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Paroles de la chanson Je ne veux pas par

Je ne veux pas
Je ne veux pas

Je ne veux pas
Je ne veux pas
Je ne veux pas mourir sans toi
Je ne veux pas
Je ne veux pas mourir dans tes bras
Je ne veux pas
Je ne veux pas que tu meures sans moi
Je ne veux pas que tu meures dans mes bras
Ni dans les bras d'un autre que moi

Je ne veux pas mourir sans toi
Je ne veux pas
Je ne veux pas

Je les couperai en coeur
Et dans une urne je les déposerai
À grands coups de sécateurs
Dans le fond de notre roseraie
Je ne veux pas

Je ne veux pas mourir sans toi
Je ne veux pas que tu meures sans moi
Je ne veux pas que tu meures tout à l'heure
Je ne veux pas que tu meures ce soir
Je ne veux pas que tu meures demain
Je veux toujours te tenir en ma main
Je te veux toujours en ma main
Je ne veux pas aller dans cette église entendre le Te Deum
Et voir sur ton corps descendre le linceul de joie
Sur le catafalque de ton innocence
Mettre le feu, verser de l'essence
Je ne veux pas

Dans la nef les enfants porteront ta traîne
Les marches seront toutes embaumées
Ma petite gazelle vers le ciel emportée
Pas plus lourde qu'un cierge que je pourrais porter
À les envoyés du ciel seront tous outragés
Tant d'amour
Comme un bûcher sans joie que nous incendierons
Que nous incendierons

Je ne veux pas
(Je ne veux pas)

Près des ponts du monde où coule l'onde de la vie
De la vie
De la vie
De la vie
De la vie
De la vie
Je t'attendrai, j'irai m'asseoir
Ce sera le matin, le soir
À guetter tes grands yeux noirs
Ton front plein de mystères
Comme une aquarelle blonde, comme un faux, nos yeux ravinés
Le long de l'onde de la vie
Et le long de
Je te garderai dans ma vie
Quelques jours, quelques secondes encore
Encore
Encore
Je ne veux pas

Je ne veux pas non plus partir
Je ne veux pas t'avoir dans mes bras ce soir
Je veux que tu respires
Que tu ne cesses pas de respirer
Quand la mer sous la lune va se retirer
Quand la mer sous la lune
Quand la mer sous la lune va se retirer
Le linceul de gloire
Sur le catafalque de ton innocence
Je ne veux pas
Je ne veux pas
Je ne veux pas

Dans la nef les enfants porteront ta traîne
Cependant que des anges habillés de lilas
Croyant que le printemps s'était arrêté là
S'agenouillaient, baisseront la tête
Ma petite licorne dans ton corset de fer
Qu'avec un chalumeau je ne saurais défaire
Je ne veux pas
Je ne veux pas
Je ne veux pas

Je ne veux pas aller dans cette église sans toi
Le Te Deum entendre
Et sur ton corps descendre ce linceul
Quand les orgues joueront comme un bûcher sans joie
Que nous incendierons
Que nous incendierons
Je ne veux pas
Je ne veux pas

Je ne veux pas mourir sans toi
Je ne veux pas que tu meures sans moi
Je ne veux pas que tu meures tout à l'heure
Je ne veux pas que tu meures ce soir
Je ne veux pas que tu meures demain
Je veux toujours te tenir en ma main
Je te veux toujours en ma main
Je ne veux pas aller dans cette église entendre le Te Deum
Et voir
Le linceul de gloire
Sur le catafalque de ton innocence
Je ne veux pas
Je ne veux pas
Je ne veux pas

En moi-même une voix que je repoussais
Me disait que les jours se raccourcissaient
Que le cheval et le fiacre ralentissaient
Mais pas du tout, pas du tout, car c'était faux
Que tu tranchais toi-même d'un grand coup de faux
Je ne veux pas

