tant d’espoirs qui se sont envolés
Que je reste perdu ne sachant où aller
Les yeux cherchant le ciel, mais le cœur mis en terre
Hier encore j’avais vingt ans
Je gaspillais le temps
En croyant l’arrêter
Et pour le retenir même le devancer
Je n’ai fait que courir
Et me suis essoufflé
Ignorant le passé conjuguant au futur
Je précédais de moi, toutes conversations
Et donnais mon avis que je voulais le bon
Pour critiquer le monde avec désinvolture
Hier encore j’avais vingt ans
Mais j’ai perdu mon temps
A faire des folies
Qui ne me laissent au fond
Rien de vraiment précis
Que quelques rides au front
Et la peur de l’ennui
En croyant l’arrêter
Et pour le retenir même le devancer
Je n’ai fait que courir
Et me suis essoufflé
Ignorant le passé conjuguant au futur
Je précédais de moi, toutes conversations
Et donnais mon avis que je voulais le bon
Pour critiquer le monde avec désinvolture
Hier encore j’avais vingt ans
Mais j’ai perdu mon temps
A faire des folies
Qui ne me laissent au fond
Rien de vraiment précis
Que quelques rides au front
Et la peur de l’ennui
Car mes amours sont mortes avant que d’exister
Mes amis sont partis et ne reviendront pas
Par ma faute j’ai fait le vide autour de moi
Et j’ai gâché ma vie et mes jeunes années
Du meilleur et du pire
En jetant le meilleur
J’ai figé mes sourires
E t j’ai glacé mes pleurs
Où sont-ils à présent
A présent mes vingt ans ?
Mes amis sont partis et ne reviendront pas
Par ma faute j’ai fait le vide autour de moi
Et j’ai gâché ma vie et mes jeunes années
Du meilleur et du pire
En jetant le meilleur
J’ai figé mes sourires
E t j’ai glacé mes pleurs
Où sont-ils à présent
A présent mes vingt ans ?
Que racontent les paroles de la chanson Hier Encore de Charles Aznavour ?
Une voix qui se retourne
Il y a des chansons qu'on comprend vraiment seulement le jour où l'on commence à les mériter. « Hier Encore » est de celles-là. On peut l'entendre à vingt ans sans vraiment l'entendre. Puis un matin, sans prévenir, elle vous attrape par le col.
Aznavour n'entre pas dans le sujet avec ménagement. D'emblée, il pose l'image d'un homme qui « jouait de la vie comme on joue de l'amour » — légèrement, imprudemment, en croyant que ça dure. C'est une jeunesse universelle qu'il décrit là, celle de presque tout le monde : les projets restés en l'air, les espoirs envolés, cette sensation étrange d'avoir couru sans jamais vraiment avancer.
Le temps qui glisse entre les doigts
Ce qui rend la chanson si troublante, c'est qu'elle ne raconte pas une tragédie extérieure. Pas de guerre, pas de deuil brutal, pas de grande catastrophe. Juste la vie ordinaire qui passe pendant qu'on est occupé à autre chose. Le narrateur a « gaspillé le temps en croyant l'arrêter » — cette contradiction-là, on la reconnaît tous. On s'agite, on s'emballe, on croit tout contrôler, et pendant ce temps le sablier se vide en silence.
Aznavour chante ça avec une voix qui porte déjà les années dedans. Il n'y a rien d'artificiel dans l'interprétation : le texte et la voix se confondent, comme si c'était sa propre vie qu'il dépliait devant nous.
Ce vide que l'on crée soi-même
Le moment le plus dévastateur arrive presque à la fin, quand il avoue avoir « glacé ses pleurs » et « figé ses sourires » — deux images qui disent la même chose : une incapacité à laisser les émotions circuler, à être vraiment présent aux autres. Les amis sont partis. Les amours n'ont jamais vraiment commencé. Et le mot revient, nu, sans fioriture : « par ma faute ».
La chanson se referme sur une question sans réponse. Pas de moral, pas de leçon emballée. Juste ce silence après les mots, et quelque part en nous, l'écho de nos propres vingt ans qui s'éloignent.
Il y a des chansons qu'on comprend vraiment seulement le jour où l'on commence à les mériter. « Hier Encore » est de celles-là. On peut l'entendre à vingt ans sans vraiment l'entendre. Puis un matin, sans prévenir, elle vous attrape par le col.
Aznavour n'entre pas dans le sujet avec ménagement. D'emblée, il pose l'image d'un homme qui « jouait de la vie comme on joue de l'amour » — légèrement, imprudemment, en croyant que ça dure. C'est une jeunesse universelle qu'il décrit là, celle de presque tout le monde : les projets restés en l'air, les espoirs envolés, cette sensation étrange d'avoir couru sans jamais vraiment avancer.
Le temps qui glisse entre les doigts
Ce qui rend la chanson si troublante, c'est qu'elle ne raconte pas une tragédie extérieure. Pas de guerre, pas de deuil brutal, pas de grande catastrophe. Juste la vie ordinaire qui passe pendant qu'on est occupé à autre chose. Le narrateur a « gaspillé le temps en croyant l'arrêter » — cette contradiction-là, on la reconnaît tous. On s'agite, on s'emballe, on croit tout contrôler, et pendant ce temps le sablier se vide en silence.
Aznavour chante ça avec une voix qui porte déjà les années dedans. Il n'y a rien d'artificiel dans l'interprétation : le texte et la voix se confondent, comme si c'était sa propre vie qu'il dépliait devant nous.
Ce vide que l'on crée soi-même
Le moment le plus dévastateur arrive presque à la fin, quand il avoue avoir « glacé ses pleurs » et « figé ses sourires » — deux images qui disent la même chose : une incapacité à laisser les émotions circuler, à être vraiment présent aux autres. Les amis sont partis. Les amours n'ont jamais vraiment commencé. Et le mot revient, nu, sans fioriture : « par ma faute ».
La chanson se referme sur une question sans réponse. Pas de moral, pas de leçon emballée. Juste ce silence après les mots, et quelque part en nous, l'écho de nos propres vingt ans qui s'éloignent.