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Paroles de la chanson Run Away par

In the time of confession
In the hour of the storm
Where the last one standing
Is a creature of scorn
In a howling wasteland
In a smoke-filled room
I was looking for answers
For what I already knew

I watch you run away
Please don't run away
There's nothing left to say
On desolation day

Gonna drive through the city
With the headlights off
Gonna run till I'm empty
To the rubicon
Till I can't remember
The moon in my arms
With your blood red roses
And your false alarms

Don't you run away
Please don't run away
There's nothing left to say
On desolation day

Que racontent les paroles de la chanson Run Away de Beck ?

Phares éteints sur une route sans retour

Il y a des chansons qui commencent comme si la fin du monde avait déjà eu lieu. "Run Away" de Beck est de celles-là. Dès les premiers mots, on est projeté dans un espace où le temps lui-même semble avoir lâché prise — une friche hurlante, une pièce enfumée, et quelqu'un qui cherche des réponses à des questions dont il connaît déjà le fond. C'est cette honnêteté brutale qui donne au texte sa force particulière : pas de mystère feint, juste l'aveu d'une lucidité qui fait mal.

Regarde-la partir

Le narrateur regarde. C'est peut-être le détail le plus dévastateur de la chanson. "I watch you run away" — il ne court pas après, il observe. Et puis dans le même souffle : "Please don't run away." La supplication arrive trop tard, ou pas assez fort. Entre les deux, il y a tout le silence d'une relation qui s'effondre sans bruit, quelque part sur ce "desolation day" que Beck pose comme une évidence, un calendrier intérieur que seuls les cœurs abîmés savent lire.

Au second couplet, la fuite devient physique, presque rituelle. Conduire dans la ville sans phares, courir jusqu'à l'épuisement, franchir le Rubicon — cette ligne invisible au-delà de laquelle on ne peut plus revenir. Beck convoque des images qui oscillent entre le road movie et le mythe : la lune dans les bras, les roses rouge sang, les fausses alertes. Ce sont les décombres d'une histoire d'amour, passés en revue depuis l'autre côté, depuis le territoire où les souvenirs commencent à se déformer.

Ce qui reste quand tout est dit

La chanson ne résout rien, et c'est précisément ce qui la rend juste. Le refrain revient, légèrement modifié — "Don't you run away" au lieu de "I watch you run away" — comme si la posture du narrateur glissait imperceptiblement de la résignation à la prière. Mais le "desolation day" est toujours là, immuable. Beck ne propose pas de réconciliation, pas de catharsis. Juste cette route dans le noir, ces phares éteints, et une voix qui continue de parler à quelqu'un qui est déjà parti.

Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

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