Paroles de la chanson Le petit pêcheur par
C'est l'histoire d'un p'tit pêcheur qui pêchait que le matin
Parce que pour lui, le bonheur c'était d'être avec les siens
Profiter de sa famille, lézarder sur le sable
Regarder grandir ses filles, les aprèms au calme
Un jour qu'il se reposait, à côté de sa barque
Une question lui fut posée par un homme d'affaires en cravate :
"À quoi te sert de dormir sur le port, alors qu'au fond de la mer, tant de poissons nagent encore ?"
"Pour construire un empire, taffe sans compter tes heures
Avec l'argent que t'en tires, t'achèteras un moteur
Parce que pour lui, le bonheur c'était d'être avec les siens
Profiter de sa famille, lézarder sur le sable
Regarder grandir ses filles, les aprèms au calme
Un jour qu'il se reposait, à côté de sa barque
Une question lui fut posée par un homme d'affaires en cravate :
"À quoi te sert de dormir sur le port, alors qu'au fond de la mer, tant de poissons nagent encore ?"
"Pour construire un empire, taffe sans compter tes heures
Avec l'argent que t'en tires, t'achèteras un moteur
T'iras pêcher au large, tu feras plus de marge
Bientôt, t'auras dix bateaux, des bâtiments en béton"
"Crustacés, cétacés, finiront tous entassés dans les filets carnassiers de tes chalutiers en acier"
"T'écouleras tes stocks en faisant des filet-o-fish
La moula que tu croques, faudra pas la filer au fisc
Et là, import-export dans les dollars, tu nageras
Les fonds marins seront morts, mais t'auras une vie de roi"
"C'est quoi pour toi une vie de roi ?", dit le pêcheur
"Une vie de roi, c'est pouvoir pendant des heures
Bientôt, t'auras dix bateaux, des bâtiments en béton"
"Crustacés, cétacés, finiront tous entassés dans les filets carnassiers de tes chalutiers en acier"
"T'écouleras tes stocks en faisant des filet-o-fish
La moula que tu croques, faudra pas la filer au fisc
Et là, import-export dans les dollars, tu nageras
Les fonds marins seront morts, mais t'auras une vie de roi"
"C'est quoi pour toi une vie de roi ?", dit le pêcheur
"Une vie de roi, c'est pouvoir pendant des heures
Profiter de ta famille, lézarder sur le sable
Regarder grandir tes filles, les aprèms au calme"
"Mais c'est déjà exactement ce que je fais", et le pêcheur s'en alla en fredonnant c'refrain :
"J'aime, j'aime quand la vie est facile"
"J'aime, j'aime quand le soleil brille"
"J'aime, j'aime quand l'amour nous fait signe, souffle sur tes cils" (J'aime, j'aime)
Il fredonnait, "J'aime, j'aime quand tout me fascine"
"J'aime, j'aime que tu m'aimes aussi, oui"
"J'aime, j'aime la mer et le ciel, c'est là l'essentiel"
À l'ennui, à l'amour, à la vie qu'on mène
À nos rires, à nos jours, à nos ritournelles
Regarder grandir tes filles, les aprèms au calme"
"Mais c'est déjà exactement ce que je fais", et le pêcheur s'en alla en fredonnant c'refrain :
"J'aime, j'aime quand la vie est facile"
"J'aime, j'aime quand le soleil brille"
"J'aime, j'aime quand l'amour nous fait signe, souffle sur tes cils" (J'aime, j'aime)
Il fredonnait, "J'aime, j'aime quand tout me fascine"
"J'aime, j'aime que tu m'aimes aussi, oui"
"J'aime, j'aime la mer et le ciel, c'est là l'essentiel"
À l'ennui, à l'amour, à la vie qu'on mène
À nos rires, à nos jours, à nos ritournelles
À l'ennui, à l'amour, à la vie qu'on mène
À nos rires, à nos jours (J'aime, j'aime)
À l'ennui, à l'amour, à la vie qu'on mène
À nos rires, à nos jours, à nos ritournelles
À l'ennui, à l'amour, à la vie qu'on mène
À nos rires, à nos jours
C'est l'histoire d'un p'tit pêcheur et l'histoire de tellement d'gens
On t'fait croire que le bonheur c'est courir après l'argent
On te dit, "Gagne ta vie", comme si vivre suffisait pas
Pas besoin d'un grand navire pour atteindre c'que t'as déjà
À nos rires, à nos jours (J'aime, j'aime)
À l'ennui, à l'amour, à la vie qu'on mène
À nos rires, à nos jours, à nos ritournelles
À l'ennui, à l'amour, à la vie qu'on mène
À nos rires, à nos jours
C'est l'histoire d'un p'tit pêcheur et l'histoire de tellement d'gens
On t'fait croire que le bonheur c'est courir après l'argent
On te dit, "Gagne ta vie", comme si vivre suffisait pas
Pas besoin d'un grand navire pour atteindre c'que t'as déjà
Que racontent les paroles de la chanson Le petit pêcheur de Manon Lisa ?
