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Paroles de la chanson Jeune du ghetto par

Tu m'as déçu
(Tu m'as déçu)

Tu m'as déçu
Je t'ai fait confiance mais toi tu m'as blessé
Histoire de fou, on a fait que romancer
Fait pour l'oseille, toi tu m'as laissé
Maintenant plus les jours y passent et plus j'ai envie de
Faire mon oseille, faire grossir ma paye
Je vais plus être die, je vais refaire tout mon dossier
J'arrête la teille, je vais quitter la tess
Me mettre à l'abri et garder la santé
Quitter la France faire le tour du monde
Payer à l'aveugle sans avoir à doser
Mais en vrai tu m'as fait mal

Elle m'a brisé, elle m'a laissé ber-tom
Elle était belle mais je suis qu'un jeune du ghetto
Elle veut que du Gucci, monter dans les Viano
Moi je faisais l'oseille, rien que je me levais tôt
Pardon maman bientôt ça va péter
Encore un peu et on se casse du ghetto
Maintenant il y a le cash qui pourra te remplacer
Tu as joué avec mon cœur maintenant il est blessé

Que racontent les paroles de la chanson Jeune du ghetto de Azrane ?

Quand l'amour rate, l'ambition prend le relais

Il y a quelque chose de très honnête dans la façon dont Azrane commence ce morceau : pas de posture, pas d'effet. Juste un « tu m'as déçu », dit deux fois, comme si la première fois n'avait pas suffi à y croire vraiment. On entre dans la chanson par une fissure, et on ne la quitte pas tout à fait.

Le portrait d'une relation impossible

Ce qui se dessine progressivement, c'est l'histoire d'un jeune homme qui aimait une fille qui n'aimait pas vraiment sa vie. Elle était belle, il était sincère — mais elle « veut que du Gucci, monter dans les Viano », et lui se lève tôt pour gratter ce qu'il peut. Il y a quelque chose de terriblement commun dans cette fracture-là, cette situation où deux personnes ne rêvent tout simplement pas du même monde. Azrane ne l'accuse pas frontalement, il constate. Et cette sobriété fait mal à sa façon.

Le ghetto comme point de départ, pas comme horizon

Mais la chanson ne reste pas dans la plainte. À partir de la blessure, quelque chose se décide. Arrêter « la teille », quitter « la tess », faire grossir la paye, partir de France, voir du pays — la liste des résolutions s'enchaîne avec l'énergie de quelqu'un qui a besoin de bouger pour ne pas couler. Et puis arrive ce « pardon maman », adressé à mi-voix, qui change tout le registre. La rupture amoureuse s'efface derrière une promesse bien plus ancienne : sortir d'ici, s'en sortir vraiment, pour elle d'abord. Le ghetto est nommé sans honte ni romantisation, comme un lieu qu'on quitte parce qu'on mérite mieux, pas parce qu'on en a honte. C'est cette nuance-là qui donne au texte d'Azrane sa petite profondeur inattendue — une chanson de dépit amoureux qui finit, presque malgré elle, en déclaration d'intention.

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