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Paroles de la chanson Liberty Tree (traduction) par

[Intro]
Liberty Tree Mall
Dans le photomaton
Cet endroit se meurt
On s'en fout si on en est la preuve vivante
Je tire la langue
Et je soulève ma chemise
On ne rajeunit pas, chéri(e)
Mais si on n'essaie pas, comment peut-on en être sûr
Tu as été fait à l'image de Dieu
Mais tu ressembles à ta mère
Sur cette photo de nous
En train de tomber amoureux ce soir-là
Après notre dispute
Et le passé semble de plus en plus lumineux
Je cours dans l'aéroport
En finissant encore de mettre mes chaussures
Je ne me sens pas mieux pour autant
J'ai trop d'argent et rien à perdre
J'étais seul(e) avec mes pensées
Dans un contour à la craie
Volant près du soleil avec mes lunettes de soleil
Ne meurs pas, Bobby
Avant que je meure
C'est tellement bon de t'avoir dans ma vie

Ooh, oh-ooh, oh-oh-ooh
Ooh-ooh-ooh, oh-ooh
Ooh-oh-ooh, ooh-ooh-ooh
Ooh, oh-ooh, oh-oh-ooh
Ooh-ooh-ooh, oh-ooh
Ooh-oh-ooh, ooh-ooh-ooh

Que racontent les paroles de la chanson Liberty Tree (traduction) de Phoebe Bridgers ?

La photo qu'on n'oubliera jamais

Il y a des endroits qui meurent lentement, et on le sait au moment même où on y est heureux. Un centre commercial en fin de vie, des néons qui grésillent, une cabine photo au fond du couloir — c'est là que commence "Liberty Tree", et Phoebe Bridgers y installe quelque chose de précis et de douloureux dès les premières secondes. "This place is dying, we don't care if we're living proof." On est vivants, on fait les idiots devant l'objectif, on tire la langue, on relève son t-shirt — et quelque part, cette bêtise joyeuse est une forme de résistance.

Deux dans la lumière du flash

La photo sort de la machine. On se regarde dessus. Et là, Bridgers fait quelque chose d'inattendu : elle convoque Dieu, puis la mère. "You were made in the image of God but you look like your mom" — on rit, et en même temps quelque chose se serre. Parce que c'est ça, aimer quelqu'un vraiment : le voir dans ce qu'il a d'hérité, de terrestre, d'irréductiblement humain. La grande nuit qui a suivi une dispute, la réconciliation, "the past is looking brighter all the time" — le passé qui embellit à mesure qu'on s'en éloigne, comme toujours.

Ce qu'on demande à l'autre de faire

Puis le rythme change. On court dans un aéroport, on lacace ses chaussures en marchant, on a trop d'argent et plus assez d'ancrage — et quelque part dans cet élan, elle se retrouve seule avec elle-même, "in an outline of chalk", cette image fantomatique, presque policière, d'une silhouette vide. Icare avec ses lunettes de soleil. Quelqu'un qui fonce sans regarder.

Et puis tout se concentre dans une phrase qui arrête tout : "Don't die, Bobby, before I die." Pas de détour, pas d'habillage poétique. Juste ça — une demande impossible à formuler autrement. Reste. Reste encore un peu plus longtemps que moi. Que ce soit une prière adressée à un ami, un amour, un frère de cœur, peu importe : Bridgers touche ici à quelque chose d'universel et de très particulier en même temps. La chanson se ferme sur "it feels so good to have you in my life", et on réalise que c'est peut-être la chose la plus difficile à dire simplement — et qu'elle vient de le faire.

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