Il pêchait le matin et dormait l'après-midi
Il y a quelque chose d'immédiatement rassurant dans les premières secondes de cette chanson. Une histoire qui commence par "c'est l'histoire d'un p'tit pêcheur" — on se cale, on écoute, on sait qu'on va quelque part de connu et de doux. Manon Lisa joue avec ça, cette familiarité du conte, pour mieux glisser à l'intérieur quelque chose d'un peu plus tranchant.
Le pêcheur, donc. Il ne travaille que le matin. Pas par paresse, pas par manque d'ambition — parce qu'il a compris quelque chose que beaucoup de gens mettent des décennies à comprendre, si tant est qu'ils y arrivent. Sa barque est petite, ses journées sont lentes, et il regarde grandir ses filles sur le sable. C'est sa richesse. Elle est invisible à qui ne sait pas la voir.
L'homme en cravate et ses certitudes
Et puis arrive l'homme d'affaires. Avec sa cravate, ses projections, son vocabulaire de la croissance. Manon Lisa s'amuse franchement dans cette partie — "crustacés, cétacés, finiront tous entassés dans les filets carnassiers de tes chalutiers en acier" sonne presque comme une comptine, mais une comptine qui décrit un désastre écologique. L'ironie est légère en surface, cinglante en dessous. Plus de marge, plus de bateaux, des bâtiments en béton, l'import-export, et les fonds marins "seront morts" — dit en passant, comme un détail.
Ce que le pêcheur fredonne en s'en allant
La beauté du retournement, c'est qu'il ne vient pas d'une grande tirade. Le pêcheur pose juste une question : "c'est quoi pour toi une vie de roi ?" Et l'homme d'affaires, sans s'en rendre compte, décrit exactement la vie du pêcheur. Profiter de sa famille, lézarder sur le sable, les après-midis tranquilles. Il n'y a rien à ajouter. Le pêcheur s'en va, et il fredonne.
Ce refrain — "j'aime quand la vie est facile", "j'aime la mer et le ciel, c'est là l'essentiel" — n'est pas naïf. Il est choisi. C'est la chanson de quelqu'un qui a décidé de ne pas se laisser convaincre que ce qu'il vit ne suffit pas. Et la dernière strophe le dit pour de bon : "on te dit 'gagne ta vie', comme si vivre suffisait pas". Manon Lisa pose la question, et le pêcheur, lui, a depuis longtemps trouvé sa réponse.
Il y a quelque chose d'immédiatement rassurant dans les premières secondes de cette chanson. Une histoire qui commence par "c'est l'histoire d'un p'tit pêcheur" — on se cale, on écoute, on sait qu'on va quelque part de connu et de doux. Manon Lisa joue avec ça, cette familiarité du conte, pour mieux glisser à l'intérieur quelque chose d'un peu plus tranchant.
Le pêcheur, donc. Il ne travaille que le matin. Pas par paresse, pas par manque d'ambition — parce qu'il a compris quelque chose que beaucoup de gens mettent des décennies à comprendre, si tant est qu'ils y arrivent. Sa barque est petite, ses journées sont lentes, et il regarde grandir ses filles sur le sable. C'est sa richesse. Elle est invisible à qui ne sait pas la voir.
L'homme en cravate et ses certitudes
Et puis arrive l'homme d'affaires. Avec sa cravate, ses projections, son vocabulaire de la croissance. Manon Lisa s'amuse franchement dans cette partie — "crustacés, cétacés, finiront tous entassés dans les filets carnassiers de tes chalutiers en acier" sonne presque comme une comptine, mais une comptine qui décrit un désastre écologique. L'ironie est légère en surface, cinglante en dessous. Plus de marge, plus de bateaux, des bâtiments en béton, l'import-export, et les fonds marins "seront morts" — dit en passant, comme un détail.
Ce que le pêcheur fredonne en s'en allant
La beauté du retournement, c'est qu'il ne vient pas d'une grande tirade. Le pêcheur pose juste une question : "c'est quoi pour toi une vie de roi ?" Et l'homme d'affaires, sans s'en rendre compte, décrit exactement la vie du pêcheur. Profiter de sa famille, lézarder sur le sable, les après-midis tranquilles. Il n'y a rien à ajouter. Le pêcheur s'en va, et il fredonne.
Ce refrain — "j'aime quand la vie est facile", "j'aime la mer et le ciel, c'est là l'essentiel" — n'est pas naïf. Il est choisi. C'est la chanson de quelqu'un qui a décidé de ne pas se laisser convaincre que ce qu'il vit ne suffit pas. Et la dernière strophe le dit pour de bon : "on te dit 'gagne ta vie', comme si vivre suffisait pas". Manon Lisa pose la question, et le pêcheur, lui, a depuis longtemps trouvé sa réponse.