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Paroles de la chanson Note 23 : Pétales par

Pour l'moment, j'sais pas
J'en veux encore, ouais

Fallait que j'raconte à quel point la vie est morose
Y a que l'amour d'mon père, ma mère, mes frères, mes reuss
Le reste n'est qu'éphémère, on rêve de villa, d'plage, de mer
Dis-moi qui s'ra là vraiment si j'suis dans la de-mer
Pas du mal avec la de-mer, j'me suiciderai si tout va mal
Mon père est parti, il nous a rien laissé, à part que des pétales
Une daronne qui pleure et des frères qui pleurent, comment veux-tu qu'j'me calme ?
M'prennent pour un cheater, j'arrête pas de tchiper, j'fais qu'augmenter le PayPal
J'suis aveugle, je recompte les tals, marre de dormir sur la paille
J'ai grandi dans des failles, la vie n'a fait que m'dérégler
C'est bizarre, mais ma belle, je caille, elle voulait juste me réparer
J'ai tourné dans la ville, j'savais même pas comment m'situer

Si j'monte un jour, j'vais plus jamais descendre
J'vois que des prières, des pleurs et des cendres
J'détestais ma vie, j'fais le constat, j'vois le contraste entre eux et moi
Je suis content seulement quand tout Paris chante
Vovo, coco, j'm'alimente
La major sait pas, j'suis content, j'suis triste, hein, rien que je variante

On grandit comme des rats, dis-moi comment on doit s'en sortir
Il y a beaucoup d'amour avec les frères, on pourrait l'dire sans l'dire
J'avais des problèmes à la zone, je demandais juste d'm'enfuir
J'ai jamais voyagé, pourtant, j'demandais d'm'enfuir
J'ai fait plus un p'tit schéma
Sans l'oseille, j'suis pas différent
Les problèmes ont pris ma vie, l'ont pris tout en la déchirant
J'me sentirai pas chez moi, même si j'habitais sur les Champs
Le couloir est trop étroit pour qu'ils chantent des sorties intéressantes

Je suis pas là, j'fume, je chante
Poto fume le tchok
On grandit, on est trente
On termine moins qu'à cinq
Poto remet un centre
J'remets dans le gobelet, de l'absinthe
J'ai plus peur de faire des dérapages
J'en ai marre d'me sentir dans une cage
J'en ai marre de remplir mon gobelet d'Jack de Honey
Me dis pas "je t'aime" dans les yeux, moi, j'vais tout gommer
J'en ai marre de mettre dans mon flow, j'en ai marre d'zoner
J'en ai marre d'tourner partout, moi, je veux juste m'isoler

Que racontent les paroles de la chanson Note 23 : Pétales de Klem Schen ?

Il commence par avouer qu'il ne sait pas

"Pour l'moment, j'sais pas" — deux mots d'hésitation, et déjà on est dedans. Klem Schen ne pose pas de décor, ne construit pas d'intro. Il commence au milieu de quelque chose, comme si on l'avait surpris en train de penser à voix haute, assis quelque part entre deux verres d'absinthe et un fond de gobelet de Jack Honey.

"Note 23 : Pétales" ressemble à ça : une pensée qui déborde, une nuit où tout remonte. Il y a le père d'abord — parti, absent, et pourtant omniprésent dans chaque mot. Ce qu'il a laissé ? "Que des pétales." L'image fait mal précisément parce qu'elle est belle. Des pétales, c'est fragile, ça se disperse, ça ne pèse rien dans les mains. C'est tout ce qui reste d'un homme, et une daronne qui pleure, et des frères qui pleurent, et lui au milieu qui demande comment se calmer.

Quand la ville tourne en rond

Il y a une géographie dans ce texte — une ville qu'on tourne sans la comprendre, des couloirs trop étroits, des zones d'où on veut fuir sans jamais avoir voyagé. Klem Schen décrit une existence en circuit fermé, où même l'ambition de s'en sortir semble buggée : "j'ai fait plus un p'tit schéma", "sans l'oseille, j'suis pas différent". Le rêve de villa et de mer existe, mais il sait déjà qu'il ne compte pas vraiment — c'est le genre de rêve qu'on fait pour tenir, pas pour y croire.

Ce qui touche le plus, c'est cette phrase glissée presque en passant : "elle voulait juste me réparer." Une femme, une relation, une tentative de connexion — et lui qui "caille", aveugle, incapable de se situer. La tendresse existe quelque part dans sa vie, mais il ne sait pas l'attraper.

L'épuisement comme horizon

Vers la fin, le texte change de rythme. Les phrases se raccourcissent, les images s'enchaînent vite — le poto qui fume, le gobelet, les trente qui terminent moins qu'à cinq. C'est une accélération qui ressemble à la fatigue, pas à l'énergie. Et puis cette conclusion étrange, presque douce dans sa résignation : il ne veut plus triompher, il veut juste s'isoler. Pas monter, pas briller — juste ne plus tourner. C'est peut-être ça, le sens des pétales : quelque chose de beau qui se pose, enfin, et qui ne bouge plus.

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