Les envoyés de Dieu seront tous outragés
On jettera du riz
Comme un bûcher sans joie que nous incendierons
Tant d'amour
Je ne veux pas

Je ne veux pas que tu meures, que tu meures sans moi
Je ne veux pas non plus mourir demain
Plutôt t'avoir dans le creux de ma main
Fier aussi, gorgé de bonheur
Prisonnier du palais, palais de ton cœur
Je ne veux pas mourir ce soir non plus
Je ne veux pas mourir ce soir encore plus
Je ne veux pas mourir dans le grand satin
Je ne veux pas que tu meures
Je ne veux pas que tu meures pas plus demain
Dans ce couloir, ce souterrain
Je ne veux pas
Je te le défends
Je ne veux pas
Je ne veux pas
Je te le défends

Qu'avons-nous fait de nos ailes, de nos ailes d'enfant
Qu'avons-nous fait de nos ailes, de nos ailes d'enfant

Je ne veux pas que tu meures, ni que tu t'en ailles
Ni demain, ni jamais, ni une autre fois
Ni demain, ni jamais, ni une autre fois
Accroche-toi bien fort à mes entrailles
Je ne veux pas que tu meures

Je ne veux pas que tu meures, que tu t'en ailles
Accroche-toi bien fort à mes entrailles
Je ne veux pas que tu meures
Je ne veux pas
Je ne veux pas

Que racontent les paroles de la chanson Je ne veux pas de Manset ?

Le refus comme seule prière

Il y a quelque chose de presque insoutenable dans cette chanson dès les premières secondes. Pas encore de mélodie vraiment, pas encore de mots construits — juste ce "je ne veux pas" lancé dans le vide, répété, buté, comme quelqu'un qui refuse d'ouvrir les yeux le matin parce qu'il sait ce qu'il va trouver. Manset n'explique rien d'abord. Il refuse. Et ce refus-là, on le comprend avant même de savoir ce dont il s'agit.

Quand les mots arrivent, ils tombent comme une évidence terrible : mourir, et toi, et sans moi. La chanson parle d'amour, mais d'amour au bord du précipice. Pas le précipice métaphorique des ruptures ou des chagrins ordinaires — le vrai, le dernier, celui dont on ne revient pas. Et la voix de Manset tourne autour de ça sans jamais vraiment s'y résoudre, enchaînant les variantes du même refus comme on égrène un chapelet en sachant qu'aucune prière ne suffira.

Un cortège funèbre qu'on refuse d'organiser

Le texte construit peu à peu une scène d'une précision presque visionnaire : une église, une nef, des enfants qui portent une traîne, le Te Deum qui résonne sous les voûtes, "le linceul de gloire sur le catafalque de ton innocence". C'est un enterrement en bonne et due forme que Manset déroule — et qu'il refuse simultanément. Il voit la cérémonie, il en connaît chaque détail, et pourtant il y met le feu. "Mettre le feu, verser de l'essence" sur tout ça : une fureur qui ressemble à de l'amour poussé jusqu'à l'absurde.

Au milieu de cette rage, des images d'une douceur déchirante surgissent — "ma petite gazelle vers le ciel emportée", ou ce portrait aquarellé d'un visage guetté "près des ponts du monde où coule l'onde de la vie". Manset attend au bord de l'eau, le matin, le soir, à chercher "tes grands yeux noirs" comme si regarder assez fort pouvait suffire à retenir quelqu'un.

La dernière supplique

La chanson se termine sur une image qui dit tout : "accroche-toi bien fort à mes entrailles". Plus de métaphore, plus d'élégance — juste le corps, juste la chair, juste ce qu'on peut offrir quand les mots ne servent plus à rien. Et cette question qui flotte sur tout le reste, comme une blessure ancienne : "qu'avons-nous fait de nos ailes d'enfant ?" On ne saura pas. Manset ne répond jamais à ses propres questions. Il préfère les laisser résonner.

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