Paroles de la chanson Coriace par
Tu crois qu'la violence des mots empêche le temps de s'enfuir
Un matin carbonisé que tu voudrais refroidir
Tu vois venir l'oppression sans pouvoir la définir
Tu crois qu'la démocratie te suffira pour dormir
Le vieux monde fissuré attend la guerre des étoiles
Adore te manipuler, te rend cynique et brutal
La peur s'insinue en toi et te poursuit dans tes rêves
Te fais croire n'importe quoi, et bientôt, le jour se lève
Il faut être coriace pour tenir
Il faut être solide pour agir
Un matin carbonisé que tu voudrais refroidir
Tu vois venir l'oppression sans pouvoir la définir
Tu crois qu'la démocratie te suffira pour dormir
Le vieux monde fissuré attend la guerre des étoiles
Adore te manipuler, te rend cynique et brutal
La peur s'insinue en toi et te poursuit dans tes rêves
Te fais croire n'importe quoi, et bientôt, le jour se lève
Il faut être coriace pour tenir
Il faut être solide pour agir
La musique nous tient, nous inspire
Sans laisser les complots, les arguments, les mots, ta peau
Il faut être coriace pour tenir
Coriace (coriace)
Un immeuble désintégré, une radio qui grésille
Le retour des trains blindés et George Orwell qui s'épuise
À dire la réalité sur un écran qui vacille
"Big Brother is watching you" est un slogan qui scintille
La mort s'exhibe, allumeuse, sur le dancefloor de l'Europe
Reste toujours mystérieuse quand la voiture noire t'emporte
Vers les empires affamés et cette poigne de fer
Sans laisser les complots, les arguments, les mots, ta peau
Il faut être coriace pour tenir
Coriace (coriace)
Un immeuble désintégré, une radio qui grésille
Le retour des trains blindés et George Orwell qui s'épuise
À dire la réalité sur un écran qui vacille
"Big Brother is watching you" est un slogan qui scintille
La mort s'exhibe, allumeuse, sur le dancefloor de l'Europe
Reste toujours mystérieuse quand la voiture noire t'emporte
Vers les empires affamés et cette poigne de fer
Qui viendra nous étrangler dans nos abris nucléaires
Il faut être coriace pour tenir
Il faut être solide pour agir
La musique nous tient, nous inspire
Sans laisser les complots, les arguments, les mots, ta peau
Il faut être coriace pour tenir
Coriace (coriace)
Je sens qu'la chaleur des mots n'a pas le temps d'adoucir
La lourdeur de ce tempo qui rétrécit l'avenir
Tous ces livres calcinés dans un lointain souvenir
J'espère qu'la démocratie te suffira pour dormir
Il faut être coriace pour tenir
Il faut être solide pour agir
La musique nous tient, nous inspire
Sans laisser les complots, les arguments, les mots, ta peau
Il faut être coriace pour tenir
Coriace (coriace)
Je sens qu'la chaleur des mots n'a pas le temps d'adoucir
La lourdeur de ce tempo qui rétrécit l'avenir
Tous ces livres calcinés dans un lointain souvenir
J'espère qu'la démocratie te suffira pour dormir
Coriace (coriace)
Que racontent les paroles de la chanson Coriace de Bernard Lavilliers ?
Le monde brûle, et il faut tenir quand même
Il y a dans "Coriace" cette sensation particulière d'un homme qui regarde autour de lui et ne cherche plus à rassurer. Bernard Lavilliers ouvre le morceau comme on ouvre les yeux un matin qui a mal tourné — "un matin carbonisé que tu voudrais refroidir" — et cette image brûlante donne le ton de tout ce qui suit : quelque chose s'est abîmé, et la chanson va en explorer les décombres.
La peur comme fond sonore du quotidien
Lavilliers peint un portrait de l'époque à la manière d'un reporter qui aurait tout vu. Le "vieux monde fissuré" attend une guerre venue des étoiles, pendant que la peur travaille souterrainement, la nuit, dans les rêves. Ce qui est frappant, c'est la précision des images : l'immeuble désintégré, la radio qui grésille, l'écran qui vacille — autant de détails qui donnent l'impression d'un monde en train de se désagréger en direct. Et au cœur de ce chaos, la référence à Orwell surgit avec une acuité troublante, comme si 1984 n'était plus une dystopie mais un manuel de lecture du présent. "La mort s'exhibe, allumeuse, sur le dancefloor de l'Europe" — cette image-là est particulièrement saisissante, mêlant séduction et apocalypse dans un même souffle.
Résister ou disparaître
Alors que le tableau pourrait virer au nihilisme, le refrain tient lieu d'ancre. "Il faut être coriace pour tenir" n'est pas un slogan triomphant — c'est presque une prière murmurée entre les dents. Et dans cette liste au cœur du refrain, "les complots, les arguments, les mots, ta peau", on comprend que la résistance dont parle Lavilliers est totale : elle concerne l'intellect, l'identité, le corps. La musique, elle, est nommée comme un rempart — modeste, mais réel.
Le dernier couplet boucle la boucle avec une amertume qui ne se cache plus. Les livres calcinés, l'avenir qui rétrécit, et cette question finale sur la démocratie — qui n'est plus vraiment une question — disent l'épuisement d'une époque. Lavilliers ne propose pas de solution. Il propose de ne pas lâcher. C'est peut-être la seule honnêteté possible.
Il y a dans "Coriace" cette sensation particulière d'un homme qui regarde autour de lui et ne cherche plus à rassurer. Bernard Lavilliers ouvre le morceau comme on ouvre les yeux un matin qui a mal tourné — "un matin carbonisé que tu voudrais refroidir" — et cette image brûlante donne le ton de tout ce qui suit : quelque chose s'est abîmé, et la chanson va en explorer les décombres.
La peur comme fond sonore du quotidien
Lavilliers peint un portrait de l'époque à la manière d'un reporter qui aurait tout vu. Le "vieux monde fissuré" attend une guerre venue des étoiles, pendant que la peur travaille souterrainement, la nuit, dans les rêves. Ce qui est frappant, c'est la précision des images : l'immeuble désintégré, la radio qui grésille, l'écran qui vacille — autant de détails qui donnent l'impression d'un monde en train de se désagréger en direct. Et au cœur de ce chaos, la référence à Orwell surgit avec une acuité troublante, comme si 1984 n'était plus une dystopie mais un manuel de lecture du présent. "La mort s'exhibe, allumeuse, sur le dancefloor de l'Europe" — cette image-là est particulièrement saisissante, mêlant séduction et apocalypse dans un même souffle.
Résister ou disparaître
Alors que le tableau pourrait virer au nihilisme, le refrain tient lieu d'ancre. "Il faut être coriace pour tenir" n'est pas un slogan triomphant — c'est presque une prière murmurée entre les dents. Et dans cette liste au cœur du refrain, "les complots, les arguments, les mots, ta peau", on comprend que la résistance dont parle Lavilliers est totale : elle concerne l'intellect, l'identité, le corps. La musique, elle, est nommée comme un rempart — modeste, mais réel.
Le dernier couplet boucle la boucle avec une amertume qui ne se cache plus. Les livres calcinés, l'avenir qui rétrécit, et cette question finale sur la démocratie — qui n'est plus vraiment une question — disent l'épuisement d'une époque. Lavilliers ne propose pas de solution. Il propose de ne pas lâcher. C'est peut-être la seule honnêteté possible.