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Paroles de la chanson Histoire sans fin par BEN plg

featuring : Mathilde

Album : L'HISTOIRE SANS FIN

Paroles de la chanson Histoire sans fin par

[MATHILDE]
Le cœur de la tempête
Tombe avec tendresse
Ce soir, elle gronde comme si elle n'arrêtait jamais
Nous, on court sans cesse
Comme si le temps presse
Perdu des autres, peut-être qu'on n'arrêtera jamais

[BEN plg]
Le psy, c'est soixante euros de l'heure, et j'ressors plein de doutes
C'est comme beIN, Ligue 1+ et Canal, donc je regarde le foot
Deux pulls en boule et un ballon, je shoote
Trois tartines au fromage, un grand bol de soupe
C'est trop cher, peu importe combien ça coûte
Les voix dans ta tête comme compagnons de route
Peu d'réponses et plein d'questions, pas beaucoup d'récompenses et plein d'missions
Elle est quand même révolue l'époque où j'étais moins bien habillé qu'l'ingé son
Moins bien habillé que les producteurs qui compensent avec des marques de luxe
La taille de leur engin reproducteur, mais pour y arriver, il faut du cœur
Dans nos épinards, il y a du beurre plus que je n'en aurais jamais cru
Ma mère a visité ma maison, elle a dit : "C'est la meilleure baraque que j'ai jamais vue"
J'ai eu honte, puis j'ai été fier, j'ai fait l'amour et j'ai fait les guerres
Parce que c'est fini d'se laisser faire, parce que croire en soi, c'est nécessaire
Les dents de la couleur de l'armée de terre, faut avouer qu'c'est sidérant
Comme quand j'ouvre la porte du frigidaire et qu'il y a trois jus d'fruits différents
Trouve-nous en train de discuter du prix de l'essence parce qu'il n'y a pas de petites dépenses
On court mais on rêverait d'arrêter, une petite pause dans une vie d'errance (errance, errance, errance)

[BEN plg & MATHILDE]
Mais c'est une histoire sans fin
J'regarde le miroir comme si c'est un miroir sans tain
La vie, c'est des descentes à cent-mille à l'heure et des virages sans freins
J'aimerais bien savoir comment ça s'termine mais c'est une histoire sans fin
Le cœur de la tempête
Tombe avec tendresse
Et ce soir, elle gronde comme si elle n'arrêtait jamais
Nous, on court sans cesse
Comme si le temps presse
Perdu des autres, peut-être qu'on n'arrêtera jamais

[BEN plg]
J'ai douté, je douterai encore, si on vient m'aider, je doute des renforts
Si tout le monde me dit que ça tue je doute, quand je serai aveugle, je douterai en morse
J'essaye d'être moi, en mieux et en fort, pour les récompenses en joie et en or
Et je recommence à chaque fois, Gérald de Palmas encore et encore
Sur les épaules, j'ai toujours le même poids, sincère et timide, c'est toujours le même moi
On fait la guerre, c'est toujours le même roi, les autres ou moi : j'fais toujours le même choix
Face à eux, j'lève toujours le même doigt, on fait des erreurs, on nettoie
Avant d'redevenir un enfant devant ses deux grands yeux en étoile

[BEN plg & MATHILDE]
Mais c'est une histoire sans fin
J'regarde le miroir comme si c'est un miroir sans tain
La vie, c'est des descentes à cent-mille à l'heure et des virages sans freins
J'aimerais bien savoir comment ça s'termine mais c'est une histoire sans fin
Le cœur de la tempête
Tombe avec tendresse
Ce soir, elle gronde comme si elle n'arrêtait jamais
Nous, on court sans cesse
Comme si le temps presse
Au coeur du désordre, peut-être qu'on n'arrêtera jamais

[MATHILDE]
Et j'en fais encore, encore en plomb et en or
Courir encore, comme si on s'arrêtait jamais
Et j'en fais encore, encore en plomb et en or
Courir encore, comme si on s'arrêtait jamais (jamais, jamais, jamais, jamais, jamais, jamais, jamais, jamais, jamais)

Que racontent les paroles de la chanson Histoire sans fin de BEN plg ?

La course ne s'arrête pas

Il y a quelque chose d'immédiatement familier dans les premières secondes d'"Histoire sans fin". La voix de Mathilde pose une image simple — une tempête, des gens qui courent, le temps qui presse — et pourtant on a l'impression que ça parle de nous. Pas d'une manière vague et universelle, mais précisément, comme si quelqu'un avait mis des mots sur cette sensation de ne jamais vraiment souffler.

Une vie racontée par le menu

Puis BEN plg prend le relais, et le ton change du tout au tout. Plus de métaphore météo : on est dans la cuisine, avec les tartines, le bol de soupe, le frigidaire qui contient "trois jus de fruits différents" — détail qui semble anodin mais qui dit tout d'un certain rapport à l'abondance nouvelle, presque incrédule. Il y a dans ce couplet une façon de raconter l'ascension sociale par les objets du quotidien, sans jamais en faire un couplet de rap triomphant. La visite de sa mère, sa phrase sur "la meilleure baraque que j'ai jamais vue", la honte qui précède la fierté... c'est une séquence courte mais elle pèse lourd. On sent un fils qui a grandi dans le manque et qui n'arrive toujours pas tout à fait à croire à ce qu'il a construit.

Tourner en rond sans s'arrêter

Ce qui rend le morceau vraiment touchant, c'est que le refrain refuse toute résolution. "J'aimerais bien savoir comment ça s'termine" — pas de réponse, juste la question posée dans le vide, face à un miroir sans tain qu'on regarde sans se voir vraiment. Le deuxième couplet enfonce le clou avec une honnêteté presque comique sur le doute chronique, cette façon de ne jamais se faire confiance même quand tout le monde dit que ça marche. BEN plg tourne en rond — mais consciemment, lucidement — comme si accepter le mouvement perpétuel était la seule façon de tenir debout. Mathilde revient en dernier, avec son "encore en plomb et en or", et la chanson se dissout dans ses propres répétitions. Jamais, jamais, jamais. L'histoire continue, et c'est peut-être tout ce qu'on peut en dire.

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