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Paroles de la chanson Les rues de l'humanité par Noé Preszow

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Paroles de la chanson Les rues de l'humanité par

Ces deux gars dans la ville qui marchent main dans la main
sans laisser transparaître le courage qu'ils cachent
et puis qui te racontent au détour d'un matin
combien ils se sont pris de coups sans qu'on le sache

cette prof qui revient d'un dernier jour d'école
et qui dit cette fois, c'est fini, j'arrête tout
je refuse tout autant de mettre des heures de colle
que de m'faire menacer par des familles à bout

ce poète qui a tout pour être Rimbaud
dont les oeuvres n'iront pas plus loin que sa chambre
et cette comédienne rêvant loin des plateaux
qui répète dans sa tête de janvier à décembre

il a fui sa maison, échappé aux combats,
dit au revoir à sa femme, embrassé ses deux filles,
traversé le Sahel pour en arriver là
dans l'attente que la chance se souvienne de lui

Dans les rues de l'humanité
on est de plus en plus serrés
quand ça va mieux, ça devient pire
plus de passé que d'avenir

Dans les rues de l'humanité
on est de plus en plus serrés
ça sent la peur, ça sent la haine
mais bizarrement, ça tient quand même

Ces deux parents penchés au bord d'un berceau vide
l'enfant tant attendu n'est pas venu vivant
et l'envie de cogner à ce destin stupide
pourtant il faudra bien vivre dès à présent

ce foulard enroulé autour de cette tête
pour cacher les cheveux que les traitements emportent
et qui danse pourtant au milieu de la fête
il n'y a rien à dire il faudra être forte

toutes ces voix qui s'échappent de cette prison immense
pour atterrir en vrac jusque dans ton salon
au 21ème siècle, c'est fou quand on y pense
qu'on ait rien trouvé d'autre mais au fond y pense-t-on ?

et cette agricultrice qui ne demande pas mieux
que de joindre les deux bouts en sauvant la nature
qui ‘regarde une dernière fois son troupeau dans les yeux
et ravale ses larmes en refermant la clôture

Dans les rues de l'humanité
on est de plus en plus serrés
quand ça va mieux, ça devient pire
plus de passé que d'avenir

Dans les rues de l'humanité
on est de plus en plus serrés
ça sent la peur, ça sent la haine
mais bizarrement, ça tient quand même

Cet alcool qui absorbe les désirs, les détresses
en mettant à genoux plus de gens qu'on n'le pense
mais comment démêler le poison de l'ivresse
sans flinguer sa santé, ses rêves, sa clairvoyance

ce visage creusé en début de vingtaine
l'angoisse d'à peu près tout ce qui fait notre époque
a déserté les cours depuis plusieurs semaines
barricadé derrière la porte de sa coloc

cet animal en sang sur la route enneigée
suffocant après une course ininterrompue
le tir a retenti dans toute la vallée
la forêt s'est figée & la vie continue

dans l'évidence folle du désastre annoncé
et alors que la lune s'apprête à disparaître
je m'accroche à mes rêves & à l'inespéré
espérant que la chute nous verra renaître

Dans les rues de l'humanité
on est de plus en plus serrés
quand ça va mieux, ça devient pire
plus de passé que d'avenir

Dans les rues de l'humanité
on est de plus en plus serrés
ça sent la peur, ça sent la haine
mais bizarrement, ça tient quand même

ça tient quand même
ça tient quand même
ça tient quand même
ça tient quand même

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