Paroles de la chanson Para su Consideración (traduction) par
J'ai besoin d'un baiser pour dire au revoir avant qu'on coule
Ce serait mon salut, mais j'espère que non
Je ne veux pas supplier et dire « s'il te plaît »
Car je n'ai jamais été, je n'ai jamais été quelqu'un qui mendie
Ou j'espère que non
Dans les rues je marche sans mes entrailles en disant au revoir
Si je survis, je te vois un de ces jours, mais ça m'en a pas l'air
Mes tripes se répandent sur tout le sol en entendant ta voix
Et avec ma chance je sais que je survivrai à ça, j'espère que non
Ce serait mon salut, mais j'espère que non
Je ne veux pas supplier et dire « s'il te plaît »
Car je n'ai jamais été, je n'ai jamais été quelqu'un qui mendie
Ou j'espère que non
Dans les rues je marche sans mes entrailles en disant au revoir
Si je survis, je te vois un de ces jours, mais ça m'en a pas l'air
Mes tripes se répandent sur tout le sol en entendant ta voix
Et avec ma chance je sais que je survivrai à ça, j'espère que non
Le sang n'a jamais eu meilleur goût pour moi
Car ma canine a mordu ma langue et l'intérieur de ma lèvre
Je sais qu'on n'aura plus de conversation
J'ai appris à force d'erreurs, mais j'espère que non
Dans les rues je marche sans mes entrailles en entendant ta voix
Si je survis, je te vois un de ces jours, j'espère que non
Car je trouve toujours le moyen de tout gâcher entre nous
Et j'ai la sensation que ma main droite se plante dans mon centre
J'espère que non
J'espère que non
J'espère que jamais
J'espère que non
Dans les rues je marche sans mes entrailles
Si je survis, je te vois un de ces jours
Je sais qu'il existe des choses pires que de se réveiller mort
Naïf que je suis
Cette année qui commence sera enfin la bonne, mais ça m'en a pas l'air
Mais ça m'en a pas l'air
Mais ça m'en a pas l'air
Mais ça m'en a pas l'air
Bien sûr que je ne le mérite pas
Bien sûr que non
J'espère que jamais
J'espère que non
Dans les rues je marche sans mes entrailles
Si je survis, je te vois un de ces jours
Je sais qu'il existe des choses pires que de se réveiller mort
Naïf que je suis
Cette année qui commence sera enfin la bonne, mais ça m'en a pas l'air
Mais ça m'en a pas l'air
Mais ça m'en a pas l'air
Mais ça m'en a pas l'air
Bien sûr que je ne le mérite pas
Bien sûr que non
Que racontent les paroles de la chanson Para su Consideración (traduction) de José Madero ?
Le goût du sang et des au revoir
Il y a quelque chose de particulièrement cruel dans les séparations qu'on voit venir sans pouvoir les arrêter. C'est exactement là que commence "Para su Consideración" : dans cette fraction de seconde avant le naufrage, quand on voudrait juste un baiser pour dire au revoir, "antes de hundirnos" — avant qu'on coule tous les deux. Pas grand-chose à demander. Et pourtant.
José Madero installe son narrateur sur un fil très précis : celui de l'homme qui refuse de mendier mais qui en meurt d'envie. On le suit dans des rues qu'il arpente comme un fantôme de lui-même, "sin mis adentros" — sans ses entrailles, littéralement vidé de sa substance — pendant que la voix de l'autre résonne encore dans sa tête. Il y a une image qui revient et qui dit tout : la main droite qui se plante dans son propre centre. La douleur qu'on s'inflige parce qu'on ne sait pas quoi faire d'autre avec.
Se noyer en pleine conscience
Ce qui rend le texte fascinant, c'est que le narrateur n'est pas aveugle. Il sait qu'il a "siempre el cómo arruinar lo nuestro" — toujours le moyen de tout saborder. Il le dit sans chercher à se dédouaner, avec une lucidité presque cruelle sur lui-même. Et c'est là qu'intervient le refrain dévastateur, cette formule "espero que no" qu'il retourne dans tous les sens. Survivre ? J'espère que non. Se croiser à nouveau ? J'espère que non. L'espoir, ici, a changé de camp : il ne porte plus sur ce qu'on désire mais sur ce qu'on redoute de devoir traverser encore.
La dernière phrase comme une chute libre
La chanson se termine en chuchotant ce que tout le reste suggérait sans l'avouer franchement : "claro que no me lo merezco" — bien sûr que je ne le mérite pas. Pas la relation, pas le baiser, pas même la survie. Madero construit pendant quatre minutes un personnage qui se cache derrière l'ironie et la fierté, pour finalement se mettre à nu en deux mots. C'est cette honnêteté-là, brute et sans filet, qui fait de ce morceau bien plus qu'une chanson de rupture ordinaire.
Il y a quelque chose de particulièrement cruel dans les séparations qu'on voit venir sans pouvoir les arrêter. C'est exactement là que commence "Para su Consideración" : dans cette fraction de seconde avant le naufrage, quand on voudrait juste un baiser pour dire au revoir, "antes de hundirnos" — avant qu'on coule tous les deux. Pas grand-chose à demander. Et pourtant.
José Madero installe son narrateur sur un fil très précis : celui de l'homme qui refuse de mendier mais qui en meurt d'envie. On le suit dans des rues qu'il arpente comme un fantôme de lui-même, "sin mis adentros" — sans ses entrailles, littéralement vidé de sa substance — pendant que la voix de l'autre résonne encore dans sa tête. Il y a une image qui revient et qui dit tout : la main droite qui se plante dans son propre centre. La douleur qu'on s'inflige parce qu'on ne sait pas quoi faire d'autre avec.
Se noyer en pleine conscience
Ce qui rend le texte fascinant, c'est que le narrateur n'est pas aveugle. Il sait qu'il a "siempre el cómo arruinar lo nuestro" — toujours le moyen de tout saborder. Il le dit sans chercher à se dédouaner, avec une lucidité presque cruelle sur lui-même. Et c'est là qu'intervient le refrain dévastateur, cette formule "espero que no" qu'il retourne dans tous les sens. Survivre ? J'espère que non. Se croiser à nouveau ? J'espère que non. L'espoir, ici, a changé de camp : il ne porte plus sur ce qu'on désire mais sur ce qu'on redoute de devoir traverser encore.
La dernière phrase comme une chute libre
La chanson se termine en chuchotant ce que tout le reste suggérait sans l'avouer franchement : "claro que no me lo merezco" — bien sûr que je ne le mérite pas. Pas la relation, pas le baiser, pas même la survie. Madero construit pendant quatre minutes un personnage qui se cache derrière l'ironie et la fierté, pour finalement se mettre à nu en deux mots. C'est cette honnêteté-là, brute et sans filet, qui fait de ce morceau bien plus qu'une chanson de rupture ordinaire.