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Paroles de la chanson Note 19 : Freelove par

Ailleurs, la vie est plus belle (ouais)
Je l'ai vue sur les photos
J'vois pas l'bout du tunnel, y a que d'l'orage à la météo
Ils veulent nous faire croire à l'amour, on l'a vécu, c'était grave moche
Mauvaises habitudes, j'suis mal si j'touche pas liasse billet green, mauves
Dégaine de mauvais, ma ghosté, m'as pris pour un de ces dealos
Elle a regardé l'heure qu'j'avais, c'est fini d'faire du freelove
J'ai l'cœur dans l'pire état, j'attends juste que quelqu'un m'le rénove
J'suis pas le meilleur artiste, mais au moins j'essaie de faire et j'innove encore
J'ai construit l'bien dans l'mal, et je sais que j'abuse à mort
Ma belle, j'suis pas sentimental, trop de fois j'traînais dehors
Avec que du rouge dans le regard, j'vois que des corps froids et morts
J'ai pas l'choix, j'dois garder le moral
J'ai pas l'choix, j'dois garder le moral
Ma belle, j'suis pas sentimental (yeah)
Entre les vices, la monnaie, j'le vis dans mes rêves
J'ai pas l'choix, j'dois garder le moral
J'ai vendu les disques pour Rolex, mais c'est plus mes rêves
Ma belle, j'suis pas sentimental
Et même si j'le disais mal, j'suis tombé d'dix étages
Un jour, elle m'a dit : "J'ai plus de magie", j'suis tombé d'dix étages
Quand j'ai vu le dernier message, j'ai compris que tu étais lâche
J'suis pas une machine, j'peux pas nager dans les soucis qu'tu dégages

Que racontent les paroles de la chanson Note 19 : Freelove de Klem Schen ?

Dix étages de chute, les yeux ouverts

Il y a quelque chose de très particulier dans la façon dont Klem Schen commence ce morceau — pas par une déclaration fracassante, pas par un couplet qui cherche à épater. Juste cette observation amère, presque tranquille : la vie est plus belle ailleurs, mais cet ailleurs n'existe que sur des photos. Tout de suite, on comprend qu'on est dans le registre de la lucidité douloureuse, pas du désespoir théâtral.

Un homme qui s'est brûlé à force de donner

Le "freelove" du titre se révèle au fil des paroles comme une forme d'amour naïf, pas dans le sens fleur bleue, mais dans le sens de quelqu'un qui s'est livré sans protection et qui s'est retrouvé fantôme pour l'autre — ghosté, jaugé à la montre qu'il portait au poignet, confondu avec les mauvais. "Elle a regardé l'heure qu'j'avais, c'est fini d'faire du freelove" : la rupture se joue sur un détail matériel, ce qui rend la scène d'autant plus cruelle. On n'est pas rejeté pour ce qu'on est, mais pour ce qu'on représente socialement. Klem Schen encaisse ça avec une sorte de résignation digne — il ne crie pas, il constate.

Tenir debout sans raison valable

Ce qui rend ce morceau attachant, c'est son refus de la posture. Quand il dit "j'ai vendu des disques pour Rolex, mais c'est plus mes rêves", il y a une désillusion que beaucoup ne s'autorisent pas à formuler — avoir obtenu ce qu'on voulait et réaliser que ça ne comble rien. Et puis vient la chute, littérale dans l'image : dix étages, deux fois, le message final d'une femme qui lui annonce qu'elle n'a "plus de magie". Ce n'est pas une rupture romantisée. C'est quelqu'un qui lâche, et lui qui tombe. Ce qui reste après l'impact, c'est ce refrain répété comme une respiration forcée — "j'ai pas le choix, j'dois garder le moral". Pas de victoire là-dedans. Juste la décision de ne pas couler. C'est souvent la forme de courage la moins visible, et la plus réelle.

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