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Paroles de la chanson Aéroplanes par Serge Gainsbourg

Album : L'homme à Tête De Chou

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Paroles de la chanson Aéroplanes par

Marilou se fait des aéroplanes
En repliant des dépliants d'agence de voyage
Genre « Cook »
Où l'on peut voir des pin-up à gros seins New Look
Sur fond d'azur de Louisiane

Elle est marrante
C'est une fan du Captain Cook
Elle a sur lui tout un press-book
Aussi sur Tarzan dont elle est folle comme Jane
J'la vois assez l'enlacer et lui de liane en liane
Pousser son cri en volapük, du côté d'Pernambouc
Et moi, Chita le singe, qui leur cavale au cul dans la savane

Pauvre idiote, tu rêves, tu planes
Me traite de fauché, de plouc, de minable
D'abominable bouc
Qu'importe, injures un jour
Se dissiperont
Comme volutes gitanes

Que racontent les paroles de la chanson Aéroplanes de Serge Gainsbourg ?

Des aéroplanes en papier pour s'évader

Il y a quelque chose de profondément triste et drôle à la fois dans l'image qui ouvre ce texte : Marilou, seule, qui plie et replie des brochures de voyages en petits aéroplanes de papier. Elle ne partira pas. Elle le sait. Alors elle transforme la destination en jeu, le dépliant en jouet, le rêve en origami. Gainsbourg, lui, observe — et ce regard est tout.

Dans la jungle du désir impossible

Ce qui fascine Marilou, c'est la démesure. Cook et ses explorations lointaines, Tarzan et ses lianes, Pernambouc quelque part au bout du Brésil — tout ce que convoque son imagination est grand, aventureux, musclé. Elle se voit en Jane, enlacée par un homme qui pousse son cri dans la jungle, en "volapük" s'il le faut, cette langue absurde et morte que Gainsbourg glisse là comme une blague sur l'irrationalité du désir. Et pendant ce temps, le narrateur regarde la scène se dérouler sans lui : il est Chita, le singe de service, qui cavale derrière le couple idéal dans la savane. La métaphore est cruelle et parfaitement assumée. Il n'est même pas jaloux — il est comique malgré lui.

La fumée qui emporte tout

Puis vient le moment où Marilou se retourne et le regarde vraiment. Ce qu'elle voit ne lui plaît pas : un fauché, un plouc, un "abominable bouc". Les mots claquent, brefs et mauvais. Mais le narrateur ne s'effondre pas. Il laisse passer, il souffle, et les insultes s'en vont "comme volutes gitanes" — comme la fumée d'une Gitane, justement, légère et bleue dans l'air du soir. Il y a dans cette conclusion quelque chose de très gainsbourien : une façon de transformer la honte en élégance, de porter le mépris comme on porte un costume. Marilou rêve d'horizons lointains. Lui a trouvé son exotisme dans l'indifférence.

Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

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